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Pour contribuer aux traductions, édition-correction et/ou apporter du matériel original à publier tel que des actualités depuis la rue, des compte-rendus d'actions, communiqués de revendication, des textes pour des compagnon-ne-s emprisonné-e-s ou poursuivi-e-s, des appels, des feuillets, des articles d'opinions, etc. : contrainfo(at)espiv.net

Paris : Tous innocents, tous martyrs ?

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Les anarchistes, des idéalistes inoffensifs ? C’est l’image qu’en donnent certains (dont des anarchistes) à travers une réécriture de l’histoire qu’ils ponctuent de mythes et de figures de martyrs, innocentés comme des martyrs chrétiens. Mais tout cela ne peut se faire qu’au prix de la dissimulation, entre autres, de certains
aspects de la vie et de la pensée de ces mêmes compagnons, et donc la trahison de leurs idées. Dépeindre les cinq compagnons exécutés suite aux événements d’Haymarket à Chicago ou Sacco et Vanzetti comme de simples idéalistes, doux rêveurs inoffensifs, presque pacifistes ou syndicalistes, est une insulte à leur mémoire et à leurs vies passées à combattre le pouvoir avec les idées, mais aussi avec les armes. Dans ce petit recueil réalisé à l’occasion d’une discussion à Paris, tentative est faite de réhabiliter leur mémoire, loin de toute « innocence » ou « culpabilité » que nous laissons aux juges et historiens, et plus proche de nos perspectives révolutionnaires ou insurrectionnelles, que ces compagnons revendiquaient tous.

Cette brochure est éditée en collaboration avec la bibliothèque anarchiste La Discordia, à l’occasion d’une discussion le mercredi 20 mai 2015 à Paris.

Source : Ravage Editions

Brochure : Contre la guerre, contre la paix

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Eléments de lutte insurrectionnelle contre le militarisme et la répression :

1. Guerre et paix

2. Restructuration, révoltes et guerre

3. Le projet répressif : massacre, militarisation et enfermement

4. L’usine de la répression

5. Contours d’une projectualité anarchiste contre la guerre et contre la répression

Printemps 2015

Paris : Inauguration de la Discordia – Bibliothèque anarchiste

Présentations :

La discorde est une forme profonde de désaccord, un dissentiment violent qui oppose des personnes entre elles et les dresse les unes contre les autres. Ce que nous souhaitons encourager, c’est qu’elle les oppose plutôt à ce vieux-monde et à ses défenseurs, comme cela se manifeste déjà, ça et là, par de nombreux actes de révolte et d’insoumission. Il n’est pas question pour nous de jeter de l’eau sur les braises de ces révoltes, mais au contraire de jeter, comme la déesse Discordia, la pomme de discorde au milieu de cette société où les rapports marchands et répressifs semblent avoir pris le dessus sur l’entraide, la solidarité et la recherche d’une vie que l’on aimerait vivre. Aussi contre cette résignation diffuse et la recherche du consensus à tout prix –même au prix de l’apathie.

Hors de tous dogmes, et avec une perspective anarchiste, La Discordia est une bibliothèque qui entend nourrir un projet révolutionnaire par certains de ses aspects fondamentaux : la lecture, le débat, la théorie, l’écriture, le papier, la discussion. Un lieu où se retrouver pour partager des informations sur l’actualité du mouvement révolutionnaire et anti-autoritaire à travers le monde, pour confronter des idées, en découvrir, en creuser ; un lieu où la discussion n’est pas forcement synonyme de consensus, et n’est pas réservée à des spécialistes. C’est aussi un lieu physique pour sortir du tout virtuel, avec des débats de vive voix, en face à face et dans le partage. C’est des livres, journaux, tracts, brochures, affiches et autres documents, des archives d’aujourd’hui et d’hier pour contribuer à la transmission de l’histoire des luttes individuelles comme collectives. Tout ce qui pourra favoriser le développement des idées, en rupture avec l’État, la politique et le Capitalisme. Si Discordia a causé par son geste provocateur la Guerre de Troie, nous souhaitons par le notre modestement contribuer à la guerre contre toute autorité, en ajoutant du carburant pour sa pensée.

La Discordia est une bibliothèque autonome (et déficitaire), qui dépend aussi de votre soutien et de votre participation. Installée dans le Nord-Est de Paris, il s’agit de rendre plus visible et accessible une présence anarchiste encore discrète mais continue dans ces quartiers depuis plusieurs années.

N’hésitez pas à consulter le programme et le catalogue, et surtout à y passer pour emprunter des livres, travailler au calme sur des archives, y découvrir de nouveaux textes et brochures, fouiller la distro, déposer des publications, discuter, proposer quelque chose ou simplement passer quelques heures en dehors de la résignation généralisée.

Des livres, pas des flics !

ladiscordia(at)riseup.net
ladiscordia.noblogs.org

Athènes : Action anti-raciste anti-patriote à Pláka

reçu en français, anglais, grec et portugais

Le lundi 20 avril, tôt le matin, nous sommes allés dans le quartier de Pláka pour recouvrir une frise murale ecoeurante de dessins et slogans nationalistes et racistes faits par un prétendu artiste se faisant appeler Tom et qui utilise ce mur de la rue Sotiros depuis déjà quelques années. Cette frise merdique, qui transmettait entre autres choses, des messages prétendant que les gens venant d´Afrique étaient porteurs de maladie, était là depuis au moins trois mois, nous avons donc pensé faire quelque chose pour y réagir. On a jeté de la peinture, et on a couvert le mur des messages qui suivent ainsi que de symboles anarcho-féministes:

Ni patrie, ni patron : autogestion (en portugais)

Pas de frontières, pas de maîtres (en anglais)

Merde à la patrie (en grec)

Rayons les fachos de la carte (en français)

Les vies noires comptent (en anglais)

PS: Le lendemain de l´action le mur a été recouvert en bleu. En cas de réapparition de messages racistes, d’autres actions suivront.
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en espagnol

Grèce : Les anarchistes du Réseau des Combattants Prisonniers mettent fin à leur grève de la fin

A travers un communiqué émis la nuit du 18 avril 2015, les compagnons Antonis Stamboulos, Giorgos Karagiannidis, Fivos Harisis, Argyris Ntalios, Grigoris Sarafoudis, Andreas-Dimitris Bourzoukos, Dimitris Politis et Yannis Michailidis, membres du Réseau des Combattants Prisonniers (DAK), ont annoncé la fin de leur grève de la faim, considérant qu’une bonne partie de leurs revendications avaient été partiellement accomplies après le vote du nouveau projet de loi au parlement :

– Le cadre législatif qui détermine le fonctionnement des prisons de type C a été retiré.

– Abolition de la condition aggravante d’action réalisée avec les caractéristiques faciales couvertes (« loi de la cagoule ») pour les cas d’arrestations lors des manifestations, mais elle est maintenue en cas de braquage (bien que la peine minimale qui s’ajoute à celle pour braquage, si on a les caractéristiques faciales couvertes, chute de 10 à 5 ans).

– Présence d’un expert indépendant dès la première phase de prélèvement du matériel génétique (mais la prise violente d’ADN conserve cependant son caractère obligatoire).

– Les prisonnier-e-s qui ont passé 10 ans en prison et dont le degré de handicap dépasse les 80% pourront être sortis de prison pour accomplir le reste de leur condamnation en assignation à résidence en portant un bracelet électronique, ce qui ouvre la voie à la libération de Savvas Xiros (dont le degré de handicap a atteint 98%).

FORCE ET RECUPERATION RAPIDE AUX COMPAGNONS DU RESEAU DES COMBATTANTS PRISONNIERS

espagnol | anglais | italien

Chili : Déclaration d’attaque d’un commissariat à Iquique

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La violence se présente à nous comme une réponse à la soumission que voudraient voir les autorités, leur répression constante et leur aliénation avec les puissants nous fait agir avec les armes que nous avons à notre portée. Les Carabineros du Chili représentent le gardien de l’ordre autoritaire (aujourd’hui nommé démocratie) voulu par l’État dont Michelle Bachelet et ses séides (dont la classe patronale et la droite de parti) sont aux commandes. L’établissement de cet ordre n’implique pas le bien-être de chacune des individualités ni le développement de leurs habilités, mais s’établi pour le bénéfice de la classe privilégiée et sa morale hiérarchique.

La lutte contre l’autorité, et avec elle la soumission, l’injustice, la pauvreté, l’ignorance et la ségrégation, surpasse les méthodes légales de solution de conflit. Ce n’est pas par la voie légale que nous pouvons prétendre nous libérer de l’esclavage, puisque ce sont les mêmes qui l’établissent. Il n’est pas difficile de voir jour après jour les franges les plus dépossédées de richesses de la société entrer dans les centres pénitentiaires avec les sanctions des tribunaux, tandis que les riches dorment dans leurs grandes chambres et mangent leurs banquets, gaspillant l’argent obtenu grâce au vol du travail des autres.

La Réalité nous place dans une situation d’affrontement contre l’État, la loi, la police, le capitalisme, le patriarcat et tout ce qui concerne consciemment les intérêts des dominateurs. Nous n’ignorons pas l’aliénation des membres de la police, qui appartiennent en général aux classes opprimées, au passé pauvre et au présent semblable, mais nous ne pouvons pas ne pas reconnaître leur tâche au service de l’exploitation. Ce sont des années d’histoire répressive, qu’ils portent dans leur ADN, dont les victimes sont innombrables : ils ont toujours été chargés de freiner les processus révolutionnaires et ont assassiné au nom des banques, de la dictature, des grands patrons, au nom de Luksic, d’Angelini, de Pañailillo, de la démocratie et de la classe politique internationale.

C’est pour tout cela que cet acte de violence cherche à symboliser le feu ardent contre l’ennemi, c’est un appel à l’agitation permanente, qui valide tout acte de violence cherchant à briser les chaînes de l’oppression, et un acte de solidarité avec les combattant-e-s tombé-e-s, mort-e-s, et celles et ceux qui sont séquestré-e-s dans les centres d’extermination étatiques.

Solidarité active avec Nataly Casanova, Juan Flores Riquelme, Marcelo Villarroel, Freddy Fuentevilla, Juan Aliste, Mónica Caballero, Tamara Sol Farías, Francisco Solar.

Nous serons comme Baratas, une plaie qui s’étend avec la chaleur du feu et que même la bombe atomique n’éteindra pas…

PARCE QUE NOUS NE NOUS REPOSONS PAS DANS LES GRIFFES DU KAPITAL, NOUS L’ATTAQUONS PAR TOUTES LES FORMES DE LUTTE, JUSQU’A DETRUIRE LA DERNIERE DE SES PROPRIETES.

Extrait depuis Ediciones Aukan

Turin, Italie : Rassemblement en solidarité avec Graziano, Lucio et Francesco

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Une histoire qui est aussi la nôtre. Une longue histoire qui n’est pas finie.
« L’histoire enseigne… », ainsi débutaient les fables d’Esope. Qu’enseigne cette histoire ? Elle enseigne « qu’avoir raison » ne suffit pas, parce qu’en face, il n’y a pas d’autres raisons, mais la force de l’État. Elle enseigne qu’en luttant, on apprend.

On apprend le courage.
On apprend que la légalité ne peut être un critère, parce qu’en respectant la loi, la défaite est garantie. Ce qui est juste importe, pas ce qui est légal.
On apprend que dans la résistance, dans le partage, dans la solidarité, nos vies deviennent plus intenses, plus vraies, meilleures.
On apprend qu’eux ont pelleteuses, armées, gaz lacrymogènes, matraques et fil barbelé. Nous avons les jours, les sentiers, la fantaisie, la nuit.
On apprend que parfois nos compagnons et nos compagnonnes finissent entre les mains de l’ennemi.

C’est arrivé à beaucoup de celles et ceux qui luttent contre le TAV, et trois d’entre eux sont encore en prison : Lucio, Graziano et Francesco.
En prison spéciale, et en isolement depuis un mois pour leurs protestations.
Ils sont accusés d’avoir attaqué le chantier de Chiomonte lors d’une belle nuit de mai 2013.
Le 23 avril commencera le procès.

Cette nuit-là, nous y étions tous et toutes.
Le sabotage est compagnon de celles et ceux qui luttent.
Les terroristes, c’est ceux qui dévastent et militarisent les territoires.

FRANCESCO, GRAZIANO, LUCIO LIBRES TOUT DE SUITE

Rassemblement au tribunal jeudi 23 avril à 09h.

Athènes : Attaque contre une entreprise avicole

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La nuit du dimanche de Pâques (12 au 13 avril), nous avons attaqués à l’aide de 3 engins incendiaires à retardement, pour la destruction de l’entrée et de 3 véhicules (1 camionnette et 2 fourgonnettes) d’une entreprise avicole dans la rue Aghiou Pavlou, dans le quartier athénien de Peristeri, comme geste de solidarité avec les prisonniers en grève de la faim dans les prisons grecques.

Force à ceux qui sont encore en grève de la faim, aux membres prisonnier-e-s de la Conspiration des Cellules de Feu, et à celles et ceux qui sont en train de récupérer après s’être levé-e-s avec dignité et cohérence contre l’État durant toute cette période, et dans la conjoncture actuelle également contre les administrateurs et les représentants gauchistes du Pouvoir, qui dès le premier jour qu’ils se sont agrippés aux postes gouvernementaux ont clairement fait voir leurs intentions (au moins pour ceux voient les choses telles qu’elles sont), culminant jusqu’au moment de la gestion tactique de la grève de la faim et l’expulsion de l’occupation solidaire du Rectorat des Propylées le 17 avril.

Satisfaction IMMEDIATE des revendications des grévistes de la faim :

– L’abolition des articles 187 y 187A
– L’abolition de la loi de la cagoule
– L’abolition des prisons de type C
– Libération immédiate de Savvas Xiros, qui souffre de plusieurs lésions graves
– Délimitation de l’usage de l’ADN

Nous avons choisi cet objectif parce que nous considérons qu’il ne peut être exclu l’opposition de fait à l’industrie de commercialisation des animaux non-humains dans la bataille contre l’État, le Capital et chaque structure du Pouvoir. Il n’y a qu’une pratique de l’enfermement, et elle doit être repoussée sous toutes ses formes, que ce soient les prisons humains – « institutions correctionnelles » – ou les camps de concentration pour migrants, ou l’infrastructure de l’industrie de la viande et produits dérivés.

La date de notre attaque n’a en rien été accidentelle. Nous avons choisi le moment lors duquel la masse humaine était encore plongée dans l’inactivité après avoir accompli son devoir envers l’église et les fantômes saints qui rôdent et définissent leur existence même les jours antérieurs. Chaque temple de la société, matériel ou mental, chaque moule, chaque stéréotype, chaque coutume qui reproduit, alimente, ou reflète simplement les nombreux visages du Pouvoir ne mérite rien d’autre que d’être démoli.

L’une de ces coutumes est la consommation de viande, qui s’est établie exactement de la même manière que l’on établit comme « normale » la pratique du pillage de la nature, comme nous voyons que c’est le cas avec les mines d’or dans le bois de Skouries en Chalcidique, dans le nord de la Grèce, ou avec le TAV en Italie et dans chaque recoin de la planète.

Cette action est une réponse à l’appel des compagnon-ne-s au Chili, dont les actions nous ont fait sourire tant de fois. Force à Nataly Casanova, Juan Flores et Guillermo Duran, en grève de la faim depuis le 14 avril.

Nous envoyons en même temps notre signe de solidarité et de complicité avec tou-te-s celles et ceux qui sont mis-es en cause, incarcéré-e-s et poursuivi-e-s pour avoir milité dans la ligne d’attaque du Front de Libération de la Terre et du Front de Libération Animale.

Nous faisons un appel à chaque individualité insurgée, à chaque groupe d’affinité, à chaque noyau d’action directe pour aiguiser les attaques sur tous les fronts, par la manière que chacun-e pensera être la meilleure, par tous les moyens disponibles.

Synapsis d’Ignition pour la Lutte Multiforme Anarchiste – Front de Libération de la Terre (ELF)

en espagnol

Suède : Actions contre l’État et le Capital à Stockholm

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Au cours de la 15ème semaine de 2015, entre le 10 et le 12 avril, des voitures appartenant à l’entreprise de sécurité Nokas ont été brûlées dans le district de Midsommarkransen, et la porte d’entrée de l’Agence Suédoise pour la Croissance Economique et Régionale (Tillväxtverket) sur l’île-arrondissement de Södermalm a été cassée.

Nokas a été attaquée en tant que symbole de l’administration du capitalisme, et l’Agence Suédoise pour la Croissance Economique et Régionale parce qu’elle est l’une des plus grandes fondations idéologiques qui tend à au développement des inégalités sociales entre celles et ceux qui ont été encore plus primés et celles et ceux qui ont été jetés encore plus loin dans la misère et l’incertitude.

Cette fois, nos actes n’étaient dirigés que contre des cibles matérielles et symboliques. Mais les personnes qui sont en charge de ce développement ne sont en aucun cas oubliées ou pardonnées.

Tant que les gens seront forcés à vivre sous l’esclavage du capitalisme, il sera toujours juste de riposter.

Combattons le pouvoir par tous les moyens disponibles.

Liberté pour nos compagnon-ne-s emprisonné-e-s en Suède et dans le monde

original reçu en suédois | grec | anglais | italien

Gênes : Un distributeur de billet brûlé en solidarité avec les prisonniers

Gênes : Distributeur de billets incendié en solidarité avec les prisonniers de la section AS2 de Ferrara et avec les luttes à l’intérieur et à l’extérieur des prisons grecques.

espagnol | grec | anglais | portugais

Prisons chiliennes : Texte de Natalia Collado, arrêtée le 7 avril.

Note de Contra Info : Natalia Collado et Javier Pino ont été arrêté-e-s le 7 avril, peu après l’incendie d’un bus de l’entreprise Transantiago dans le secteur de la Gare Centrale de Santiago. Le 10 avril, Natalia et Juan ont été placé-e-s en prison préventive, accusé-e-s de posage et d’activation d’engin incendiaire dans un transport public, sous le coup de la loi de contrôle des armes.haAmi-e-s, compagnon-ne-s, famille et affinités.

A travers quelques paroles que j’ai pu échanger avec quelques personnes (parce que je suis jusqu’à présent en isolement et ne sait presque rien des choses qui se passent), j’ai été mise au courant de la semaine d’agitation qui se réaliise entre le 10 et le 20 avril en solidarité avec les prisonnier-e-s anti-autoritaires, surtout celles et ceux de longue peine. A ce propos, je voudrais poser dans ces lignes quelque chose sur la solidarité, et précisément sur la solidarité avec les compagnon-ne-s en prison.

J’ai pensé il y a quelques temps, et avec l’expérience vécue cela se fait plus clair, que lorsqu’un-e compagnon-ne passe en prison et finit par être un-e prisonnier-e, son premier soutien est soi-même, ses convictions, ses pensées, ses idées, ses sensations, et son amour propre, son individualité, qui est fondamentale à l’heure de se confronter à un endroit aussi laid et décadent que l’est la prison : nous sommes nous-mêmes la source de notre force. Mais il se passe que nos ouïes et nos yeux tombent d’un coup sur des gestes, des initiatives, des actions pour nous, et ce moment-là pendant lequel on ressent comme une étreinte, la poitrine se gonfle et que sort un immanquable sourire, est le moment où se transcendent les murs de la prison et toute cette individualité du ou de la prisonnière. On se remplit alors de plus de force et de réaffirmation. Je comprends ce moment comme une complicité, parce que nous savons que nous continuons la lutte.

Je me joins à l’appel en cours et j’appelle à la solidarité avec les prisonnier-e-s de tous les territoires que luttent et se prennent position contre toute autorité. Toute mon affection et ma force à celles et ceux qui affrontent de longues peines, et dont les années n’annihilent ni les idées, ni les sentiments. N’oublions pas non plus que la prison, produit humain, affecte actuellement d’autres êtres. Des animaux enfermés et torturés pour la complaisance humaine.

J’en finis en envoyant tout mon amour à mes ami-e-s, compagnon-ne-s, famille et aux filles dans la lutte antipatriarcale.

Tato (Natalia Collado)
Depuis la section 1, prison de san miguel
Dimanche 12 avril.

italien | grec

Chili : Les compagnon-ne-s Juan Flores, Nataly Casanova et Guillermo Duran en grève de la faim

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[14 avril]

“ceci est notre réponse claire, repoussant et crachant sans ciller sur le dernier coup de répression contre notre entourage”

Ceci est notre réponse face au harcèlement du pouvoir et de ses forces répressives contre nostre cercle solidaire, nos familles, nos ami-e-s et compagnon-ne-s. Ceux-ci sont quotidiennement viktimes de persécutions, de menaces, de harcèlement, d’agressions et d’enlèvements par la police, et ils nous est impossible de rester les bras croisés, du fait de nos kritères et, encore plus, de notre conviction.

Voilà pourquoi, aujourd’hui 14 avril, nous commençons une mobilisation de protestation en réponse au chantage émotionnel que nous devons souffrir à cause du pouvoir et de ses institutions répressives. En portant notre mécontentement en pratique de manière insoumise, comme il est l’habitude de notre essence, et en utilisant notre corps comme barricade, afin de paralyser ainsi nos activités et une grève de la faim à caractère liquide dans les centres pénitenciaires, nous exigeons :

–  La libération immédiate d’Enrique Alfonso Guzman Amadeo, en prenant en considération la ridicule accusation et les preuves délirantes présentées par le parquet.

– Etablir la validité scientifique des preuves ADN. Y a-t-il une réelle certitude d’une utilisation exacte et précise à 100% pour incriminer ? Les preuves ADN n’ont généralement pas de certitude scientifique, surtout quand ils ont des échantillons avec des traces biologiques de plusieurs personnes, et l’usage que le parquet fait de cette preuve, comme preuve de poids énorme alors qu’elle ne l’est pas, surtout de la façon dont ils la présentent dans notre cas, puisqu’ils prétendent faire croire que le profil biologique qui reste après une explosion est tout à fait valide et certain, quand bien même des généticiens et criminologues en écartent la validité et la qualité.

– Nous exigeons que cesse le harcèlement et les persécutions que les forces répressives ont déclenché contre notre entourage le plus proche pour parvenir à la menace et à la criminalisation de celles et ceux qui n’ont pas douté au moment de nous manifester leur amour et leur solidarité active et inconditionnelle. Une preuve évidente de ce harcèlement est l’incarcération de notre compagnon Enrique qui, sans rien avoir à cacher ou nier, a décidé de nous assister périodiquement, en nous rendant visite dans les différents centres de torture et d’extermination, ainsi que l’enlèvement d’un ami, qu’ils ont pris par le cou et fait monter dans une voiture en pleine voie publique.

Nous considérons cette exigence de cessation du harcèlement à la fois en-dehors et à l’intérieurs des enceintes pénitentiaires, puisque nous sommes nous aussi harcelé-e-s quotidiennement par la gendarmerie du Chili, autant moi que ma compagne Nataly. Notre réponse n’a clairement pas été la soumission et cela nous a coûté diverses punitions et agressions, et nous avons l’intention de nous revoir à l’intérieur des établissements carcéraux.

– Nous exigeons une solution immédiate pour la situation de notre compagnonne Nataly Antonieta Casanova Muñoz, puisqu’elle se trouve en régime de punition et d’isolement depuis son arrivée dans la prison de San Miguel, et la gendarmerie fait la sourde oreille à la demande de changement de module, laissant notre compagnonne dans les “limbes carcérales”. Nous exigeons le transfert immédiat de notre compagnonne dans un module/tour dans lequel elle puisse avoir des contacts/relations avec d’autres internes et plus d’heures de cour, puisqu’elle n’a droit qu’à une heure depuis son arrivée, et cela est une conduite/protokole complètement irrégulier.

GREVE DE LA FAIM LIQUIDE INDEFINIE

Juan Alexis Flores Riquelme
Module 1
Santiago 1

_______________________________________________

Aujourd’hui lundi 13 avril, j’ai commencé une grève liquide (seulement de l’eau potable) face aux représailles des appareils étatiques contre notre entourage le plus proche (parents et ami-e-s). Fatiguée des délires des procureurs de la zone sud et des mensonges du procureur Raul Guzman, dans leurs médias, qui tente d’inculper Enrique Guzman pour l’inclure au cours pourri qui a initié et donné une continuité à son enquête (spectacle (persécutions, harcèlements, menaces et jusqu’à l’enlèvement d’un ami par des policiers en civil).

Face à ce jeu du pouvoir, nous opposons notre conscience, nos affects et nos idées, qui refusent l’imposition de leurs lois antiterroristes ou quelles qu’elles soient, puisqu’elles défendent leur ordre de privilèges et de vies parasitaires.

Ici, entre leurs murs, nous ne sommes ni vaincu-e-s ni seul-e-s, comme ils le prétendent, nous sommes toujours insoumis-es, libres et dignes, à lutter de nouveau à l’aide de notre corps comme arme face à ki cherche à engeôler et enterrer la lutte, la dignité, l’amour et la solidarité sous le ciment.

En exigeant :

– la liberté immédiate de notre frère, ami et compagnon Enrique Guzman, incarcéré pour être un proche et nous avoir rendu visite.

– la fin des persécutions, harcèlements, enlèvements et interrogatoires de nos familles et ami-e-s parce qu’ils nous soutiennent dans cette situation. Le pouvoir cherche à nous isoler.

– Nous exigeons de même la fin du harcèlement de la part des matons de tou-te-s les prisonnier—s qui affrontent dignement cet endroit, chaque coup et chaque humiliation auront toujours une réponse, aucun-e d’entre nous n’est seul-e. J’insiste sur le harcèlement et les malmenages toujours plus violents envers mon compagnon Juan Flores et ma propre situation, qui est similaire.

– Leurs preuves ADN n’ont pas de validité scientifique, pour le manque et la qualité des traces, tout comme pour la variété de mélanges biologiques présents, qui peuvent coincider avec de nombreuses personnes, et ces preuves sont présentées par les procureurs comme étant leurs meilleures preuves. Nous exigeons que soit déterminée la validité des preuves au moyen de l’analyse des méthodes et des traces. En considérant tous les aspects scientifiques et pas seuleument l’accusation tendancieuse de procureurs.

– De manière personnelle, je fais savoir à tout mon entourage, et à celles et ceux que l’enfermement n’indiffère pas, que je suis en isolement sévère avec une heure de cour par jour depuis les 7 mois que je suis en détention préventive, sans aucune activité de récréation autres que celles que je me procure à moi-même, me refusant par là ce régime, tout atelier ou activité récréative existante dans la prison, en justifiant cela par le fait que nous ne sommes que très peu d’internes dans notre module. Je ne cohabite qu’avec une seule interne/prisonnière, parfois plus, mais elles tournent toutes, et je suis la seule qui est maintenue dans cette situation instable. Pour ces raisons, j’exige un changement de module immédiat.

SOLIDARITE, AGITATION ET ACTION CONTRE LES AVANCEES REPRESSIVES.

EN EMBRASSANT CHAQUE LUTTE CONTRE LA DOMINATION

Nataly Casanova Muñoz
CDP San Miguel

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Aux parents, ami-e-s et compagnon-ne-s. A l’attention publique.

Aujourd’hui 14 avril à 00h00, je commence une grève de la faim à caractère liquide (eau potable seulement) afin que soient satisfaites les exigences que j’exposerai plus tard. C’est une mesure de lutte et de solidarité, dans laquelle nous risquons notre santé et notre vie. Cette décision est motivée par les derniers évènements qui ont touché notre entourage proche, la détention d’Enrique, la persécution et le harcèlement de notre cercle proche et solidaire, les agressions et les punitions exercées par les matons contre Nataly et Juan. Enfin, toute une marée de machinations exercées par le pouvoir et ses appareils (presse, procureurs, policiers, etc.) afin de freiner la solidarité effective envers nos compagnon-ne-s incarcéré-e-s.

Je sais que des situations comme celle-ci ne sont pas nouvelles, ni dans ce pays ni dans différents endroits du monde, nous prenons/je prends des exemple de lutte là où elles existent, et voilà pourquoi aujourd’hui et dans la mesure de mes possibilités relativement réduites, je décide de jeûner en solidarité avec mes frères et soeurs. Nous menons/je mène cette lutte contre celles et ceux qui disent exercer la loi et prendre des décisions pour le bien de la société, en prêchant l’égalité devant la loi, alors que leurs propres lois et société ont été forgées par l’inégalité qui prévaut sous le règne du capitalisme.

Je ne peux rester inerte et passif face à ce contexte répressif qui frappe aujourd’hui mes frères, et our cette raisons je me solidarise avec le jeûne indéfini jusqu’à ce que soient accomplies nos exigences :

– la liberation immédiate de notre frère et compagnon Enrique Guzman Amadeo, détenu et séquestré par l’Etat grâce à la délirante imagination de procureurs et de leurs angoisses de réprimer la solidarité envers les prisonnier-e-s insoumis-es.

– la fin des harcèlements et des agressions contre Juan et Nataly de la part des matons. Tout comme la fin de la persécution et des menaces contre nos parents, ami-e-s et entourages solidaires par l’Etat, ses procureurs et ses flics.

– la solution de la situation carcérale de Nataly Casanova, compagnonne maintenue en isolement sévère depuis le début de sa prison préventive (23 septembre 2014), avec seulement une heure de cour et lui refusant la possibilité de cohabitation avec d’autres internes, qui ne soient pas punies, ainsi que l’accès à des activités récréatives et d’apprentissage (ateliers, etc.). Nous exigeons le transfert immédiat dans un autre module dans lequel il puisse être remédié à cette situation indigne.

– la clarification scientifique de la validité des preuves ADN. Selon la qualité et la composition des traces, rendre des comptes de la validité de la méthode d’analyse et de la certitude de leurs résultats. Aujourd’hui, ces preuves d’ADN sont utilisées en tant que principale preuve accusatoire dans l’affaire, bien que leur provenance tout comme leur qualité en dise beaucoup sur la prétendue certitude scientifique que le parquet prétend donner à ces “magnifiques” preuves.

Seule la lutte et la solidarité accorde ce qui est refusé par l’Etat, il n’y a que comme ça que l’on peut affronter ce monde construit pour et par eu$.

Guillermo Duran Méndez
En assignation à résidence totale

Lire les communiqués en espagnol (originaux), en anglais, en grec.

Prisons chiliennes : Communiqué du compagnon Juan Flores

Mardi 7 avril, au retour de la punition

A mes frères et soeur Nataly, Guillermo et Enrique

Aux frères et soeurs qui affrontent avec dignité ce quotidien humiliant

A tou-te-s les frères et soeurs prisonnier-e-s déklaré-e-s en guerre

Un salut fraternel et sincère, plein de rébellion et de joie, une étreinte subversive et kombative, pleine de fierté et de dignité. Un baiser komplice et solidaire, plein d’angoisses et d’aspirations.

A tous mes parents, ami-e-s et compagnon-ne-s ki n’ont pas cessé une seconde de nous faire parvenir/sentir toute la chaleur fraternelle de la solidarité, et dont l’indifférence n’est/était pas une option selon leur critère/conviction, et en ayant bien claires les répercussions et les conséquences que cela pourrait causer jour après jour, avoir à frayer avec la répression skyzophrénique (filatures, persécution et surveillance), et ce qu’implique l’entraînement et les tactiques malades de la police, ce n’est ni agréable ni comode pour nos amours.

Au cours de ces déjà presque 7 mois de séquestration par l’Etat chilien, la beauté solidaire a été présente et a pu briser l’isolement kotidien aukel ils nous/m’ont soumis (visites, colis, lettres, gestes politiquement solidaires), tout cela a été latent dans mon/notre quotidien, mais le pouvoir et ses plébéiens n’ont pas hésité à répéter leurs reproches, et une fois de plus les liens d’affection / la camaraderie / l’amitié / la solidarité / l’amour sont criminalisés, à l’égal de ce qu’il s’est produit au sein du tendancieux “caso security” et cette fausse clé universelle de menottes que les chien-ne-s du TAR auraient retrouvé dans la nourriture du compagnon Juan Aliste Vega, et récemment dans le territoire dominé par l’Etat grec avec le harcèlement dirigé contre l’entourage proche des compagnon-ne-s de la Conspiration des Cellules de Feu par l’unité antiterroriste et leurs “grandes” autorités, lorsqu’ils ont arrêté et enfermé la mère et l’épouse/compagnonne des compagnons Christos et Gerasimos Tsakalos. Ou encore l’Opération Pandora il y a quelques mois et la récente opération Piñata, toutes deux sur le territoire dominé par l’Etat espagnol et dirigées contre l’entourage proche/solidaire de Mónica Caballero et Francisco Solar, enfermé-e-s depuis plus d’un an dans les cachots de l’Etat fasciste espagnol.

Tout comme le lundi 6 avril a été arrêté/enfermé et fouillé le domicile de notre cher frère/ami/compagnon Enrique Alfonso Guzman Amadeo, “hueso” comme ses proches l’appellent, dans une opération maniaque et hollywoodienne, comme a l’habitude de le faire le bras armé du pouvoir (FFEE, GOPE, LABOCAR). Enrique/hueso, sans rien à cacher ou nier, avait décidé de se solidariser activement avec nous, laissant complètement de côté les frayeurs fondées par les prokureurs et leur presse charognarde, pour donner vie à l’amour et la loyauté que seuls des frères comme lui peuvent donner du sens à ces gestes, et c’est pour cette raison qu’Enrique/hueso est séquestré : ils sont loin de poursuivre un délit, ils visent simplement la beauté essentielle de la solidarité.

La chaîne religieuse catholique et le vautour Jorge Hans (un parfait porte-voix du pouvoir) et leur éternelle ignorance, kréent des confusions, des spectacles médiatiques. Il me faut donc clarifier qu’Enrique Guzman est mon compagnon, et que bien que n’étant pas du même groupe sanguin, je le considère comme mon frère. Il n’est pas mon bras droit comme l’annoncent les informations “divines”. Et je veux aussi être clair en disant et me reconnaissant comme éternel ennemi de l’Etat, et cela est indéfiniment loin du fait d’être leader/chef d’une “cellule/hermétique/compacte/anarchiste”. Il ne m’intéresse pas de diriger/représenter mes compagnons par mon idéologie, au contraire, c’est avec elles et eux que je rêve, et c’est là que nous avançons sans bridages, des aspirations jamais pensées par les structures formelles auparavant, et c’est pour cela ke loin des hiérarchies, des rangs et des organisation, nous décidons de mettre nos idées en pratique, reconnaissant en la liberté le seul objectif à atteindre.

Voilà pourquoi nous affrontons avec audace et courage les pantomimes judiciaires et les délires du parquet régional métropolitain sud, la peur d’un nouvel échec “bombas” les a fait monter des preuves aussi absurdes qu’un bonnet, un sac de charbon, l’extincteur d’une voiture. Comme le fait toujours l’ennemi/pouvoir/capital, il punit la fraternité et la camaraderie, la solidarité et les envies de ne pas rester inertes face au terrorisme étatique et au show médiatiko/judiciaire/policier qu’ils ont kréé à l’aide de faussetés.

Prison, pour celles et ceux qui aspirent à la liberté…

Solidarité révolutionnaire et internationaliste aux compagnon-ne-s en grève de la faim de Lutte Révolutionnaire et de la Conspiration des Cellules de Feu…

Force et dignité pour Natalia Collado et Javier Pino…

Force et affection pour Tamara Sol et ses problèmes de santé, force, dignité et vaillance face à la condamnation imposée par le pouvoir, compañera

Solidarité antisystémike entre les prisonnier-e-s déclaré-e-s en guerre

PS: Monsieur Raul Guzman et Claudio Orellana, étant donné votre imagination et votre délite, mettez en pratique vos dons de scénaristes et voyez si vous réussissez mieux comme producteurs de cinéma, peut-être que vous aurez plus de succès avec un film de fiction.

Juan Alexis Flores Riquelme

Module 1
Santiago 1

France : Banderoles en soutien aux prisonniers

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En marge d’un rassemblement contre la répression qui a eu lieu après la mort de Rémi Fraisse, prenant pour martyre un militant organisé, nous avons voulu réagir et rappeler que les victimes de la répression sont partout, et que nous ne devons pas jouer à proner ni l’innocence ni la culpabilité, ni transformer quelqu’un en martyre.

Ce n’est pas au nom de la liberté de pensée que nous agissons, mais plutot au profit du soutien à ceux qui prennent parti dans la conflictualité ambiante malgré le prix que l’ordre nous fait payer.

Nous avons posé des banderoles en soutien à tous les prisonniers de la guerre sociale.

TOUS CASSEURS – FEU AUX PRISONS

Lettre de Fallon

De retour dans le quartier apres une année et quelques mois de prison. Ce serait mentir que de dire que tout est facile. C’est un mélange entre des expériences magnifiques et des moments d’inconforts qui sont difficiles a partagés. Apres avoir perdu tout contrôle de son corps, toute autonomie physique, être en tête a tête avec soi-même est un combat quotidien. Un mélange de peur et de joie. Mais tout compte fait, les complices qui m’accompagnent au quotidien, d’ici et d’ailleurs sont conscient et très présents. La sensibilité est la force d’une solidarité sans limites.

J’aimerais avec cette courte lettre envoyé un salut sincère aux ami-es et complices qui sont en fuge, ceux et celles qui restent séquestré-es dans les prisons du monde et également à ceux et celles qui se battent pour la liberté dans cette grande prison à ciel ouvert. J’ai quitté le monde carcéral mais chaque jours de nouvelles personne y rentrent, la répression ne fait que s’intensifier et apres cette expérience, je doit remercié la solidarité sans frontiere que nous avons recu en soulignant que le combat continue avec tous ceux et celles qui luttent pour leurs liberté.

Un cris de force rebel et sincere pour tous les âmes rebelles qui ont croisé mon chemin et qui m’ont touché par leur sensibilité et leur force.

Un salut special a Chivo, compañero, hermano, espero que estés bien a donde estés, siempre te tengo presente. Et aussi un abrazo por las compañeras de santa marta, las llevo en mi corazón.

en espagnol

Montreal, Canada : Solidarité avec les grévistes de la faim

Le 8 avril, une banderole disant “Solidarité avec les prisonniers en grève de la faim en Grèce. Que vive l’anarchie” a été accrochée et des tracts ont été distribués :

Solidarité depuis Montréal

Aujourd’hui, le 8 avril, nous rendons hommages aux prisonnier.e.s en grève de la faim dans les prisons grecques depuis le 2 mars 2015.

Dans le contexte actuel, le parti au pouvoir en Grèce depuis les élections de janvier 2015 est le parti de Gauche radical Syriza; un parti promouvant des idées anticapitalistes et antipatriarcales. Il semble évident qu’en réalité, le parti a pour rôle la récupération électorale de la rébellion sociale. Plusieurs prisonnier.e.s anarchistes, prisonnier.e.s politiques et prisonnier.e.s sociaux.ales en sont bien conscient.e.s et subissent quotidiennement les conséquences de cette comédie.

Une grève de la faim massive est engagée depuis plus d’un mois afin d’exiger entre autre l’abolition de plusieurs lois fascistes et des prisons de Type C. Plusieurs compagnon.e.s sont dans des états de santé critiques. Les évènements révèlent le vrai visage du parti de Gauche qui continue de réprimer les luttes.

Voici les revendications des prisonniers en lutte :

• Abolition de la loi antiterroriste 187A et de la loi contre les organisation illicites 187
• Abolition de la condition aggravante d’une action réalisée en se couvrant les caractéristiques faciales (« loi de la cagoule »)
• Abolition des prisons de sécurité maximale (type C)
• Abolition de l’ordre du parquet par lequel on impose la prise violente de traces ADN
• Que les expert.e.s biologistes de confiance de l’accusé.e aient accès et puissent analyser les traces ADN si l’accusé.e le désire
• Abolition de l’analyse de traces qui contiennent des mélanges de matériel génétique de plus de deux personnes
• La libération immédiate de Savvas Xiros pour qu’il puisse recevoir le traitement médical dont il a besoin.

Force et courage à tous les compagnon.e.s en prison et en fugue!
Pour la destruction de l’État, du Capitalisme et de toutes les prisons.
Vive l’anarchie!

Pour plus d’information :
contrainfo.espiv.net
hunger-strike.espivblogs.net
www.non-fides.fr

en anglais

Savona, Italie – L’ALF vandalise L’Institut Zooprophylactique Expérimental

Dans la nuit du 5 au 6 avril, nous avons rendu visite au siège du laboratoire IZS (Institut Zooprophylactique  Expérimental) à Savona. Après avoir bloqué le portail d’entrée pour empêcher les gardiens d’y accéder en auto, nous avons complètement abîmé la peinture de l’auto de service du laboratoire garée à l’arrière, recouvert les vitres et les phares de peinture, et laissé des tags IZS = MORT et ALF. Toutes les fenêtres du premier étage ont été recouvertes de peinture, tout comme la serrure d’entrée et le portail. D’autres tags ont été laissés su le bâtiment : liberté pour les animaux, stop vivisection, assassins.

A l’intérieur du laboratoire de l’IZS meurent chaque année dans l’agonie des milliers d’animaux, uniquement pour pouvoir en torturer et en tuer des millions d’autres dans les élevages intensifs voués à la production de viande, d’œufs et de produits laitiers. Il existe des centres IZS dans presque toutes les provinces italiennes, dont de nombreux sont facilement attaquables, et des actions comme celle-ci sont facilement reproduisibles.

Eteinds ton ordinateur, sors de chez toi et agis pour la libération animale cette nuit.

La résignation est complicité.

ALF

en espagnol

Chili : Attaque incendiaire contre une entreprise d’exploitation animale

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Jour après jour, minute après minute, le pouvoir se maintient et se reproduit dans les relations sociales de tous ceux qui acceptent cet ordre basé sur l’exercice de l’autorité, de la domination et de l’exploitation ainsi qu’en chacune des institutions, entreprises et machineries qui permettent leur développent normal, sans oublier jamais l’action volontaire des dignitaires du pouvoir et de leurs complices : patrons, politiciens, policiers et citoyens défenseurs du pouvoir et de la soumission, qui s’efforcent de faire en sorte que l’ordre établi se maintienne et fonctionne.

Lorsque l’on décide de se confronter à l’autorité sous toutes ses formes et expressions, la lutte pour la libération totale acquiert tout son sens car elle englobe les différentes scénarios à travers lesquels le pouvoir exécute sa domination. Notre lutte ne parcelle pas, elle intègre, ce qui fait que lutter pour la liberté totale implique de lutter également contre l’État, le capital, le spécisme, les hiérarchies, la spécialisation et les diverses expressions de l’autoritarisme.

Et malgré les efforts de le l’État chilien pour éliminer les idées et les pratiques de révolte, l’attaque directe des groupes d’action anarchiste continue.

Le matin du 7 avril, nous avons attaqué les bureaux administratifs de l’entreprise carnassière Ganadera Rio Bueno S.A., qui se dédie à l’enfermement et à la tuerie d’animaux dans leurs prisons fangeuses pour leur postérieure commercialisation en tant que marchandise pour la consommation humaine massive. Nous l’avons fait à l’aide d’un engin incendiaire pourvu d’un mécanisme de retardement qui a fonctionné sans problèmes, endommageant une partie de la façade du bâtiment.

Les raisons sont claires et il y en a plus qu’il n’en faut. Quand nous avons décidé de lutter pour la libération, nous avons assumé la lutte de façon intégrale et totale, sans hiérarchiser les espèces. Voilà pourquoi nous ne pouvons rester passif/ves face à la machine spéciste et assassine que représente cette entreprise, nous ne pouvons pas rester passif/ves face à l’enfermement, l’isolement et la mort de centaines d’animaux.

Notre lutte est antispéciste parce qu’elle est avant tout anti-autoritaire, elle est pour notre libération, celle de la terre et celle des animaux.

Les symboles et les structures du pouvoir se trouvent partout, la question est d’oser et de faire le pas vers l’offensive, en mettant en pratique nos idées et valeurs de libération, nos connaissances et notre ingéniosité en guerre.

Et si nous comprenons la lutte comme un acte multiforme et que nous ne hiérarchisons pas les moyens et les instruments que nous employons, nous faisons un appel à la multiplication des actions d’attaque directe. Nous le faisons humblement, mais aussi avec la certitude que la proposition anarchiste de l’attaque autonomes à travers des groupes d’affinités d’individus organisé-e-s de manière horizontale est possible, réelle et toujours en vigueur et nécessaire

Nous revendiquons également cette action comme partie de la proposition organisationnelle pour l’action de la Fédération Anarchiste Informelle – Front Révolutionnaire International (FAI-FRI), car nous partageons les objectifs qu’elle se donne : ATTAQUE ANARCHISTE AUTONOME, toujours en offensive et libre de hiérarchies et de spécialisations ; INTERNATIONALISME, puisque la praxis anti-autoritaire ne reconnaît pas de barrières, d’États ni de nations, en nous connectant avec d’autres volontés insurgées autour du monde ; et SOLIDARITE, parce que nous n’oublions pas nos compagnon-ne-s enfermé-e-s dans les prisons du pouvoir.

Nous inscrivons également cette action dans le Projet Phoenix, pour donner de nouvelles impulsions à l’action violente anti-autoritaire sur ce territoire dominé par l’État du Chili, comme forme d’affronter la répression et de démontrer que l’attaque anarchiste est toujours vivante et ne se rendra pas.

Actuellement, le pouvoir global tente d’assurer sa domination en faisant évoluer son mode d’opération de répression à travers une façon d’agir toujours plus totalitaire. Avec ses opérations répressives, le pouvoir s’en prend à des compagnon-ne-s anarchiques et révolutionnaires pour tout mettre sous la large et répandue idée de « terrorisme ». Ainsi, les entourages solidaires sont frappés pour punir le soutien aux prisonnier—es et isoler encore plus celles et ceux qui sont entre les grilles. Les dernières opérations répressives en Espagne, l’incarcération de parents de compagnon-ne-s de la Conspiration des Cellules de Feu en Grèce en sont un exemple, tout comme l’est la récente arrestation de Enrique Guzmán, ami solidaire du compagnon Juan Flores, que le pouvoir tente d’impliquer dans l’attentat contre une caserne de police. La cruauté médiatique se pose aussi comme une autre expression de la répression étatique, comme cela s’est vu dans le cas de Juan Pino et Natalia Collao, accusé-e-s d’avoir incendié un bus des transports publics, et qui ont aujourd’hui besoin de notre solidarité.

Force et solidarité avec les compagnon-ne-s de la Conspiration des Cellules de Feu en Grèce et à tou-te-s les prisonnier-e-s en lutte sur ce territoire.
Une étreinte à Nicola Gai, Alfredo Cospito et tou-te-s les anarchistes prisonnier-e-s en Italie.
Saluts complices à Mario et Carlos López, compagnons du Mexique aujourd’hui en clandestinité.
Solidarité avec Mónica Caballero, Francisco Solar et les anarchistes détenu-e-s en Espagne.
Santé éternelle au prisonnier Mumia Abu-Jamal, qui résiste en lutte aux USA.

Amour et solidarité en guerre avec Nataly Casanueva, Juan Flores, Guillermo Durán, Juan Aliste, Freddy Fuentevilla, Marcelo Villarroel, Carlos Gutierrez, Hans Niemeyer et Sol Vergara. Que l’appel à l’agitation du 10 au 20 avril soir fructifère en action multiforme !

LE JOUR EST VENU DE PASSER A L’OFFENSIVE
POUR EN FINIR AVEC LA PEUR ET LA COMODITE
MULTIPLIONS LES ATTAQUES CONTRE LE POUVOIR

Cellule Anarchiste d’Attaque Incendiaire « Feu et Conscience ».
Fédération Anarchiste Informelle – Front Révolutionnaire International – Chili.

Grèce : Attaque explosive contre le siège de Microsoft à Athènes

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Communiqué de revendication – Anarchie Combative

Un projet d’action pour une offensive internationale anarchiste.

« Détruisons l’oppression » : Second Acte.

L’Anarchie Combative assume la responsabilité de l’attaque contre le siège central de Microsoft en Grèce. Les compagnon-ne-s qui ont participé à l’action ont déposé l’engin explosif composé de bonbonnes de gaz et de poudre et ont quitté les lieux sans problèmes, ridiculisant une fois de plus les mesures de sécurité du bâtiment. Microsoft est un colosse multinational du complexe techno-industriel, une des entreprises les plus puissantes dans son domaine, et inextricablement liée au système politico-économique. L’attaque contre l’avant-garde de la domination capitaliste, la techno-science et ses tentacules assassins, signifie une attaque contre la mécanisation de la vie même. La guerre révolutionnaire est la base sur laquelle se fonde le conflit permanent avec l’existant, une poussée vers la libération totale de nos vies des chaînes de l’État, du Capital et de leur société, qui s’étend dans la ligne du continuum espace-temps tandis que les mutin-e-s se rebellent contre leurs répresseurs.
Le 2 mars, des prisonniers anarchistes et politiques ont commencé une grève de la faim, cherchant à combattre le cadre répressif de l’État, des services antiterroristes et des juges. En même temps, les membres en prison de la Conspiration des Cellules de Feu et l’anarchiste Angeliki Spyropoulou ont annoncé le début d’une grève de la faim jusqu’à la mort, exigeant la libération immédiate de leurs parents, qui avaient vindicativement été mis-es en prison préventive grâce aux machinations de la mafia policiaro-judiciaire. Aujourd’hui, de nombreux compagnons sont internés à l’hôpital dans un état critique, tandis que le compagnon de la CCF Michalis Nikolopoulos court le danger de subir des dommages irréparables, malgré le fait que la lutte de son organisation se soit conclue de manière victorieuse. Maintenant que les administrateurs « gauchistes » du Pouvoir ont jeté les masques de l’humanisme à la poubelle, la lutte anarchiste doit accélérer son offensive et obliger l’État à reculer.

La lutte de nos compagnon-ne-s prisonnier-e-s et les nouvelles données dans le champ social et politique suite à la prise du pouvoir par SYRIZA doivent être évaluées dans la direction de l’avancée révolutionnaire. Les expériences multiformes et l’effort collectif sont le point de focus de cette estimation qui pose les bases de la matérialisation de notre conspiration acrate contre le Pouvoir. A présent, c’est à nous qu’il revient de démontrer la nécessité stratégique de la guérilla urbaine anarchiste, en sabotant les engrenages de la machine sociale, en faisant sauter les murs de l’apathie et en libérant les volontés insurrectionnelles.

En tissant le fil entre la théorie, l’action et l’objectif, en continuant à conduire nos pas solitaires sur les chemins de la liberté, avec l’esprit toujours ancré à nos compagnon-ne-s enfermé-e-s dans les cellules de la démocratie. Nous avons à peine commencé. Planifions des sabotages, acculons l’ennemi, expérimentons des méthodes et des pratiques, organisons notre offensive généralisée contre le mur du Pouvoir. Notre action est la contribution à la proposition des compagnon-ne-s de la FAI/FRI de Tchéquie qui ont incendié une voiture de police et ont proposé l’idée de la création d’un projet international d’action sous le nom « Détruisons la répression », du type Projet Phoenix. Il s’agit de plus de notre apport aux journées de solidarité internationale avec les compagnon-ne-s en prison au Chili. Compagnon-ne-s, cette bombe était pour vous aussi !

Force à la compagnonne Angeliki Spyropoulou et au noyau de prison de la Conspiration qui, grâce à leur lutte sans trêve, verront bientôt de nouveau leurs êtres chers libérés. Bonne récupération compagnon-ne-s, votre détermination est une inspiration pour les esprits subversifs de nos temps. Par notre feu, nous envoyons notre affection aux anarchistes en grève de la faim du Réseau des Combattants Prisonniers et au membre de Lutte Révolutionnaire Nikos Maziotis, qui a mis fin à sa grève de la faim avant la publication de notre communiqué.

SOLIDARITE AVEC TOU-TE-S LES PRISONNIER-E-S ANARCHISTES !

SOLIDARITE AVEC TOUTES CELLES ET CEUX POURSUIVI-E-S PAR LA LOI !

ARMONS-NOUS, ORGANISONS-NOUS ET PASSONS A L’OFFENSIVE !

VIVE L’ANARCHIE COMBATIVE !

Anarchie Combative
Fédération Anarchiste Informelle / Front Révolutionnaire International

espagnol | portugais

Prisons chiliennes : Mots de Tamara Sol et Natalia Collado

[16 avril]

(Nous voudrions nous étendre plus, mais la possibilité de sortir cette note et de rendre notre action visible est limitée)

Aux personnes en affinité :

Au sein de la semaine d’agitation pour les prisonnier-e-s anti-autoritaires de tous les territoires, qui se mène ces jours-ci, et qui comporte une date pour demain pour un appel solidaire avec celles et ceux de longue peine. Natalia Collado et Tamara Sol Farías envoient tout leur amour, soutien et rébellion et décident de faire un jeûne au cours de toute la journée du vendredi 17 avril.

Nous envoyons spécialement toute notre force et notre affection à Nataly Casanova, qui est en grève de la faim pour mettre un terme à son régime carcéral d’isolement. Compañera, aucune prisonnière n’est seule !

Pour la libération totale, à bas le patriarcat et la société techno-industrielle !!

Solidarité avec tou-te-s les prisonnier-e-s anti-autoritaires !!

 grec | italien | anglais | serbo-croate

Recueil sur la lutte contre les prisons de type C en Grèce

Cliquez sur l’image pour télécharger la brochure en pdf.

«Si la nouvelle loi sur les prisons de type C est une nouvelle offensive dégueulasse de ce monde carcéral contre l’irréductible esprit de révolte qu’aucune loi ni répression ne pourra jamais étouffer, elle n’est pas plus que cela. Sur le modèle des Quartiers de Haute Sécurité en France ou du régime FIES en Espagne, elle n’est qu’une pierre ajoutée à l’édifice de la lutte des autorités contre les prisonniers de la guerre sociale. Tout particulièrement dans un contexte comme celui de la Grèce, où la lutte armée et la proposition de l’attaque diffuse, permanente et décentralisée, obtiennent l’appui d’un mouvement large et l’approbation tacite de plusieurs parties de la population. Il s’agit aussi pour l’État grec d’une partie de son offensive contre le mouvement révolutionnaire et la révolte diffuse qui l’agite depuis les débuts de leur « crise » et un certain mois de décembre 2008. Ce qui nous intéresse ici n’est donc pas l’énième loi scélérate du pouvoir, mais le souffle de rage qu’elle a provoqué, qu’elle provoque encore et qu’elle provoquera probablement jusqu’à la destruction de son idée même

Recueil de textes et communiqués a propos de la lutte contre les prisons de type C en Grèce – 68 pages – février-avril 2015.

Sommaire :

• Quelques chiffres p.3
• Carte des prisons grecques p.4
• Introduction p.5
• Quelques slogans entendus dans les rues de Grèce : p.13
• Contre les prisons de haute sécurité p.14
• Intervention dans la prison de Korydallos p.18
• Jusqu’à la destruction de la dernière prison… p.20
• Contre les prisons de type C p.22
• Communiqué des prisonniers de la taule de Koridallos p.25
• Première déclaration des détenus de type C p.26
• Deuxième déclaration des détenus de type C p.28
• Refus de remonter en cellule au bouclage à Koridallos p.29
• Troisième déclaration des détenus de type C p.30
• Grèves de la faim dans les prisons grecques p.31
• Déclaration de début de grève de la faim du DAK p.34
• Manif solidaire à Athènes p.39
• Déclaration du DAK p.40
• Les membres de la CCF mettent fin à leur grève de la faim p.43
• Appel international du DAK p.44
• Chronologie non exhaustive de luttes entre les murs p.47
• Chronologie récente à l’extérieur p.57
• Annexe : Pour en finir avec le Prisonnier Politique p.63

Ravage Editions
Éditeur anarchiste (livres & brochures) / ravage-editions@riseup.net

Montevideo, Uruguay : La lutte se déroule dans la rue, pas dans les urnes

Dire qu’ils apparaissent tous les cinq ans n’est pas un cliché. Les élections municipales s’approchent et les politiciens abordent dans leurs programmes un thème commun. Tous parlent d’un problème qui ne les avait jamais intéressés auparavant : le zoo Villa Dolores.

Mais qu’est-ce qui a bien pu changer ces derniers temps pour que tous soient tout d’un coup intéressés par des modifications ou la fermeture de ce zoo, et quels sont les intérêts qui les motivent ? La réponse est claire : la lutte qui est menée et la quantité de gens qui pensent que le zoo Villa Dolores doit fermer immédiatement. Ce n’est pas du tout un hasard qu’ils n’aient jamais mentionné le sujet des années durant, et que maintenant que nous nous trouvons au beau milieu d’un campagne pour le fermer, et qu’en plus viennent les élections municipales, tous aient quelque chose à en dire.

Parmi le spectre d’opportunistes qui profitent de la situation pour en tirer des bénéfices (votes), il y en a de toutes sortes, depuis ceux qui estiment que Villa Dolores doit être fermé jusqu’à ceux qui disent que le modèle actuel de zoo ne doit pas être conservé en proposant plus ou moins la même chose que ce que fait l’intendance : une prison d’animaux autochtones.

Tandis que ces personnages désespérés  pour leurs voix parcourent toute la presse en s’emplissant la bouche de ce qu’ils feraient ou ne feraient pas avec le zoo entre leurs mains, nous parcourons les rues pendant chaque marche avec nos pancartes et nos affiches avec les poings levés, décidés à freiner l’enfermement. Tandis qu’ils sortent répéter leurs slogans vides lors de leurs discours, nous mettons le sujet en discussion par l’information qui se distribue sur les places et dans les marchés. Tandis qu’ils remplissent la ville d’affiches et fresques avec un nom et un numéro qui ne dit rien, nous marquons la présence de la lutte par des peintures et des activités

Le moteur de cette campagne est la liberté, liberté qui ne sort d’aucune urne, seulement de nos actions, de celles que nous menons chaque jour, individuellement ou collectivement aux côtés de ceux qui participent à cette lutte. Pas ceux qui parlent d’elle pour obtenir quelque chose en échange, pas de ceux qui se battent pour le pouvoir.

Personne ne les appelle, mais ils apparaissent toujours. Égal à la trajectoire d’une comète vue depuis la planète Terre, ce phénomène se répète avec une exactitude mathématique, cinq ans dans le cas présent, espace dans lequel les politiciens s’accrochent partout où ils le peuvent pour obtenir quelques votes ; maintenant c’est la lutte pour la clôture du zoo, hier c’était la lutte contre la méga-mine Aratirí, et si l’on remonte en arrière, on ne finira jamais.

Tandis que e réformiste qu’est Álvaro Garcé se fait un peu de propagande à travers son plan ambitieux de faire quelques modifications au zoo, et pendant que les opportunistes Virginia Cardozo, Edgardo Novick et Daniel Martínez tentent de récolter quelques votes avec cette fable qu’ils fermeraient le zoo, la lutte ne s’arrête pas un seul instant.
Une comète passe et passe au loin, et c’est tout ce qu’il y a à attendre des élections municipales., qu’elles passent, car elles n’ont rien à voir avec la lutte.

Ni avec les réformistes, ni avec les opportunistes.
La lutte se déroule dans la rue, pas dans les urnes.

Les réformes ne nous arrêterons pas, nous fermerons Villa Dolores !

Coordination pour la clôture du zoo Villa Dolores
Montevideo, Avril 2015.

italien

Depuis quelques part dans le monde : Lettre du compagnon Carlos López « Chivo »

Compagnons, j’écris ces quelques lignes avec l’intention de vous faire connaître mon actuelle condition de vie, que j’ai décidé de mener depuis une perspective très particulière suite à la série de situations qui ont été suscitées dans le récent contexte de  la lutte individuelle et/ou sociale, et la répression contre celle-ci.

Il existe une longue liste de compagnons et de compagnonnes qui ont été harcelés et sur lesquels on a enquêté pour l’activité anarchiste de ces derniers temps dans le pays, plus spécifiquement dans le centre et le sud, en les plaçant sous filature pour observer leurs mouvements et les gens avec qui ils s’organisaient, en envoyant des connards de sales balances pour recueillir de l’information, en accusant les compagnons étrangers de financer les luttes, et un grand etc. ; y compris au moment de l’arrestation qui m’a conduit en prison avec mes compagnonnes d’affinité Amélie et Fallon, il a été tenté de lier beaucoup de gens du milieu libertaire/anarchiste pour les relier à notre cas (5E), retournant quelques maisons pour trouver « des preuves » (sans y parvenir) et ainsi avoir plus d’arguments pour monter un coup dur à l’intérieur du petit monde acrate.

Cela a conduit comme résultat à l’arrestation successive du compagnon « tripa » (et la persécution d’autres compagnons qui ont aussi dû s’éloigner), qui a heureusement pu compter avec la réaction opportune des compagnons du GASPA pour le tirer de là immédiatement parce que l’accusation n’était pas bien fournie et, après sa décision rapide de partir en cavale, il n’y avait pas grand chose à choisir puisqu’en l’accusant sur la base de ses antécédents « délictueux » et en y ajoutant qu’ils l’ont lié aux enquêtes sur le terrorisme, le sabotage et les autres conneries qu’ils voulaient nous coller, il ne lui restait pas beaucoup d’autres alternatives que la prise de cette décision.

Pour des évidences semblables et en ayant la faculté de choisir librement, j’ai décidé de prendre le chemin de la cavale pour plusieurs raisons, principalement pour ma propre sécurité et celle des autres compagnons, du fait de la ligne de suivis qui s’est amorcée à partir de cela. Je ne serai ni l premier ni le dernier à le faire, à prendre un chemin de vie qui comporte en partie le fait de me réapproprier ma propre vie, mais aussi un côté violent, frontal et réfractaire envers toute autorité, parce qu’il n’y a pas besoin d’être érudit pour se rendre compte que tu te retrouveras dans le viseur des enquêteurs et procureurs qui tentent de te relier/de t’impliquer dans n’importe quelle affaire d’action directe qui se génère sur le champ de bataille, et dans mon cas, sortir sous contrôle judiciaire et signature, il est certain qu’ils m’auraient à leur merci pour me reprendre quand cela leur chanterait, un plaisir que je ne pense pas leur offrir, en tout cas pas dans la mesure de mes possibilités.

En plus de n’avoir pas la moindre intention de collaborer avec ce putain de petit théâtre juridique qui continuerait après ma sortie de prison, j’avais depuis le premier instant de ma libération physique décidé de ne pas être la proie de leur chasse en restant contrôlé par le biais de la visite périodique au lieu où je devrais supposément me présenter pour y étaler ma signature pendant un an et demi de plus ; et j’ai décidé de ne pas me présenter le jour suivant devant les juges, pour casser cette chose que je comprends comme une ligne de suivi.

Cela ne veut pas dire que je m’éloigne de la lutte ou que je me repentisse de ce qu’il me faille vivre pour pouvoir la mener, au contraire, elle continuera d’être le principal facteur personnel à me pousser dans cette facette insurrectionnelle vers l’inconnu de la liberté ; depuis « dehors » on peut aussi continuer la quotidienneté de l’attaque permanente sous ses formes et contenus les plus larges, en cherchant à poursuivre mes projets depuis ailleurs mais avec les mêmes visions, en ayant clair le fait que ce n’est pas avec la prétention de mener ma lutte vers la clandestinité volontaire ni chercher une forme spécialisée ou supérieure d’attaque, sinon simplement savoir qu’il s’agit des conséquences que nous devons affronter et assumer du fait de transiter sur ces sentiers de conflit, de faire les choses pour ce en quoi nous croyons et comment nous le créons possible et nécessaire.

J’ai toujours su que s’opposer fermement aux formes de subordination et aux contenus idéologiques, que les techniciens du mensonge démocratique emploient pour maintenir leurs privilèges et l’état des choses, apporteraient avec soi des circonstances contraires à ce que toute personne « normale » souhaiterait pour sa vie, mais comme je ne veux pas être ce genre de personne normale et accepter d’être un esclave de plus, j’ai été heureux de faire les choses de cette façon, comme agirait n’importe quel irréductible qui chercherait de la vie depuis sa façon de comprendre les choses.

Du point de vue de la commodité, il serait pour moi bien mieux, après être sorti de prison et avoir marché dans la rue, de voir mes parents et mes amis et d’être aux côtés de ma fille bien aimée ; tout comme être aux côtés des compagnons, compagnonnes et affinités de diverses tendances pour continuer d’agir ensemble ; mais je comprends que tout ceci n’est pas un jeu et que la lutte doit être menée jusque dans ses dernières conséquences, il est nécessaire de lui donner le sérieux qu’elle requiert parce qu’il est parfois nécessaire de prendre des décisions qui peuvent s’avérer douloureuses du fait de la distance physique avec les êtres que l’on aime. C’est pour cela que je vois la cavale non pas comme la seule sortie, mais comme la plus proche de la vision que je me fais de la situation, j’ai jugé adéquat d’agir ainsi, entre autres choses, pour ce que j’ai déjà dit avant sur le fait de ne pas laisser de prise aux suivis et tentatives de me relier à de futurs actes violents similaires à ceux pour lesquels j’ai été fait prisonnier, et par eux relier d’autres compagnons et ceux que je pourrais croiser sur le chemin, parce que nous savons ce que vaut la loi et l’ordre pour l’État et ses serviteurs, mais bien sur, pas en terme de peur, sinon en partant du fait que prendre soin des nôtres est aussi un acte insurrectionnaliste.

Une partie de mon insurrection individuelle consiste en la rupture avec toute forme d’attache, et la partie prépondérante nécessaire est la destruction constante de toute relation personnelle/sociale qui émane de l’ennemi État/Capital haï et de toute autorité, contre lequel je continue de me déclarer en guerre permanente dans l’échelle de mes possibilités ; ces relations reflétées dans la société aliénée qui ne reproduit que ce qu’elle apprend dans ses instituts d’éducation et religieux, ses moyens d’informations et de production économique/technologique, tout comme les façons de se comporter dans différents aspects du quotidien qui ne mènent qu’à la domination et, de ce fat, mon besoin de ne pas participer au jeu juridique et à ne pas être un « bon citoyen » qui puisse démontrer que le châtiment imposé par les lois et leurs mentors fonctionnent. Que tout cela aille chier !

Voilà pourquoi je préférerai mourir en essayant plutôt que de chercher une quelconque concession, médiation, aide ou pacte avec l’ennemi même que je cherche à détruire, en comprenant que chaque personne a ses perspectives et ses façons de faire les choses, en respectant ce que chacun fait de ses luttes, et en soutenant celles avec lesquelles je ressens une affinité ou qui montrent au moins une certaine hostilité contre l’ennemi ; mais c’est mon choix, et je m’y tiens.

Sans rien dire de plus, une grande étreinte à qui pourra me lire, et en particulier à mes amitiés, compagnons et compagnonnes de lutte, aux membres de ma famille et à tous ceux qui se reconnaissent dans la lutte contre le pouvoir dans chacune de ses facettes. La lutte continue, en ne voyant pas la situation comme prémisse de la fin, sinon comme la simple continuité de la libre possibilité d’agir.

POUR LA LIBERTE DES PRISONNIERS ET PRISONNIERES DANS LE MONDE !

POUR LA SOLIDARITE AVEC LES COMPAGONS ENCAVALE, QUE LE VENT EFFACE LEURS EMPREINTES !

POUR LA DESTRUCTION DU POUVOIR SOUS TOUTES SES MANIFESTATIONS !

SOLIDARITE AVEC LES COMPAGNONS EN GREVE DE LA FAIM !

GUERRE SOCIALE DE TOUTES PARTS !

VIVE L’ANARCHIE

Carlos López “Chivo”
Depuis quelques part dans le monde
5 avril 2015

Parution de “De Mazas à Jérusalem” de Zo d’Axa

« Plus rien ne nous attache au passé, mais l’avenir ne se précise pas encore. Et forcément nous allons mal compris comme des étrangers. Et c’est ici et c’est là, c’est partout que nous sommes étrangers. »

En 1895 sortait à quelques mois d’intervalle à Bruxelles et Paris sous deux titres différents un même récit des pérégrinations de Zo d’Axa, notamment traqué par la police pour “provocation au meurtre” de magistrats suite à plusieurs articles parus dans L’Endehors, qui allaient le mener de Paris à Jérusalem, en passant par Londres, Rotterdam, l’Allemagne, Milan, Turin, Trieste, Patras, Constantinople et jusqu’à Jaffa en Palestine.

A l’occasion d’une coédition, Tumult (Bruxelles) & Mutines Séditions (Paris) viennent de réimprimer ce livre, complété d’une préface et d’une longue note biographique : Zo d’Axa, De Mazas à Jérusalem, mars 2015, 224 pages, 6 euros en distro et 8 euros en librairies (format 13×19).

Pour la Belgique, on peut d’ores et déjà le commander à la Bibliothèque Acrata – 32 rue de la Grande Ile – 1000 Bruxelles (ou sur http://tumult.noblogs.org).

Et pour la France à la Bibliothèque Libertad – 19, rue Burnouf – 75019 Paris (Chèque à l’ordre de : Ce)… avant de le retrouver dans les librairies habituelles. La liste est disponible sur leur site, http://mutineseditions.free.fr

*

Et pour vous donner une idée, voici un extrait de la préface :

La révolte de l’individu désorientait et désoriente encore aujourd’hui les révolutionnaires qui n’ont d’oreille que pour les masses qui traînent les pieds. Si on parcourt la grande majorité de la littérature anarchiste actuelle, on ressent toujours cette même gêne, cet embarras quand leurs auteurs parlent de la fin du 19e siècle. Attentats à la bombe, meurtres, violence… les « années folles de l’anarchie ». Ils se livrent alors à d’invraisemblables tours acrobatiques afin de minimiser ces déflagrations et de les faire passer comme de simples maladies infantiles de l’anarchisme. Pourtant, c’est peut-être bien le coeur même de l’anarchisme qui caractérisait cette époque : pensée et dynamite, idée et action, main dans la main. L’imagination et la créativité dans sa propre vie et son propre combat, la liberté qui déploie ses ailes, l’individu qui commence son voyage.

Comme les Argonautes, Zo d’Axa savait que la joie réside dans les aventures qu’offre le voyage – quelles qu’elles soient – et non pas dans la découverte finale de la Toison d’Or. « Un sûr moyen de cueillir la joie tout de suite : détruire passionnément », c’est comme cela qu’il chantait le plaisir de la révolte. S’il était un ennemi de l’Autorité, c’est parce que ce n’est que dans le combat contre cette dernière que le voyage individuel est possible. C’est pour cela qu’il refusait de faire miroiter des lendemains qui chantent aux yeux avides et tristes des exploités et des opprimés, qu’il passait au crible leur crédulité et leur docilité, et qu’avec plus de fougue encore, il les exhortait toujours et à tout moment à s’insurger.

Quand un enfant erre dans le noir, il commence souvent à chanter fort pour s’encourager. De la même façon, nombre d’aspirants-subversifs ont pris l’habitude de bâtir des constructions théoriques pour faire face à la panique qui les saisit d’un coup à la seule pensée d’une existence sans certitudes, y compris lorsque ces certitudes sont l’oppression et l’absence de signification. Zo d’Axa préférait volontiers ne pas se plonger dans toutes ces analyses socio-économiques tant appréciées par un certain type de propagande révolutionnaire avide de confirmations objectives, de propositions réalistes et de résultats mesurables.

Une hérésie donc, hérésie contre les certitudes, y compris celles des mouvements révolutionnaires.

La révolte contre l’Autorité commence par le choix de l’individu, un choix qui échappe à la catégorisation en « rationnel » ou « passionnel », un choix qui ne peut pas être reconduit à des « conditions objectives » ou à des programmes idéologiques. Zo d’Axa a vécu une époque où, malgré la répression sanglante et l’exploitation féroce, idée et action s’embrassaient intimement dans la vie de certains individus, où des histoires de voyages commençaient, parfois courtes, parfois longues, parfois tristes, parfois joyeuses, mais toujours intenses et intempestives. Au-delà des époques et des distances, de telles aventures sont encore à saisir aujourd’hui. Peu importe où tu te trouves, d’où tu viens, l’âge que tu as.

Nous vivons dans un monde où toute sensibilité est engloutie par la marchandise, où l’obéissance et la docilité éradiquent progressivement tout sens, toute imagination, où l’Autorité commet toutes les atrocités imaginables et transforme la planète en cimetière. Alors te voilà seul devant toi-même et ce désir de vivre qui jaillit malgré tout. A toi le choix, mais n’attends pas trop longtemps.

Prisons grecques : Nikos Maziotis suspend sa grève de la faim

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Le 5 avril 2015, l’anarchiste Nikos Maziotis a annoncé qu’il suspendait sa grève de la faim. Ci-dessous, une traduction partielle de son communiqué, par lequel il explique ses raisons et fait une première évaluation de cette lutte :

Après 35 jours de lutte, la grève de la faim que j’avais commencée avec d’autres compagnons le 2 mars a pris fin. Je ne prends pas cette décision parce que je suis arrivé à la limite de mes forces, mais parce que je crois qu’étant donné les dernières nouvelles en ce qui concerne le cadre des revendications, cette lutte a terminé son cycle et a épuisé son potentiel, en prenant également en considération les actions solidaires ayant été réalisées. J’ai choisi de suspendre maintenant la grève de la faim, avec la présentation du projet de loi, et je ne continuerai pas jusqu’à ce qu’il soit voté, ce qui aura lieu dans au moins dix jours, après les fêtes de Pâques, restant toutefois extrêmement attentif aux possibles modifications qui présenterait le ministère en ce qui concerne la loi de la cagoule ou le matériel génétique. Parce que le gouvernement a déjà montré à quel point il est peu fiable par rapport à la réalisation de ce qu’il annonce.

J’ai participé à la grève de la faim avec la main cassée, à cause des blessures que j’ai subies lors de mon arrestation, et sa rééducation demandera pas mal de temps, peut-être des mois, voire même plus d’un an. Les revendications que j’ai soutenues avec d’autres compagnons prisonniers ont des caractéristiques nettement politiques, parce qu’elles visent le noyau « antiterroriste » et répressif de l’État. Depuis le début, je ne me faisais aucune illusion sur le fait que toutes les revendications soient « réalistes » pour pouvoir être obtenues, comme l’abolition de la loi antiterroriste 187A et la loi sur les organisations illicites 187, mais elles devraient se poser pour des raisons politiques.

[…]

Je ne parlerai pas en termes de victoire ou de défaite. La lutte des prisonniers politiques, indépendamment de son résultat, a une grande valeur et une grande importance. C’est la première grève de la faim des prisonniers politiques, et comme je l’ai déjà dit en d’autres occasions, elle dépasse même le contexte revendicatif qu’elle a posé. Il s’agit de l’unique mobilisation politique combative qui s’est confrontée au gouvernement de SYRIZA. Cette lutte a dissipé les illusions par rapport au masque gauchiste du Pouvoir, la béquille gauchiste du capitalisme, l’administration gauchiste de la crise. C’est le grand legs politique qu’elle laisse à l’histoire et, en ce sens, nous en sommes définitivement sortis vainqueurs.

Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire
Prisons de Domokos

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