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Marseille: Solidarité avec la prisonnière anarchiste Emma Sheppard

bouffe-emma
Jeudi 12 Mars 2015 depuis 19h

Bouffe vegan à La Rage Ga, Marseille
Pour l’adresse envoyer un email : laragega[at]riseup.net

Le 24 février 2015, la prisonnière anarchiste Emma Sheppard a été condamné à 2 ans de prison au tribunal de première instance de Bristol pour avoir « commis des dommages criminels inconsidérés mettant des vies en danger. » Les charges se rattachent à la dégradation de voitures de police dans la zone de Bristol. Lire la suite »

Bristol, Royaume-Uni : Lettre de la prisonnière anarchiste Emma Sheppard en réponse à sa condamnation

Samedi 28 Février 2015

Je viens juste de me voir à la télé, ce que j’espère être une expérience que je ne répéterai jamais. Mais au moins ça a remonté le moral de tout le monde dans l’aile! J’ai pensé à écrire pour essayer de digérer certaines des choses qui se sont passées. Mais je ne me sens pas au top de mon éloquence (et en plus, clairement, je suis limitée par ma surveillance) donc j’ai pensé à utiliser certaines des citations qui m’ont inspiré depuis que je suis en prison.

Dolly Parton dit que, « Si tu veux l’arc-en-ciel, tu dois supporter la pluie. » Je me sens vraiment chanceuse d’avoir autant de genTEs dans ma vie avec qui survivre à l’orage et je suis heureuse d’avoir moins de pluie que je ne pensais avoir. Ca m’attriste que cela est peut-être le fait de mon portrait de « bonne fille qui a mal tourné ». Pourquoi l’empathie et la colère ne peuvent co-exister ? Pour moi elles font toutes partie de la solidarité. Je ne suis pas spéciale. Je me contente de faire ce qui me semble juste. Je pense que c’est du fait de mon genre (et peut-être de ma classe) que ces distinctions sont faites.

« Quand tu as eu peur de quelque chose pour suffisamment longtemps et que cette chose arrive, ce qui est terrible se fait soulagement. Car au coeur du mal il n’y a plus de peur. » – Lionel Shriver

Ce n’est qu’après ma condamnation [*] que j’ai réalisé à quel point je la redoutais. Les médias,  l’horrible discussion « bon vs méchant personnage », mes « regrets ». L’ensemble me dégoûte. Mais maintenant  je ressens un calme las.

Ils disent que je suis « trop intelligente » pour ne pas aimer la police, et que mes actions ont empêché la police de s’occuper des cas de violences domestiques et de maltraitance d’enfants. Est-ce qu’ils ne se rendent pas compte combien de femmes sont ici avec moi parce que ces problèmes sont systématiquement ignorés ? Ce système entier est pourri jusqu’à l’os !

Je n’étais pas surprise, mais en colère, de voir que la cour s’est focalisée sur l’expression de ma solidarité envers les genTEs de Jackson et de Grèce mais ont ignoré les très concrets problèmes que j’ai avec la police de ce pays, que j’ai listé de façon détaillée : les mortEs en garde-à-vue et dans la rue, les prisons de migrantEs et le racisme institutionnel, les interpellations et fouilles, l’usage de tasers, je pourrais continuer encore et encore. J’ai aussi essayé de souligner ma propre expérience de la violence policière (me visant moi et mes camarades), de la répression et des tentatives d’infiltration. Mais je vois bien pourquoi ils ont choisi d’ignorer tous ces points et détourner l’attention ailleurs.

Je regrette de m’être fait prendre et l’impact que cela a eu sur ma famille et celleux auxquels je tiens. Je suis déterminée à ne jamais revenir ici, et je sais qu’en tant que femme à abattre, je vais devoir rester du « bon » côté de la loi. Mais je pense déjà à beaucoup de façons de soutenir les genTEs faisant face au « complexe » prisonnier. Pas juste parce que je me soucis des autres, mais parce que je suis en colère.

Je vous laisse avec l’une de mes citations préférées de Dylan Thomas :

« N’entre pas sans violence dans cette bonne nuit,
Le vieil âge devrait brûler et s’emporter à la chute du jour ;
Rager, s’enrager contre la mort de la lumière. »

Solidarité, amour, rage et les mauvais rappeurs de demain [tomorrows chip rappers],

Em X

Enigme en fil de rasoir

Je suis une terroriste, et une libérale
Je suis un homme, et une femme malavisée
Je suis bienveillante, et téméraire
Je suis anarchiste, et je ne suis pas anarchiste
Je suis intelligente, et insensée
Je suis pleine de regret, et provocateurice
Je suis seule, et bien soutenue
Je suis queer, et discriminatoire
Je suis triste, et sans remords

Que suis-je ? Je suis moi, Em (supposément).

Depuis le Nouvel An, j’ai été désigné par toutes ces choses et je suis fatiguéE du jugement des autres. Du jeu rampant de la salle d’audience, qui me fait suffoquer. Des autres prisonnierEs qui me questionnent et me menacent. De mes « camarades » qui font une croix sur moi. Des médias qui construisent une image de moi. De la police qui est « concerné par mon bien-être ».

Je n’ai jamais caché le mépris que j’ai pour la police. J’ai essayé de minimiser l’impact que mon arrestation a eu sur celleux auxquels je tiens sans me vendre.

Je suis toujours unE anarchiste en colère au coeur provocateur. Mais je suis las. Je ne veux pas de compassion. Je garderai le menton haut et ma tête baissée.

Emma Sheppard A7372DJ
HMP Eastwood Park, Church Avenue, Falfield
Wotton-under-Edge, Gloucestershire, GL12 8DB
Angleterre, Royaume-Uni

[*] Emma a été condamné à 2 ans de prison pour avoir dégradé des voitures de flics à Bristol.

Autour de la question des « montages », de la justice et de l’offensive

En lisant des textes en langue espagnole sur la répression, il assez fréquent de tomber sur le terme de « montage ». Montage policier, judiciaire, politique ou montage tout court, le mot est souvent mis à toutes les sauces, générant pas mal de confusion quant aux réalités qu’il prétend décrire ou résumer. Considérations sémantiques mises à part, il nous semble surtout important de revenir sur les ambigüités que ce mot-tiroir peut, plus ou moins volontairement, engendrer ou entretenir. En effet, à l’heure où la répression vient, une fois de plus, frapper à la porte des anarchistes avec les uniformes des flics et les costumes des juges (comme dernièrement avec l’Opération Pandora par exemple), il est plus que jamais nécessaire de faire preuve de clarté dans la manière de l’affronter.

Il est évident que nous ne pourrons et ne voudrons jamais nous mettre à la place du pouvoir ni réfléchir comme lui, et que nos critères ne sont pas les siens. Cependant, avoir quelque analyse et quelque réflexion précise sur ses buts et ses méthodes, notamment en matière de répression, peut donner des pistes pour y faire face. Sachant bien sûr que nous déterminerons toujours les chemins à emprunter en cohérence avec nos idées et nos perspectives anti-autoritaires, pour sortir du terrain miné de l’ennemi et agir de manière qui nous semble la plus appropriée.

Au regard des expériences du passé, les opérations répressives de grande envergure de l’État, sous ses différentes formes (monarchie, dictature, démocratie… ) contre ses ennemis déclarés, les anarchistes, n’ont rien de bien nouveau. Elles sont même assez classiques dans des contextes d’effervescence sociale et d’intense activité subversive. Que l’on pense aux lois et aux grands procès anti-anarchistes dans la France de la Belle époque et de la propagande par le fait, aux procès de Montjuich dans la bouillante Barcelone de 1896, à Sacco et Vanzetti et tant d’autres compagnon-nes aux États-Unis dans leur farouche opposition à la Première guerre mondiale et ses suites, à la Valparaiso (Chili) insurgée en 1920, une des stratégies de l’État a consisté à s’emparer d’un ou plusieurs faits spécifiques pour lancer de vastes coups de filet contre une partie ou l’ensemble du mouvement anarchiste, et faire tomber à la pelle des condamnations de toutes sortes (exécutions, lourdes peines de prison, déportations…). Dans ces cas-là, les objectifs affichés étaient clairs : outre la vengeance à tout prix contre des compagnon-nes qui ne faisaient pas mystère de leur volonté d’en finir avec un monde fondé sur l’exploitation et la domination, il s’agissait aussi de mettre un terme à l’offensive révolutionnaire contre l’État et le Capital. Le rôle précis des personnes incriminées dans telles ou telles affaires jouait alors pour la Justice un rôle presque secondaire. C’est avant tout la responsabilité dans une dynamique d’attaque contre les puissants qu’il fallait châtier, et intimider en faisant des exemples.

Aujourd’hui encore, bien que la conflictualité sociale et le contexte de luttes aient changé, la répression contre des anarchistes reste à l’ordre du jour dans nombre de pays, et la signification profonde d’une expression comme « ni innocents ni coupables » continue à se poser avec autant d’acuité. Le fait que les avocats jouent sur la légalité des procédures ou plaident l’absence de preuves dans l’enceinte des tribunaux est une chose, mais c’en est une autre qu’une grande partie d’un mouvement s’attache elle aussi à démontrer l’innocence des compagnons. Cela peut être lié à de réelles divergences de fond –tout le monde ne partageant pas la position d’un Novatore sur le fait que les « coupables » méritent encore plus notre solidarité que les « innocents »- ou simplement à une faiblesse d’analyse de la situation et du fonctionnement de la justice comme arme au service du pouvoir.

Or, face à des répressions spécifiques, des anarchistes ont proposé et eu à cœur de continuer à faire vivre les dynamiques de lutte ou de soutenir l’offensive, plutôt que de clamer haut et fort l’extériorité des compagnon-nes aux faits reprochés, parfois avec l’idée d’établir un rapport de force susceptible de les tirer des griffes des geôliers, parfois par vengeance ou tout simplement mus par un lien de profonde continuité d’idées, de pratiques et de perspectives. A l’inverse, d’autres réactions ont aussi pu consister à minimiser le contexte ou une partie des faits dans l’espoir de recueillir un plus large soutien, ou encore à tenter lourdement d’éloigner le plus possible le danger de soi, notamment en prenant de prudentes distances avec ce que l’État prétendait vouloir frapper.

Un des exemples historiques fréquemment utilisé pour illustrer les montages est celui de la Mano Negra en Espagne, et ce n’est à notre avis pas un hasard. En 1882, les attaques en tout genre qui se multipliaient en Andalousie, essentiellement contre les grands propriétaires terriens, furent attribuées à une organisation secrète : la Mano Negra. Sur ce, des milliers de journaliers agricoles et d’anarchistes de la région (les chiffres varient de 3000 à 5000) furent arrêtés, la plupart membres de la FTRE (fédération syndicale espagnole liée à l’AIT). Finalement, parmi des centaines de personnes enfermées et chassées et au bout de ce qu’on peut imaginer de tortures, 14 d’entre elles furent condamnées à mort pour un assassinat. Nous ne saurons probablement jamais si elles avaient ou non participé à cet assassinat particulier et fait partie de la Mano Negra, mais ce qui est sûr c’est qu’en l’occurrence l’État voulait régler bien autre chose qu’une histoire de meurtre. Ce qui manifestement l’inquiétait, c’était à la fois la multiplication des actions directes et l’émergence d’une organisation formelle de masse du type FTRE qui comptait des dizaines de milliers d’affiliés disposés à lutter contre les conditions de misère qui leur étaient imposées. C’est donc de l’ensemble qu’il voulait se débarrasser, y compris en jouant sur les différences internes au mouvement. Mise au pied du mur et pensant certainement se préserver en tant que structure, la FTRE s’est placée sur le terrain posé par l’État, à la fois en niant l’existence de la Mano Negra (d’où la thèse d’ailleurs fort controversée qu’il s’agirait d’une création des flics) et en condamnant des pratiques d’action clandestines ne correspondant pas à sa stratégie du moment.

Cet exemple nous semble révélateur en ce qu’il illustre une des stratégies répressives de l’État, plus encore quand il ne dispose pas de personnes prises sur le fait : d’un côté désigner les coupables qui lui semblent les plus appropriés, et en même temps profiter de l’occasion pour faire le tri entre les bons anarchistes et les mauvais. Objectif de départ ou effet collatéral –nous le répétons notre intention n’est pas de pénétrer l’esprit tordu des sbires -, toujours est-il que dans ces situations, les prises de distance ont également émaillé l’histoire du mouvement anarchiste. Cela fut notamment le cas lorsque des organisations formelles, parfois de masse, avec l’enjeu de leur possible interdiction ou légalisation, se sont abstenues ou ont pris soin de ne pas reconnaitre tel ou tel compagnon-ne comme anarchiste –comme s’il fallait quelque carte de membre pour l’être et agir en tant que tel–, voire se sont jointes aux chœurs condamnant telle ou telle action.

Nous n’allons pas développer ici tous les problèmes que soulèvent les notions de « représentativité » au sein du mouvement anarchiste, de ce que pourraient être les pratiques « communément admises » par cet ensemble (pourtant aussi indéfinissable que protéiforme) ou la place accordée aux actions minoritaires … Ce qui est par contre certain, c’est que ces problèmes deviennent particulièrement aigus quand, en plus, les réactions par rapport à des initiatives offensives se calquent sur les normes répressives du pouvoir, elles-mêmes implicites et à géométrie variable selon les nécessités et les situations du moment. Lorsque des actions ne sont plus considérées selon des critères individuels et éthiques, lorsque les percevoir comme « minoritaires » les rend d’emblée suspectes, lorsque leur pertinence ne se mesure qu’à l’aune de l’épée de Damoclès qu’elles pourraient faire tomber sur tous, alors c’est que le calendrier politique et répressif a pris le pas sur les idées.

Certes des débats peuvent surgir autour du partage ou pas de certaines actions, de leurs objectifs, de leurs méthodes ou de leur pourquoi mais ils doivent être menés entre compagnon-nes et de manière appropriée, c’est-à-dire loin des oreilles du pouvoir, des projecteurs des médias et des espaces virtuels de communication, et surtout pas sous les injonctions de l’Etat à qui on se sentirait obligé d’apporter des réponses et des garanties quand il nous met en joue.

Pour en revenir à la question du « montage », il semble qu’un réflexe quelque peu conditionné consiste à mettre en avant cette expression assez pratique afin de mettre tout le monde d’accord contre ce qui serait une injustice manifeste. En réalité, ce réflexe amène généralement à ne pas toucher les mécanismes de fond de la justice. Si l’État n’a certes souvent pas hésité à mener la guerre contre ses ennemis déclarés en allant à l’encontre de ses soi-disant propres règles (fabrication de fausses preuves, faux aveux et témoignages obtenus par le chantage ou sous la torture etc.), ce serait cependant une grossière erreur d’oublier que la justice est en soi un instrument forgé à son image et pour son usage.

Depuis belle lurette, le pouvoir s’est doté des moyens de punir non seulement les auteurs matériels de certains faits, mais aussi celles et ceux qui d’une manière ou d’une autre auraient pu rendre leur réalisation possible. La notion de complicité est d’ailleurs extensible au point d’englober parfois la complicité passive ou morale, consistant à ne pas avoir empêché un fait délictueux ou à être resté sur place lorsqu’il a été perpétré ! Le délit associatif –de malfaiteurs, subversif, terroriste etc.– constitue également une arme de choix en ce qu’il permet de sanctionner des relations et des affinités (réelles ou supposées) en les mettant sous un même chapeau, qu’il s’agisse de groupes ou d’organisations existants ou créées de toute pièce. A travers lui, l’État cherche souvent aussi à construire une lecture du monde à son image en plaquant des structures hiérarchiques sur celles et ceux qui veulent en finir avec son existence, dont ils fait des petits soldats aux rôles bien définis et prêts à tout pour s’imposer. L’intentionnalité, complétant avantageusement son arsenal juridique, lui offre en outre la possibilité –qu’il ne se prive pas d’utiliser– d’intervenir y compris à titre préventif contre des idées telles qu’il les interprète et selon la dangerosité pratique qu’il leur attribue. En ces temps de guerre accrue « contre le terrorisme », le délit d’apologie est très en vogue, notamment en France : des positions orales ou écrites suffisent en tant que telles à rentrer dans le cadre de la loi antiterroriste. Outre son application à certains faits précis qui servent toujours de prétexte, cette accusation peut plus généralement s’avérer bien pratique pour condamner celles et ceux qui de diverses manières contestent le système en place.

Au-delà de ces quelques exemples, l’essence de toute loi est de codifier actes et comportements, pour fixer normes et interdictions en fonction des intérêts et de la morale dominants, ainsi que des rapports sociaux. Les prisons sont remplies à ras-bord de celles et ceux qui tombent au quotidien sous le coup de l’interminable liste des crimes et délits, c’est-à-dire des constructions juridiques élaborées par le pouvoir en place et régulièrement remises à jour pour le plus grand profit de l’État et du Capital.

Face au fonctionnement intrinsèque de la justice, on peut donc se demander si avoir recours si souvent au prisme du montage pour déchiffrer et dénoncer telle ou telle opération répressive particulière ne conduit pas, en creux, à réclamer une meilleure application de la loi démocratique. Poussée jusqu’à ses ultimes conséquences, cette grille de lecture qui part plus des normes de l’ennemi et de leur respect que de nos propres idées et perspectives, pourrait même servir à justifier de fait la terreur légale ordinaire dans toute sa tragique banalité.

Affirmer qu’innocence et culpabilité ne font pas partie de notre vocabulaire, c’est affirmer au contraire notre refus de réfléchir et d’agir en fonction de tout code pénal (et moral), notre détermination à rester en dehors des sables mouvants du droit – vers un a-légalisme qui n’a rien à voir avec un quelconque goût du martyre, mais tout avec la cohérence de nos idées anti-autoritaires.

Lorsque l’estocade est portée contre des individus ou des groupes en leur attribuant en vrac une série d’actions en utilisant le fait qu’ils défendent et diffusent des idées et des pratiques offensives contre l’autorité, une des questions qui se pose à celles et ceux qui partagent ce contre quoi ils se battent reste celle de la solidarité, et donc de la propagation de ces idées, de ces pratiques et de leurs pourquoi, sans laisser la répression monopoliser le terrain et le calendrier. Pour ne pas se limiter à un effet de « campagne » qui se cantonnerait à des situations et des moments isolés, cette solidarité pourrait également s’inscrire dans la continuité du combat contre les institutions qui appliquent si bien cette terreur quotidienne à travers les guerres, l’enfermement, la misère, l’exploitation, l’empoisonnement durable de la planète…

Parce qu’effectivement, les mots et les idées ont des conséquences, la proposition anarchiste que chacun-e reprenne sa vie en main, celle de la libre association et de l’auto-organisation dans le conflit, est aussi une méthode pour mener toujours plus loin la lutte contre l’existant, jusqu’à la destruction de toutes les cages.

Des anarchistes par delà des Pyrénées,
3 février 2015

en espagnol

Bristol, Royaume-Uni : A propos de l’opération Rhone et la chasse à Badger

Quand l’anarchiste de bristol Huw ‘Badger’ Norfolk  s’est fait la malle ailleurs courant août 2011, le mot s’est rapidement répendu dans les communautés anarchistes et radicales de Bristol. Sa décision de s’extraire de toute investigation policière fut immédiatement évidente pour touTEs les nombreuxES amiEs à qui il n’a pas eu le temps de dire au revoir. Sans doute, beaucoup ont soupçonné que cette fuite ailleurs serait d’une courte durée. Mais au lieu de ça, rien, si ce n’est cet appel en ligne anonyme deux mois plus tard, dans lequel il affiche sans ménagement sa non-confirmité.

Avancé rapide à décembre 2014 et les yeux de Badger nous regardent fixement depuis tous les médias nationaux et un bon nombre de journaux locaux. Crimestoppers [1] et l’opération Rhone de la police d’Avon et Somerset annoncent une récompense de 10 000 £ en échange d’informations, tout en imposant également à ses parents du nord-ouest de Bristol de se retrouver sous le feu des médias. Badger est recherché pour deux actions particulières, bien qu’il n’existe pas de preuves ayant été cité pour aucune d’entre elles. Il est clair que la chasse à Badger, et ces deux actions, sont juste une partie de l’investigation menée sur plus de 100 actions de « personnes inconnues » [2] au cours des quatre dernières années.

Alors pourquoi ce tourbillon d’attention policière et médiatique ? En réalité la police a été active tout ce temps, soutenu par leurs limiers de média-esclave du Bristol Post. Nous, à Bristol Defendant Solidarity [Solidarité avec les accusés de Bristol], avons une chronologie de leurs activités depuis août 2011, quand les victimes d’un raid policier infructueux sur un squat de Bristol nous ont contacté pour soutien et conseil. Depuis, l’activité policière a fluctué, rien pour des mois, puis une activité intense, comme ces derniers 6 mois de 2014 – déclenchée apparemment par des forces extérieures à celle de la région, ce  qui a mené à la mise en place officielle de l’Opération Rhone. En plus de trouver et d’arrêter des suspectEs, les buts de cette opération incluent notemment le rassemblement d’informations sur « la menace de l’extrémisme domestique » et afin de «maintenir la confiance publique».

Il est clair que la police ne sait rien. Aucune piste, si ce n’est l’identité de Badger et les déclarations postées en ligne par « persons unkown ». Donc comme un homme soûl à en être aveugle dans une allée sombre, ils s’en sont pris à quiconque pouvait être selon eux intimidéE ou piégéE. Il y a eu de nombreuses arrestations menant à des extensions de libertés surveillées, et même des bracelets élétroniques, 6 au moins depuis juin 2014, mais pas de jugements ; des perquisitions de maisons et de voitures ; visites chez les genTEs et lieux de travail pour « bavarder » ; coups de fil à des numéros de portables privés ; harcélement des partenaires actuelLEs et passés d’individuEs ; des interpellations à l’aéroport ; demandes constantes pour que les genTEs mouchardent ; et sans doute un nombre incalculable de cas de surveillances secrètes. Tout cela en vain et à grand coût. Il y a à présent eu une arrestation et un plaidoyer de culpabilité lié à un incident la veille du Nouvelle An, mais cela se révèle être un cas à part qui ne résulte pas du travail de l’opération Rhone – même s’ils ont été impliqué peu après. Il se dit que l’opération Rhone implique au moins 10 officiers CID [Central Intelligence Departement : Département de Renseignements Central] – dans n’importe quel autre domaine de travail quelqu’unE aurait été viré à cette heure-ci !

Une déclaration d’une des personnes harcelées résume le tout : « Un matin il y a quelques mois, je me suis réveillé pour trouver ma maison pleine de policiers. Quand je dis pleine je veux dire littéralement – c’était difficile de se déplacer ! Ils avaient déjà arrêté la personne pour laquelle ils étaient venus. Il a été libéré peu de temps après sans charges et l’affaire contre lui a depuis été totalement abandonné. S’ils n’avaient même pas assez de preuves contre lui pour le charger, je ne vois pas comment ils peuvent justifier le fait de fouiller ma maison en premier lieu – je ne pense pas qu’ils avaient quoique se soit contre lui. En tout cas, en plus de prendre tous les trucs élétroniques (comme un disque dur et un ordinateur portable), ils semblaient empaqueter n’importe quoi qui avait l’air politique… »

Alors pourquoi ce mur de silence, et pourquoi ce manque de succès de la police ? D’un côté ils harcèlent les genTEs – des anarchistes et radicaux impliquéEs dans des activités publiques, des musicienNEs, et de simples connaissances – qui ne savent clairement rien. D’un autre côté, le fait est qu’un large nombre de personnes ont une méfiance totale, et une haine, envers la police.  Quelque soient les opinions personnelles qu’ont les genTEs sur la validité des actions menées par « personnes inconnues », ils ne coopéreront pas avec la police – ils sont l’ennemi, le bras droit autoritaire de l’État, et ils ont de lourds précédents. Par conséquent, un grand nombre ont soutenu une « déclaration publique contre le harcèlement policier ».  En plus de cette chronologie, Bristol Defendant Solidarity a publié des conseils à destination des personnes faisant face au harcélement policier, et a aidé celleux qui nous contactaient à se mettre en lien et à planifier une réponse. Entre autre chose, ce groupe a organisé une manifestation au siège du CID de Bristol, ce qui a tant dérangé la police qu’ils ont riposté avec des flics armés [3] et des maîtres-chien.

Il est communément accepté que la police existe pour maintenir le status quo – le règne d’un petit nombre sur une majorité. L’historique de leurs magouilles et de la négation des droits limités que nous avons est sans fin. Leur soutien des chefs contre les luttes des travailleurEUSEs est continu. Leur sexisme et racisme, institutionnel. Leur violence est bien documentée puisqu’ils tuent en toute impunité. Leur pouvoir de surveillance est hors de contrôle. Leur armement et équipement de plus en plus militarisé. Leurs agents inflitrés agissent comme agents provocateurs et contraignent les genTEs dans des relations. Leur corruption est à couper le souffle. Les plaintes contre eux et investigations de l’IPCC [Independent Police Complaints Commission : équivalent de la Police des polices] sont en pleine ascension, même le chef de police a été suspendu et est le sujet d’une investigation IPCC. Pourquoi diable qui que ce soit, sans parler des anarchistes et radicaux, aurait quoi que ce soit  à faire avec eux ?

Bristol Defendant Solidarity

BDS est un groupe indépendant, auto-financé et géré par des bénévoles locaux, formé après les émeutes de Stokes Croft en avril 2011. Notre but est d’assurer un soutien et une solidarité inconditionnelle, durable et efficace pour qui que ce soit arrêtéE ou emprisonnéE suite à des manifestations, des émeutes, actions directes et la guerre de classes croissante. Nous prenons clairement position contre la répression d’État et les violences policières.

Notes de traduction
[1] Selon leur propre description, une « agence indépendante de combat contre le crime ». Dans les faits, une extension de l’appareil d’État répressif destinée à chasser les criminelLEs accusés, comptant exclusivement sur le fait que les mouchardEs leurs fournissent des informations qu’ils transmettent ensuite directement aux flics – principalement quand la police échoue dans la capture de leurs fugitives.
[2] « personnes inconnues » : « person(s) unknown » correspond à la terminologie anglaise légale utilisée pour décrire des individuEs inconnuEs impliquéEs dans des investigations criminelles et des procédures civiles. De plus, « Person(s) Unknown Publications » est le nom d’un projet de publication se disant illégal et ayant publié la brochure « Since the Bristol riots ». C’est probablement pourquoi cette terminologie a été utilisé dans ce texte, plutôt que quelque chose comme « des individus anonymes ».
[3] Les policierEs aux Royaumes-Unis ne sont pas touTEs muniEs d’armes à feu. Ainsi le terme ‘armed police’ se réfère ici à l’unité munie d’armes à feu de la force policière territoriale.

Traduction française du texte de CrimethInc. « To Change Everything »

« To Change Everything, » voici le nom et l’objectif ambitieux du nouveau projet international lancé, en ce début d’année 2015, par le collectif anarchiste CrimethInc.

Traduit, à ce jour, dans pas moins d’une dizaine de langues, ce dernier est également disponible en version française.

Ce texte a pour vocation d’analyser les multiples problématiques du monde contemporain et de faire tomber, un par un, les différents concepts et construits soi-disant « fondamentaux » et « légitimes » sur lesquels sont fondés nos sociétés et systèmes.

Les diffusions ont commencé aux quatre-coins du globe, que ce soit aux Etats-Unis ou en Allemagne, en passant par le Brésil, la Slovénie, le Canada, ou encore le Brésil.

Maintenant, c’est au tour de la France de se lancer dans cette diffusion.

C’est pourquoi, nous mettons à la disposition de celles et ceux qui seraient intérésé(e)s par ce texte et projet, le pdf en version imprimable du texte.

A télécharger, imprimer, diffuser et lire sans aucune modération.

Pour tout changer !

Pour plus d’informations sur le collectif à l’origine de ce texte, ainsi que sur le projet en lui-même, vous pouvez consulter les sites suivants :
www.crimethinc.com | crimethinc.com/tce

Version imprimable : PDF.

Pour lire la brochure, cliquez ici.

Bristol, Royaume-Uni : Solidarité avec la prisonnière anarchiste Emma Sheppard

Le 24 février 2015, la prisonnière anarchiste Emma Sheppard a été condamné à 2 ans de prison au tribunal de première instance de Bristol pour avoir « commis des dommages criminels inconsidérés mettant des vies en danger. » Les charges se rattachent à la dégradation de voitures de police dans la zone de Bristol.

Emma peut recevoir des cartes, des timbres et de la papeterie.

Merci d’écrire des lettres de solidarité à :
Emma Sheppard A7372DJ
HMP Eastwood Park, Church Avenue, Falfield
Wotton-under-Edge, Gloucestershire, GL12 8DB (Angleterre)

Pour des dons, nouvelles et tout autre effort de solidarité :
bristol_abc[at]riseup.net

Note de Contra info :
Il s’agit de la première condamnation s’inscrivant dans l’opération Rhone ; une investigation menée par 10 officiers CID [Central Intelligence Departement : Département de Renseignements Central] afin d’enquêter sur plus de 100 attaques anonymes dans la zone de Bristol au cours des quatre dernières années, de rassembler des informations sur le mouvement anarchiste au sens large, ainsi que de traquer le camarade fugitif Badger, qui a pris la fuite en août 2011. Cependant, l’arrestation d’Emma et le plaidoyé de culpabilité relatif à un sabotage la veille du Nouvel An se révèlent être des cas à part et ne résultent pas du travail engagé par l ‘opération Rhone – combien même ils ont été impliqué par la suite.

anglais | portugais

Athènes : Distributeurs incendiés dans le quartier de Monastiraki

QUE S’ACHEVENT LES CARNAVALS

Il est possible que certain-e-s restent tranquilles en attendant l’espérée « paix sociale » qui surgit comme produit de la restructuration de « l’État social » après la fin de la période extrêmement néolibérale et tendant vers le fascisme du gouvernement de Samaras.

Nous n’en faisons pas partie. Il va sans dire que l’État, en tant qu’organe de répression classiste et comme instrument du Capital pour l’affirmation de sa puissance, reste intact, tout comme notre haine.

Il est possible que certain-e-s restent tranquilles face aux promesses de restauration du salaire minimum à 751 euros, en omettant le fait que la condition brutale même du travail salarié et de l’exploitation reste inchangée.

Nous n’en faisons pas partie. Notre haine envers la société d’exploitation de l’humain par l’humain ne s’attendrira pas du fait des bêtises du cirque gauchiste gouvernant qui a pour rôle de faire retomber le souffle des explosions sociales incontrôlables que peut provoquer l’actuelle crise économique et sociale.

En bref : puisque nous sentons que rien n’a changé autour de nous, nous n’avons aucune raison de mettre un terme à notre action insurgée.

Hier, 21 février 2015, nous avons incendié cinq distributeurs de billets dans la rue Andrianou, dans le quartier de Monastiraki.

Nos nuits (ainsi que les vôtres) continueront de s’illuminer à cause des attaques contre les objectifs de la domination.

TOUT CONTINUE

en espagnol

Avalanche n°4 vient de sortir

Cliquez sur l’image pour télécharger le numéro 4 en pdf.

Chers compagnons, chères compagnonnes,

Le quatrième numéro de Avalanche vient de sortir. Pour obtenir des exemplaires, il suffit de nous envoyer un mail : correspondance[at]riseup.net. Sinon, il est toujours possible de télécharger le journal sur le site avalanche.noblogs.org. La version espagnole et allemande de ce quatrième numéro sortiront bientôt.

des salutations anarchistes,
avalanche

Dans ce numéro :

Uruguay – Introduction nécessaire à un travail plus nécessaire encore
Mexique – L’apologie libertaire envers le langage juridique
Mexique – Le conflit au Mexique et une critique du milieu anarchiste
Chili – Sur le danger de transformer l’anarchie en un ensemble de pratiques “alternatives” sans contenu offensif contre le pouvoir
EU – Nous accueillons le feu, nous accueillons la pluie
Suisse – Contre la « ville des riches »
Espagne – La boîte de Pandore et le fourre-tout de l’antiterrorisme espagnol
Italie – La légende de la vallée qui n’existe pas
Grèce – Déclaration d’Andreas-Dimitris Bourzoukos au procès de Velvento
Grèce – A propos de la nouvelle loi

Chili : « La démocratie fonctionne », texte du prisonnier subversif Juan Aliste Vega

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Un texte de Juan Aliste Vega (Caso Security) à propos du lynchage d’un adolescent par des citoyens fin novembre 2014 à Santiago, après avoir été accusé d’avoir volé un téléphone portable.

La démocratie fonctionne

Nous sommes l’été de l’année 2015, période estivale de pain et de jeux, et les entrepreneurs maîtres du territoire baptisé $hili sont les dépouilleurs professionnels de la mer, des montagnes, des eaux, des terres et des vies. Ils ont professé professionnellement quelques excuses publiques et bien senties pour toutes les irrégularités commises sans intention, et leur bal des millions et leur violente vie de luxe demeure intacte, bien protégée et en règle derrière leurs propres lois, se reposant sur le dos de l’ignorance et de la soumission citoyenne. Des lois de la classe dominante, où les dépossédé-e-s naissent coupables et ont pour domicile l’une des multiples prisons-entreprises pourvues de barreaux.

Le cœur de la société karcérale sont leurs palais de justice, par où transitent des vies enferrées qui alimentent jour et nuit le modèle insatiable et kapitaliste de cette démocratie assassine. La faune de chérubins et de rémoras qui alimentent ses engrenages est la race toujours méprisée à travers les siècles de laquais, depuis les pseudos dieux – juges, aux yanakona de l’espèce humaine. Quiconque dispose de son mètre carré de pouvoir putréfié alimente le bûcher de vies d’enfants, de femmes et d’hommes.

Pause entre le pain et les jeux au milieu de la gueule de bois de fin d’année, le prix des transports a augmenté et ta condition d’esclave s’est résignée, et tout reste en faveur du patron. Nous sommes l’été de l’année 2015, dont l’inquisition, la charogne journalistique, festoie sur tous les canaux de la flagellation d’un pauvre jeune qui a arraché un « IPhone », le même qu’ils montrent à la TV avec leurs promotions inégalables. L’image défile et apparaissent de courageux citoyens-flics assoiffés de protagonisme, qui frappent le garçon, le déshabillent, l’ornent des couronnes d’épines de la modernité – le nylon, comme on nomme ce dont ils l’enveloppent. En parallèle, d’autres citoyens spectateurs (les mêmes à qui on a fait augmenter les prix) le filment avec leur « IPhone », ils filment les pleurs du gamin, ils gravent sa désastreuse condition humaine, et le festin se complète avec l’arrivée des flics en vert. La tribune applaudit, les citoyens policiers victorieux relèvent leur médiocrité – leurs bras vers le ciel. La résolution est bonne, les méga-pixels élargissent l’image en un plan général au moment où tous les humains « aseptisés » vocifèrent à l’unisson « Prison, Prison, Prison ». Les applaudissements sont des pétales de rose qui couronnent le sourire des flics qui embarquent le jeune dépouillé, flagellé et famélique de soupirs dans leur fourgon.

Pause, la fonction continue. Le ministre de l’Intérieur du Gouvernement démocratique annonce la bonne nouvelle de 2000 flics supplémentaires pour combattre la délinquance. Une question : les esclaves de la modernité auront-ils les tripes de réclamer, lutter, et se réveilleront-ils d’autre chose que de la défonce ? Les hyènes citoyennes à vocation policière auront-elles les tripes de frapper, de  les mettre à poil, flageller, attacher, filmer et vilipender ne serait-ce qu’un entrepreneur, même un seul ? Un Larraìn, un Matte, un Dèlano, un Tocornal, un Luksik, un Angelinni, un Shaawì, un Novoa, un Wagner, un Polar, un Penta, un Cascada, un Inverlink, une AFP, une banque, un agent forestier, un navire, une transnationale. Ou bien un des flics de la démocratie assassine menottera ceux-ci et les fera monter dans le fourgon pour les transférer au palais, leur palais de justice où ses tuteurs décideront de la prison, pour que ces éminences puissent enfin connaître sur le terrain comment fonctionne de l’intérieur leur super commerce des prisons;

La démocratie fonctionne, qu’elle crève !

Juan Aliste Vega, prisonnier subversif, janvier 2015, Prison de Haute Sécurité, $hili.

Italie : Alberto Funaro, condamné pour les émeutes de Gênes en 2001, relâché de prison !

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Alberto Funaro a été libéré sous liberté conditionnelle, après deux ans et demi de prison pour les évènements survenus à Gênes en 2001 et pour lesquels 10 personnes ont été condamnées pour dévastation et pillage par les tribunaux italiens.

Marina Cugnascho et Francesco Puglisi, condamné dans la même affaire, sont toujours en prison.

Vincenzo Vecchi, lui aussi condamné, est toujours libre et en cavale.

De Grèce au Pakistan : Lutte en mémoire de Shezhad Luqman

SHEHZAD LUQMAN VIT : DANS NOS COEURS, DANS NOS RUES, DANS NOS ARMES. NI OUBLI – NI PARDON.

“Celui qui a tiré n’était pas seul,
Il avait d’autres bourreaux inconnus avec lui,
Il avait les vertueux avec lui,
Il avait les honnêtes avec lui,
Il avait les moraux avec lui,
Il avait les justes en lui,
Il avait les pacifistes avec lui”

Samedi 17 Janvier 2015 dans l’après-midi, une manifestation a été faite dans le quartier d’Athènes d’Ano Petralona, deux ans après l’assassinat raciste de Shehzad Luqman, un travailleur migrant en provenance du Pakistan poignardé par deux bâtards de l’Aube Dorée rue Trion Ierarchon sur le chemin du travail quotidien. Parties de la place Mercouri, environ 400 personnes ont manifesté avec de forts slogans, marché à travers les rues étroites de Ano Petralonas et Thissio pour faire un court arrêt sur le lieu de l’assassinat, avant de retourner place Mercouri.

Les compagnon-nes des environs se sont de nouveau retrouvé-e-s dans les rues et ont rejoint l’appel à la mobilisation avec un bloc distinct en fin de manif. En tant qu’individus anarchistes nous pouvons avoir des divergences de points de vue, mais malgré tout nous partageons une conviction commune: nous n’avons aucune illusion quant à la démocratie, nous n’attendons rien de la justice bourgeoise ou d’un système électoral pour résoudre les problèmes des opprimés. Les institutions de l’État et du capital sont les principaux responsables des massacres de réfugiés aux frontières continentales et maritimes, des pogroms étatiques et para-étatiques et des expulsions, de l’enfermement dans des camps de concentration, de la propagation de la xénophobie et du racisme, de la production et de la reproduction du nationalisme et finalement de la fascisation complète de nos quartiers et de nos sociétés.

Parce que pour nous, la lutte à la mémoire de Shehzad Luqman et de chaque migrant.e qui sont tombé.es entre les mains des nazis (avec ou sans uniforme), signifie une lutte contre les frontières et les patries. Pour une lutte insurrectionelle et internationale quotidienne jusqu’à rendre cette merde ingouvernable.

LA DEMOCRATIE EST LA SAGE-FEMME DU FASCISME
LA SEULE JUSTICE C’EST LES ARMES DU PEUPLE

Des anarchistes

Lutte et mémoire pour les migrants morts // Pas même un pouce de terrain pour les fachos // Les rebelles n’ont pas de patrie // De Grèce jusqu’en France, brisons le racisme et la xénophobie

Détruisons les camps de concentration pour migrants // Feu aux frontières // Shehzad Luqman présente // Flics, télévision, néonazis: ces bâtards travaillent tous ensemble

collaboration du Chat Noir Emeutier

Prison de Ferrara, Italie : Alfredo Cospito en isolement, rapport disciplinaire et protestations

barbed-wire-hand_smLe 13 février, un coup de téléphone à l’un des compagnons enfermés dans la section de Haute Sécurité de la prison de Ferrara nous a appris qu’Alfredo a été placé en isolement suite à une altercation avec un gardien. L’isolement punitif, 14bis o.p., a été mis en place il y a deux jours et un autre compagnon de la section a reçu un rapport disciplinaire, toujours pour le même épisode. Les autres prisonniers de la section AS ont protesté contre cet évènement et entendent continuer jusqu’à ce que prenne fin l’isolement d’Alfredo.

14 février : Alfredo a été directement emmené dans une autre section de la prison, et n’a donc pas de contact avec les autres prisonniers, ni avec ceux de la section AS, ni d’autres sections. Les autres compagnons de la section spéciale se sont vus suspendre la ballade et les interdits de rencontre restent en vigueur.

Source : Croce Nera Anarchica

en anglais | espagnol | grec | portugais

Sortie du premier numéro de la revue “Des Ruines”

5-14-1c81eNous sommes heureux d’annoncer la sortie du premier numéro de la revue anarchiste apériodique Des Ruines au format A4 relié, pour 112 pages. Cette revue se donne l’ambition de remuer les réflexions, recherches et débats autour des perspectives anarchistes et antiautoritaires. Certains débats vifs et toujours d’actualité, certains autres laissés de côté et exhumés pour l’occasion.

Pour commande : desruines(at)riseup.net

Le sommaire et la couverture sont consultables en ligne ici.

Sortie du numéro 21 du bulletin Lucioles

Cliquez sur l’image pour télécharger le bulletin en pdf.

Etant désormais tiré à 4000 exemplaires tous les mois (enfin ça dépend!), celleux qui souhaitent le diffuser dans leurs lieux ou quartiers peuvent nous contacter.

Bien à vous, et vive l’anarchie!

On pourra trouver tous les numéros de Lucioles en PDF ou texte par texte sur le nouveau blog du bulletin.

Grèce : Quelques mots d’Angeliki Sotiropoulou à propos des nouvelles prisons de type C de Domokos

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Une fois de plus – comme on pouvait bien sûr s’y attendre – l’État et les médias de la déception cherchent à répandre la peur et la terreur. Toutes les prisons de Grèce, en-dehors des prisons agraires*, sont et ont toujours été des établissements de haute sécurité. Et le sous-sol de la prison féminine de Koridallos, où les prisonniers de l’organisation 17 Novembre ont vécu les douze dernières années et demi, démontre spécialement être la section la plus lourdement gardée. C’est donc des prisons d’isolement qu’ils ont instaurées, et non des prisons de haute sécurité. En-dehors de l’État de droit, ils veulent rendre ces prisonnier-e-s invisibles. Tous les arguments de l’extrême-droite qui ont fait passer et appliquer la loi liée à cela sont basés sur la fourberie et les mensonges.

Christodoulos Xiros [recapturé le 3 janvier] ne s’est échappé d’aucune prison, et peu importe si ils invoquent des raisons ou des lacunes de sécurité. Il a quitté sa maison. Nous faisons face à un clair esprit de vengeance envers des ennemis politiques et à une vulgaire exploitation politique de mauvais sujets de communication. Le nouveau spot électoral télévisé de l’extrême-droitiste Samaras compare les djihadistes aux combattant-e-s armées des organisations de contre-violence, montrant par là-même les réelles raisons de la création de ces prisons, autant que leur grande panique. Je me demande de quelle autre part peut bien venir le fascisme ? Là-bas – dans la prison de Domokos – rien n’a changé ; tout est comme avant, exactement comme dans n’importe quelle autre prison. La seule chose qui diffère, c’est qu’ils ont découvert après 12 ans et demi que ces personnes sont subitement devenues dangereuses – l’un d’entre eux a 72 ans – et les ont éloignées de leurs familles, autant et aussi longtemps que possible, pour leur causer plus de problèmes. Nous l’endurons ; ils pourraient tout aussi bien nous envoyer aux frontières.

Quelques mots d’Angeliki  Sotiropoulou – compagne de Dimitris Koufontinas, actuellement détenu dans les prisons de type C de Domokos – lors d’une émission radio retransmise sur internet (15 janvier 2015).

en anglais

* Les prisons agraires en Grèce sont des prisons de conditions moins dures, où les prisonniers travaillent dans le secteur de l’agriculture.

Croatie : Foire aux Livres Anarchistes de Zagreb, 11ème édition

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La 11ème Foire du Livre Anarchiste à Zagreb aura lieu du 10 avril au 12 avril 2015.

La Foire du Livre Anarchiste de Zagreb (ASK – Anarhisticki sajam knjiga) est un événement anarchiste annuel. Les dix dernières foires se sont bien déroulées et nous espérons pouvoir attirer toujours plus de gens chaque année en tant que participant-e-s, publications, groupes, projets – n’importe qui qui soit intéressé-e par ce que la foire au livre a à offrir.

En ce qui concerne la partie discussion, tout est ouvert, comme chaque année, donc toute suggestion, idée, etc. est la bienvenue, tout comme des textes que vous trouveriez intéressants pour des débats.

L’ASK a lieu à Zagreb chaque printemps, comme une ressource locale pour les livres anarchistes et libertaires, ainsi que d’autres publications. Nous avons aussi pour objectif d’ouvrir la discussion sur des sujets qui sont importants pour le mouvement anarchiste, ou pour notre communauté locale.

L’idée d’une telle foire aux livres n’est pas nouvelle, mais elle se base sur l’expérience positive d’autres Foires au Livre Anarchiste. Dans de nombreuses situations différents, ces foires aux livres ont prouvé qu’elles étaient des événements importants et des lieux de rencontre, tant au niveau local qu’international.

Et c’est pourquoi nous avons besoin de votre aide – venez et soutenez cet événement par votre solidarité et votre participation !

Si vous ne pouvez pas venir à la foire au livre, vous pouvez envisager le fait d’envoyer gratuitement des publications, affiches et autres matériels. Vous pouvez également envoyer des livres et autres publications à vendre, nous organiserons des étals pour celles et ceux d’entre vous qui ne pourraient pas venir, mais nous aimerions que vous présentiez votre travail lors de la foire.
Contactez-nous à anarhisticki.sajam.knjiga@gmail.com à propos des détails, de l’adresse où envoyer du matériel, etc.

Participation

Pour nous aider à organiser la Foire et à boucler le programme à temps, nous avons besoin que vous confirmiez votre participation aussi tôt que possible. Notre adresse e-mail est : anarhisticki.sajam.knjiga@gmail.com

Mettez-vous en contact avec nous et faites-nous savoir dans quelle mesure vous voudriez participer. Voilà une liste de quelques questions auxquelles vous pouvez répondre, et nous recevrons volontiers toute information supplémentaire.
Faites-nous aussi savoir si vous avez besoin d’un lieu où loger. Il y a quelques possibilités, mais nous avons besoin des détails aussi tôt que possible.

Quelques choses que nous avons besoin de savoir :

1. Questions pour toutes les personnes venant d’en-dehors de Zagreb :

– comment souhaitez-vous participer ?
– voulez-vous organiser une présentation, un atelier ou une discussion lors de la foire ?
– avez-vous besoin d’un logement  (les places gratuites où dormir sont limitées) ?

2. Si vous voulez une table :

– de quelle taille avez-vous besoin que soit la table ?
– avez-vous besoin d’aide pour votre table ?
– pouvez-vous aider financièrement la Foire (ceci n’est pas une condition pour tenir une table, les tables sont gratuites) ?
– nous avons besoin de quelques infos sur vous (contact, quels livres/éditions vous distribuez [pas une liste, seulement de courtes infos]…).

Vous pouvez télécharger l’affiche de la Foire sur notre page web.

Pour plus d’informations :
web: www.ask-zagreb.org
e-mail: anarhisticki.sajam.knjiga@gmail.com

São Roque, Brésil : L’ALF libère des chiens

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L’ALF a sauvé des chiens (Schnauzers) d’une ferme de São Roque – SP. Les chiens y étaient VENDUS et étaient enfermés dans une petite pièce dans laquelle ils vivaient enfermés dans des cages 24 heures par jour, des cages qui n’avaient même pas de sol. « C’était absurde de voir que le sol était fait de caisses et couvert de journaux, comme si cela valait vraiment quelque chose », nous reporte l’un des activistes ! Dans le mail, il est aussi dit que du fait de ce sol/caisses des cages, TOUS les chiens souffraient des pattes, et l’un des cas les plus sérieux avait même une patte fracturée.

Selon cette chronique, cette action a eu lieu il y a quelques mois, mais n’est rendue publique que maintenant que les chiens ont reçu des soins vétérinaires et adoptés par des gens responsables !

Combien de temps devrons-nous encore voir ce type de situation ?
Combien de temps des gens devront-ils encore risquer leur propre peau pour sauver des animaux qui vivent (survivent) dans de telles conditions ?

Refusez l’exploitation animale, elle n’existe que parce qu’elle engendre des profits ; solidarité avec les cellules militantes du Front de Libération Animale au Brésil et autour du Monde !!!

Appel à solidarité avec les anarchistes biélorusses du 25 février au 1er mars

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Action à Minsk en soutien à des personnes arrêtées au cours d’un concert de punk. Sur le panneau : “Je suis du SWAT, rien à battre des lois”

Montrez votre cul aux autorités
L’actuel mandat présidentiel d’Alexander Lukashenko prendra fin en 2015. En 21 ans, ce dernier aura réussi à réduire au silence la quasi totalité des luttes sociales du pays, assassiner plusieurs opposants politiques au cours des années 90, et faire disparaître quasiment toute l’opposition officielle. Lukashenko n’a pas permis à la société biélorusse de transcender les limites de la mentalité soviétique. Toute protestation ou critique envers le gouvernement est réprimée par la police ou le KGB. Toute tentative de s’organiser se solde par des poursuites et la violence d’Etat. La politique du gouvernement peut être résumée ainsi : tout ce qui ne peut être contrôlé doit être détruit. L’Etat est en train d’exterminer lentement mais sûrement toute forme de dissidence ou de pensée autonome.

Avec les élections de novembre prochain, la pression exercée sur les mouvements sociaux s’accentue. Les autorités craignent de voir le scénario ukrainien se reproduire en Biélorussie, et font tout pour lutter contre les « extrémistes », en d’autres termes tous les gens qui souhaitent un changement de régime.

Ces deux derniers mois, dix individus proches du mouvement anarchiste ont été arrêtés. Huit d’entre eux ont écopé de 10 à 20 jours de prison pour s’être soit-disant opposés à la police et avoir commis des actes de vandalisme, sur la base de faits fabriqués de toutes pièces. Deux d’entre eux avaient déjà été arrêtés en décembre dernier, avaient passé entre 5 et 10 jours derrière les barreaux, et s’étaient ensuite fait renvoyer de leur travail. Ils ont été cette fois arrêtés quelques jours seulement après avoir retrouvé une activité professionnelle. Les militant-e-s pensent que cette vague de répression est liée aux actions de solidarité faisant suite aux violences policière ayant eu lieu au cours d’une concert punk, le soir du jour de l’an. La police avait fait irruption pendant la soirée, avait pris les noms de tous les participant-e-s et les avait filmés. Deux personnes avait été arrêtées pour avoir distribué de la propagande « extrémiste ». Tous les individus dont les noms avaient été relevés ont ensuite commencé à recevoir des visites de la police, munie de requêtes officielles les sommant de mettre un terme à leurs activités « radicales ». Des menaces répétées ont également été proférées sur les réseaux sociaux, et émanant d’individus de toute évidence liés à la police.

En novembre 2014, l’administration pénitentiaire a lancé une procédure pénale contre Mikalai Dziadok, qui purge une peine de quatre ans et demi à la suite de la vague de répression de 2010. Il est cette fois accusé de graves infractions au règlement pénitentiaire. Au cours des quatre années qu’il a passé en prison, Mikalai a été placé à maintes reprises en isolement, les autorités ayant la volonté de briser sa volonté et lui mettre la pression. Et alors qu’il devait être libéré en mars de cette année, il doit à présent faire face à des accusations qui pourraient prolonger son incarcération d’une année. Sa famille et ses ami-e-s n’ont aucun doute quant au verdict qui sera prononcé par la cour, dans la mesure où la même stratégie a déjà été employée contre l’un des militants d’opposition conservateur. De cette façon, le gouvernement pourra garder Mikalai derrière les barreaux pendant les élections à venir.

L’anarchiste Ihar Alinevich, qui purge une peine de huit ans à la suite d’une action de solidarité avec les antifascistes russes, a été placé en cellule d’isolement pour la cinquième fois en quatre mois.

Au cours de la campagne présidentielle de 2010, des dizaines d’anarchistes, et plus tard de militant-e-s d’opposition, avaient été placés en détention et arrêtés. Plus de 50 personnes — dont cinq anarchistes — s’étaient retrouvées en prison sous le coup de chefs d’inculpations politiques. Trois d’entre eux sont toujours emprisonnés. Il ne fait aucun doute que le gouvernement se tient prêt et va essayer par tous les moyens possible de museler toute forme de dissidence. La plupart d’entre nous nous attendons aujourd’hui à un niveau de répression encore plus élevé.

C’est la raison pour laquelle nous appelons toutes les personnes lisant ce communiqué à descendre dans la rue entre le 25 février et le 1er mars, et à mener des actions de solidarité avec les anarchistes et les militant-e-s politiques biélorusses, dans le cadre de leurs combats pour un monde juste et contre la dictature. Libre à vous de décider de la forme que prendront ces actions. Nous vous signalons néanmoins que deux actions menées à Minsk, et où des gens ont montrés leurs derrières, ont suscité un vif intérêt au sein de la société, et un grand émoi chez les policiers. C’est la raison pour laquelle nous pensons qu’il est temps de montrer vos culs aux autorités, et reprendre le contrôle de vos vies.

Pour une société libre, contre la dictature et l’oppression,

L’Anarchist Black Cross de Biélorussie.

Etat espagnol : Libération d’oiseaux et sabotages par l’ALF

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partridge2Pendant la nuit des « Rois », du 5 au 6 janvier, des membres du Front de Libération Animale espagnol ont libéré plus de mille perdrix, cailles et plusieurs faisans qui étaient enfermés dans une ferme pour les faire grandir pour les utiliser pour la chasse dans la région de Navarre.

Des tags ont également été faits, ainsi que des sabotages de systèmes électriques, de véhicules, de cages et de canalisations, entre autres choses.

Cette même nuit, une centaine de brebis qui étaient enfermées dans une ferme proche ont également été libérées.

Jusqu’à ce que la dernière des cages soit vide.

Montevideo, Uruguay : Geste en complicité avec Mónica et Francisco

1920Communiqué reçu le 07/02/2015 :

A l’aube du mardi 3 février, une attaque incendiaire a eu lieu contre le bureau du Partido Popular d’espagne à Montevideo. Ce geste a été fait en complicité avec Mónica Caballero et Francisco Solar, détenus et incarcérés depuis plus d’un an par l’État espagnol, accusés d’appartenir à une « organisation terroriste » et d’avoir déposé un engin explosif.

Ce parti est l’actuel parti de gouvernement en Espagne, et ses politiciens font partie des principaux responsables de la persécution et de l’ouverture de procès contre des compagnon-ne-s de la guerre sociale sur ledit territoire, comme dans le cas de la récente « Opération Pandora ». Ce sont également eux qui, fin 2014, ont impulsé et approuvé la dite « loi Mordaza », la loi baillon, qui prévoit entre autres sanctions et restrictions de diminuer la protestation de rue, l’occupation de logements et l’arrivée d’immigrants.

Nous sommes partout !

Commando Mateo Morral

en anglais, en grec, en portugais

Chili : Diego Ríos arrêté après 5 ans et demi de cavale

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Solidarité immédiate avec le compagnon anarchiste Diego Ríos

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Contre l’Etat / Prison / Capital : Guerre sociale !! Liberté pour Diego Ríos

Samedi 7 février, Santiago 2015

Le compagnon anarchiste Diego Ríos était passé à la clandestinité depuis 2009, date à laquelle il a pris la fuite après que sa mère découvre du matériel pour l’élaboration d’engins explosifs dans une chambre de sa propriété et en avise la police. Au cours de cette année, le compagnon a envoyé trois communiqués dans lesquels il réaffirme ses postures contre le pouvoir et toute autorité, puis il a cessé d’écrire publiquement au milieu anarchiste / anti-autoritaire.

La seule information disponible pendant les années suivantes provenaient de la presse bourgeoise alignée à la police, ce qui est caractéristiques des petits jeux d’intimidation et de persécution que fait  l’État/Capital.

Aujourd’hui (07/02/2015) s’est déclenché une opération policière dans la commune de La Ligua (province de Petorca, région de Valparaíso), aboutissant à la capture du compagnon et mettant fin à sa fuite que nous aurions espérée être éternelle.

Une fois au courant de la situation, pleins de rage et d’impuissance, notre réaction immédiate a été de réaliser un petit geste de solidarité avec le compagnon, sous la forme du collage de quelques affiches, en espérant toujours que cela se réplique.

Pour finir, nous pensons que nous devons être attentifs et attentives aux manœuvres du pouvoir et de tous ses appareils de contrôle qui commenceraient à bouger leurs fiches. Il est nécessaire de ne pas en rester aux paroles vides ou à l’immobilisme, mais bien plutôt d’agir.

Un salut au compagnon Diego, force et entièreté.

Collectif Lucha Revolucionaria.
lucharevolucionaria[arroba]riseup.net

en anglais, en grec, en portugais

Berlin : Compte-rendu de la manif solidaire avec les anarchistes en Espagne

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Le terrorisme, c’est de nous condamner à une vie de misère, pas d’y résister !

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Le seul terroriste, c’est l’Etat ! Solidarité avec les prisonniers anarchistes en Espagne

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Le 7 février 2015, environ 250 personnes ont manifesté à Berlin en solidarité avec les anarchistes arrêtés de Barcelone et d’ailleurs qui ont été enlevés par l’Etat au cours de l’opération “Pandora” en décembre 2014 et détenus jusqu’à ces derniers jours.

Avec cela, des lois spéciales telles que la loi de baillon “Ley Mordaza” et des accusations de terrorisme en ce moment en Espagne (semblable à la loi 129 en RFA*) constituent des possibilités pour les organes de répression étatique de criminaliser la résistance contre la paupérisation prescrite.

La manifestation bruyante a déambulé de Kreuzberg jusqu’au siège de LKA Berlin** à Tempelhof.

Source : linksunten

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Notes de traduction :

* loi sur la formation d’organisations terroristes, condamnant de 1 à 10 ans de prison tout délit en “bande organisée” visant entre autre les bâtiments et institutions étatiques. Elle permet aussi à l’Etat allemand de poursuivre à l’étranger tout “terroriste présumé” de nationalité allemande ou ayant agi sur le territoire national.

**siège de la police berlinoise de lutte contre la criminalité. Il est divisé en plusieurs sections:
1/ Juridiction du crime aux personnes
2/ Criminalité transfrontalière
3/ Crime organisé et criminalité économique
4/ Crime organisé et délit en bande
5/ Bureau de police à la protection de l’Etat
6/ Services aux opérations
7/ Centrale à la lutte contre la criminalité et de soutien aux enquêtes
8/ Centre de compétence de la police scientifique
+ “bureau central à la prévention”.

Comme le soleil qui se lève chaque jour…

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Nos nuits vous embrassent avec rébellion.

Bien que nous soyons convaincu-e-s du fait que la seule réponse valide face à l’enfermement de nos compagnon-ne-s est la libération, la fuite et le soutien permanent… nos gestes prétendent toujours démontrer l’affection rebelle qui puisse au moins arracher un sourire.Nous ne peignons pas seulement pour vous, mais pour vous chercher des paysages qui puissent vous accompagner dans ces circonstances, inévitables pour celles et ceux qui ont choisi le chemin de la liberté et la confrontation qu’elle implique.

Nous avons donc décidé de donner ces petites mais affectueuses démonstrations de notre inconditionnel désir et soif de liberté, outrepassant les kilomètres de distance et nous unissant sous le même ciel, sous le même soleil qui nous illumine chaque jour et sous la même nuit qui nous protège et nous accompagne, complice de nos pas.

Nous ne nous sentons pas seulement meurtri-e-s par les nouvelles de vos arrestations et condamnations, mais aussi plein-e-s de rage. Et cette rage que nous, tous les cœurs anti-autoritaires indomptés ressentons se manifestera et se multipliera sous toutes les formes imaginables contre nos ennemi-e-s.

Cela faisait longtemps que nous n’étions pas sorti-e-s pour aller peindre. Cela n’est pas du au fait que nous sentions plus d’affinités avec tel ou telle compagnon-ne. Nous nous sommes de nouveau retrouvé-e-s aujourd’hui  pour réaliser cette démonstration de solidarité avec notre compagnonne Tamara Sol, qui doit bientôt recevoir une nouvelle condamnation, avec nos compagnon-ne-s de Barça qui font face à l’Opération Pandora (force à l’okupa Kasa de la Muntanya). Pour elles et eux, cette main ouverte, cette étreinte et la solidarité sans limites ni frontières.

Depuis quelque part dans le monde…

Sauvages et rampant-e-s, Année 5.520 du Calendrier Andin
A 31 années de l’ère Orwell

[Belgique] La lutte contre la construction d’une maxi-prison continue

Voici quelques nouvelles de la lutte contre la construction d’une maxi-prison à Bruxelles : un article apparu dans « Ricochets » le bulletin de la lutte suivi par quelques brèves récentes.

L’Etat belge veut construire une nouvelle prison à Haren, au nord de Bruxelles. Elle est supposée devenir la plus grande prison de la Belgique, une maxi-prison, un véritable village pénitentiaire qui regrouperait cinq prisons différentes sur un seul terrain. Comme les autres nouvelles prisons construites ces deux dernières années, celle de Bruxelles serait aussi réalisée par ce qu’on appelle un « partenariat public-privé ». Cela veut dire que la construction et la gestion de la prison sont entièrement dans les mains d’entreprises privées, et que l’Etat la loue de ces entreprises pendant 25 ans, après quoi elle devient finalement propriété de l’Etat. Il ne faut alors pas chercher bien loin pour comprendre les intérêts économiques gigantesques que ce projet représente.
Cette maxi-prison sera aussi la première prison belge où il sera possible d’enfermer en même temps autant de personnes (le complexe comptera 1200 cellules), tant des hommes que des femmes et des enfants. Un tribunal installé à l’intérieur de cette prison devrait en plus permettre de limiter les déplacements de détenus à un strict minimum.

La construction de cette atrocité est la cerise sur le gâteau du « master plan » conçu par un des gouvernements antérieurs et qui prévoit la construction d’environ neuf nouvelles prisons, partout dans le pays. Ce plan est vendu à la population comme la réponse ultime à la surpopulation, et à la putréfaction avancée de certaines prisons, comme un grand pas vers un enfermement plus humain, avec plus d’attention à la réintégration des détenus. Unne telle manœuvre devenait pour le pouvoir presque inévitable, vu que le monde carcéral est depuis des années tourmenté par des évasions, des prises d’otage de matons, des refus de remonter aux cellules, des vastes et des petites mutineries. En plus, les conditions de détention ont amené plusieurs instances internationales à taper l’Etat belge sur les doigts. Ils veulent donc en finir avec le désordre, la révolte et l’attention internationale. Mais tout ce discours d’humanisation, sorti du chapeau en temps de soi-disant crise pour faire en sorte que la population accepte cet énorme afflux d’argent vers l’enfermement, est évidemment une connerie absolue. Ce n’est qu’un emballage contemporain pour quelque chose de fort ancien ; le pouvoir qui affûte toujours plus ses armes répressives, pour se mettre à l’abri, pour défendre son système, pour préserver sa direction vers toujours plus de contrôle et d’oppression.

Actuellement, on injecte de différentes façons de l’argent dans la Justice en Belgique. Il n’y a pas seulement les milliers de nouvelles cellules, il y a aussi l’extension du système de bracelet électronique, l’assignation à résidence surveillée, les peines de travail, les amendes, etc. Pour l’Etat, il ne s’agit pas d’humaniser ses sanctions, mais bien de les étendre vers tous ceux qui aujourd’hui trouvent encore des systèmes de débrouille et arrivent à rester en dehors du giron de la justice. En augmentant fortement la capacité des prisons et en élargissant les possibilités de peines alternatives, il veut se donner tous les moyens possibles pour avoir plus de prise sur la société, pour pouvoir punir encore plus de gens, et les enfermer dans une prison, dans leur logement, dans un boulot ou à des dettes financières. Lire la suite »