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Pour contribuer aux traductions, édition-correction et/ou apporter du matériel original à publier tel que des actualités depuis la rue, des compte-rendus d'actions, communiqués de revendication, des textes pour des compagnon-ne-s emprisonné-e-s ou poursuivi-e-s, des appels, des feuillets, des articles d'opinions, etc. : contrainfo(at)espiv.net

Contrer la totalité de la domination

Depuis des dizaines d’années le progrès technologique s’accélère fortement, amenant de nouvelles nuisances telles le nucléaire, les nanotechnologies et les organismes génétiquement modifiés, menaçant à présent la vie sur terre de diverses manières ; par l‘exploitation effrénée des « matières premières », les contaminations irréversibles par les éléments radioactifs, la pollution génétique et les conséquences des nanotechnologies. Surtout, toutes les technologies partagent le potentiel d‘expansion du contrôle sur le vivant, jusqu‘à la domination totale de la civilisation et de ses innombrables structures de pouvoir qui aliènent déjà quotidiennement nos relations.

La révolution industrielle amena à un accroissement de la spécialisation et de la centralisation. La technologie génétique représente un nouveau saut qualitatif dans le développement du contrôle sur l‘agriculture. Les brevets sur les semences de quelques grandes multinationales poussent l’agriculture dans une dépendance absolue. Avec la destruction de la biodiversité, tout approvisionnement autonome est rendu impossible. Ce qui empêche fondamentalement une perspective vers des communautés libres et décentralisées. Ce ne sont pas uniquement les multinationales et les états qui en portent la responsabilité mais également tous ceux et celles qui croient à leurs mensonges et ainsi soutiennent leur développement.

Un rôle central dans cette tendance destructrice est à attribuer aux scientifiques paré_es de leurs blouses blanches de la «neutralité». Caché_es derrière la notion de « recherche fondamentale » illes travaillent à la légitimation de la technologie génétique. Les détails de cette recherche ne nous intéressent pas, tant l‘intention des chercheur_euses nous paraît claire : afin de s‘assurer de l‘approbation de l‘opinion publique, on cache des intérêts économiques ainsi que l‘expansion du contrôle sur le vivant, sous le couvert de la sacro-sainte science.

La résistance contre ces nuisances n‘a pourtant pas pu être brisée par ces mensonges, c‘est donc la répression qui a pris la relève. Le nouveau Protected Site à Reckenholz (Zurich), où ont et auront lieu des essais en plein champ de cultures génétiquement modifiées, est surveillé 24h sur 24 par une entreprise de sécurité avec chien de garde, surveillance vidéo permanente et deux grillages massifs équipés de capteurs de mouvement, ce qui équivaut à une forteresse.

Controns l‘avancée vers la domination totale

Faisons sentir aux responsables qu‘ils_elles se trouvent en travers du chemin vers la libération de toute domination

quelques paysan_nes anarchistes

Institut de biologie végétale, université de Zurich

Le prof. Beat Keller de l‘institut de biologie végétale de l‘université de Zurich est l‘initiateur et le meneur des essais en plein champ de blés OGM. Les frais des recherches actuelles sont pris en charge par l‘université.

Agroscope

Agroscope est, en tant que gérant du Protected Site, responsable pour l‘aspect technique, sous la direction de Michael Winzeler. Les essais ont lieu sur leur terrain à Reckenholz (Affoltern, Zurich).

Bouygues Energies & services

L‘entreprise Bouygues surveille 24h sur 24 le Protected Site avec un garde et un chien. Le groupe Bouygues propose des services allant du nettoyage aux télécommunications en passant par la sécurité et est présent mondialement. En Suisse ils ont plus de 30 filiales.

Office fédéral de l‘environnement – OFEV

L’OFEV est responsable de l‘autorisation des essais en plein champ et co-responsable de l‘ensemencement des plantes génétiquement modifiées.

Solidarité d’Hambourg avec Monica Caballero et Francisco Solar

Un groupe d’anarchistes à Hambourg ont étendu une banderole en solidarité avec Monica et Francisco, emprisonné-es en Espagne. La banderole dit “Liberté pour Monica et Francisco. Démolissons les prisons”. C’est notre petite contribution avec la semaine de solidarité avec les prisonniers anarchistes.

Liberté pour Monica et Francisco, liberté pour tous les prisonniers anarchistes. Jusqu’à ce que tous soient libres !

Grèce : attaque explosive contre une succursale de la Banque du Pirée a Thessalonique

Lorsque l’ennemi semble puissant, qu’il utilise tous les moyens pour écraser toute forme d’opposition, alors les attaques à son encontre, contre ses symboles et ses infrastructures sont la seule voie. Où que nous portions notre regard, nous ne voyons que différentes formes du Pouvoir, du flic au juge, en passant par l’école, la banque, l’église ou la prison. Il s’agit d’institutions d’un système pourri qui nous rappellent chaque jour que nous ne sommes pas libres. Sa véritable valeur s’appréciera par sa destruction, et sa beauté se révèlera à travers ses cendres et ses ruines. Plus aucune concession ne tient encore dans le ici et maintenant, seules ont leur place la détermination et la lutte permanente.

Au sein de la guerre non déclarée qui est en cours, si les armes ne sont pas directement employées, c’est que d’autres méthodes sont employées pour frapper l’esprit et l’âme de tou-te-s les révolutionnaires irréductibles. Les nouvelles prisons de haute sécurité ont exactement cet objectif, à savoir leur annihilation. A leur tour, juges et procureurs distribuent vindicativement des longues peines. Ce rôle s’est encore vu confirmé par la procureur Olga Smyrli lors du procès du braquage de la banque ATE (actuellement Banque du Pirée) dans la localité de Pyrgetos, près de Larisa, offrant généreusement 16 ans de réclusion à Yannis Naxakis et Grigoris Sarafoudis, leur identité politique étant l’unique preuve nécessaire.

Que ceux-ci aient effectivement participé à ce braquage ou non, nous autres sommes à leurs côtés et leur dédions l’attaque contre la succursale de la Banque du Pirée qui a eu lieu au petit matin du mercredi 10 septembre 2014 dans la zone de Sykies, à Thessalonique. Cette action est une simple marque de solidarité, mais aussi un signal, qui dit que tout continue…

Que chacun-e lutte à sa manière, avec la dynamique et les moyens qui lui sont propres, jusqu’au bout, jusqu’à la libération totale.

FORCE A NIKOS MAZIOTIS ET POLA ROUPA
Un point levé pour tou-te-s les révolutionnaires

source / traduit de l’espagnol

Italie – Prisonnier-e-s NO Tav : Chiara, Claudio, Mattia et Niccolò revendiquent le sabotage du chantier de Chiomonte

Turin – 24 septembre 2014

En attente de plus amples informations, nous apprenons des compagnons présents lors de l’audience du procès contre Chiara Zenobi, Claudio Alberto, Mattia Zanotti et Niccolò Blasi que les quatre, très en forme, la tête haute et souriants, ont revendiqué leur participation au sabotage advenu en mai 2013 sur la chantier du TAV de Chiomonte. En prenant la parole, ils sont partis à l’assaut du château d’accusations et de théorèmes que l’investigation essaye de superposer à une réalité beaucoup plus simple, en rejetant la catégorie de « terrorisme » superposée aux techniques de résistance No TAV, libérant ainsi le champ du langage et de la sémantique de la répression et de la domination.

Sur Macerie, les voix de Mattia, Niccolò, Claudio et Chiara lisant leur déclaration au tribunal.

Vive la résistance No TAV !

Ci-dessous, les déclarations lues au procès :

Je connaissais la Maddalena et la Val Clarea avant que n’y soit implanté le chantier de la grande vitesse. J’ai marché dans ces bois, j’y ai dormi, j’y ai mangé, chanté et dansé. Dans ces lieux, j’ai vécu de précieux fragments de vie aux côtés d’amis qui ne sont plus là aujourd’hui, et que je porte dans le cœur.

Je suis retourné là-bas de nombreuses fois au cours des années.

De jour, de nuit, le matin comme le soir ; en été comme en hiver, en automne et au printemps. J’ai vu cet endroit changer à mesure que le temps passait, les arbres tomber, abattus pas dizaines pour faire de l’espace aux haies d’acier barbelé. J’ai vu le chantier grandir et une partie du bois disparaître, de nombreux phares surgir hors de terre et l’armée arriver pour surveiller un terrain lunaire et désolé, avec les mêmes engins qui patrouillent dans les montagnes afghanes.

Et ainsi, je suis retourné une fois de plus en Val Clarea, pendant cette désormais célèbre nuit de mai.

Beaucoup de choses, trop, ont été écrites et dites sur cette nuit et ce n’est pas à moi, et cela ne m’intéresse d’ailleurs pas, de dire comment ce geste se transcrit dans la grammaire du code pénal.

Ce que je peux dire, c’est que cette nuit-là, j’étais moi aussi présent.

Que je n’aie pas été là dans le but de provoquer la terreur chez d’autres, voire pire, n’importe quelle personne peut le comprendre, pour peu qu’elle soir dotée d’un minimum de bon sens et ayant une idée même lointaine de ce qu’est la nature de la lutte No TAV et du cadre d’éthiques qui se coordonnent à l’intérieur duquel cette même lutte exprime sa résistance depuis plus de vingt ans.

Que j’aie été là pour manifester une fois de plus ma radicale inimitié envers ce chantier et, si possible, en saboter le fonctionnement, je vous le dis moi-même.

Et si nous avons décidé aujourd’hui de prendre la parole avant que ce procès ne s’aventure dans la jungle des expertises et des contre-expertises vocales, c’est tout simplement pour affirmer une vérité simple : ces voix sont les nôtres.

Là-dessus, l’accusation a construit son histoire.

Une histoire selon laquelle des téléphones deviennent les preuves de l’existence d’une chaîne de commandos, voire même d’une planification paramilitaire, mais la vérité – comme cela arrive souvent – est beaucoup plus simple et moins grandiose.

Il existe une devise en Val Susa, qui est entrée depuis des années dans le bagage commun de la lutte NoTAV et en oriente en pratique les actions contre le chantier.

Cette devise est : « Si parte e si torna insieme » [On part ensemble, on revient ensemble]. Ce qui signifie que dans cette lutte, tout bouge ensemble. On part ensemble, et on revient ensemble.

Personne n’est abandonné sur la route. C’est à cela que servaient les téléphones cette nuit-là, c’est à cela que se sont prêtées nos voix.

Parler au lieu de ça de chefs, d’organigrammes, de commandos, de stratèges, signifie vouloir projeter sur cet évènement l’ombre d’un monde qui ne nous appartient pas et pervertir notre propre façon d’être et de concevoir l’agir en commun.

En ce qui me concerne, je laisse aux enthousiastes spéculateurs à grand vitesse le triste privilège de n’avoir aucun scrupule vis-à-vis de la vie des autres, et je leur abandonne aussi le culte de la guerre, du commando et du profit à tout prix.

Nous gardons près de nous les valeurs de la résistance, de la liberté, de l’amitié et du partage, et c’est à partir de ces valeurs que nous chercherons à porter de la force partout là où les conséquences de nos choix nous mèneront.

Mattia.

*

La nuit du 13 au 14 mai, j’ai pris part au sabotage du chantier de la Maddalena à Chiomonte. Voilà le voile levé sur le mystère.

Je ne suis pas surpris du fait que les enquêteurs, dans leur tentative de reconstruire les faits, utilisent des mots tels qu’« assaut, attentat terroriste, groupes paramilitaires, armes létales ». Qui est habitué à vivre et à défendre une société fortement hiérarchisée ne peut comprendre ce qu’il s’est passé ces dernières années en Val di Susa. Pour le décrire, il ne pourra que puiser dans sa culture empreinte de termes belliqueux. Il n’est pas dans mon intention de vous ennuyer avec les raisons pour lesquelles j’ai décidé de m’engager dans la lutte contre le TAV et sur ce que signifie la défense de cette vallée. Je veux simplement souligner que tout ce qui peut avoir un rapport avec la guerre ou les armées me répugne.

Je comprends l’effarement de l’opinion publique et de ses affabulateurs par rapport à la réapparition de cet illustre inconnu, le sabotage, après qu’ils se soient tant démenés pour l’enfouir sous des quintaux de mensonges.

La lutte contre la train à grand vitesse a le mérite d’avoir dépoussiéré cette pratique, d’avoir su choisir quand et comment l’employer, et d’être parvenue à distinguer le juste du légal.

C’est aussi à elle qu’incombe la grande responsabilité de maintenir la foi et les espoirs que de nombreux exploités mettent en elle, et de faire savourer de nouveau le goût savoureux de la libération.

Je me permets de retourner quelques accusations à l’envoyeur. Nous sommes accusés d’avoir agi dans le but de toucher des personnes, ou en tout cas d’être totalement insensibles à leur présence, comme si nous éprouvions un profond mépris envers la vie des autres. S’il y a bien quelqu’un qui démontre un tel mépris, ce sont les les militaires qui exportent la paix et la démocratie aux quatre coins du monde, les mêmes qui président le chantier de la Maddalena avec dévotion et professionnalisme. En ce qui concerne l’accusation de terrorisme, je n’ai pas l’intention de me défendre. La solidarité que nous avons reçue depuis le jour de notre arrestation jusqu’à celui d’aujourd’hui démonte suffisamment bien une incrimination aussi hardie. S’il y avait derrière cette opération la tentative, pas tellement dissimulée, de régler son compte à la lutte NoTAV une bonne fois pour toutes, je dirais que cette tentative a misérablement échoué.

Claudio.

*

Les motifs qui m’ont poussé en Val di Susa à prendre part à cette lutte sont nombreux ; les motifs qui m’ont poussé à rester et à continuer sur cette voie sont bien plus.

Il y a là-dedans un parcours de maturation collective, d’assemblées publiques et privées, de campements et occupations, de confrontations et d’affrontements. Là-dedans, ce qu’il y a, c’est la vie, celle de tous les jours, celle des aubes naissantes et des nuits blanches, de la gorge sèche sur les pentes rocheuses et des repas frugaux, des petits engagements et des grandes émotions.

A travers ce parcours, ceux qui luttent ont appris la précision du langage, à nommer les choses telles qu’elles sont, et non par l’emballage formel sous lesquelles elles se présentent, comme un chantier qui auparavant était un fortin et se transforme maintenant en forteresse. Des mots capables de restituer la portée émotive et l’impact de certains choix de l’adversaire sur nos propres vies, de qui a décider de s’embourber dans cette grande œuvre. Des mots dépoussiérés d’un lexique qui paraissait antique et qui se redécouvrent en fait dans toute leur puissance et leur simplicité par la description de nos propres actions.

Une finesse de langage dont je me rends compte qu’elle n’est pas si répandue que ça dans le monde qui m’entoure, lorsque je lis à propos d’improbables « commandos » qui, selon une certaine reconstruction, reprise entre autres par les journaux, auraient attaqué le chantier la nuit du 13 mai. Un mot ô combien malheureux, non seulement du fait de son appel à l’acte de commander mais aussi pour son allusion au mercenariat, inacceptable, par qui serait capable d’utiliser n’importe quel moyen afin d’atteindre ses fins.

Par qui lutte et a appris à canaliser avec intelligence jusqu’aux passions les plus fortes et impétueuses qui naissaient de tous les coups reçus lorsqu’un ami perdait un œil à cause d’un lacrymogène ou qu’un autre était en fin de vie.

En ce qui me concerne, la Val Clarea m’est amie depuis le moment où, en 2011, nous relancions la terre à mains nues dans les trous creusés par les pelleteuses pendant les agrandissements du chantier.

Je me souviens que d’entre les tentes de ce campement résonnait une chanson, parmi toutes celles qui avaient été inventées pour s’amuser et pour se donner de la force, sur l’air d’un vieux chant partisan. Le premier vers disait « Nous descendrons unis des bois de Giaglione ». Ces dernières années, ces mots ont de nombreuses fois été suivis, repris et relancés, et quelqu’un a décidé de le faire de nouveau cette nuit de mai, avec autant de conviction, et j’en faisais partie. L’une des voix derrière les téléphones est la mienne. Mais se focaliser sur une responsabilité personnelle pour en tisser plus ou moins les éloges n’est pas à même de restituer ce sentiment collectif qui a mûri dans les maisons de tant de familles, en vallée comme en ville, ou dans une discussion et un verre partagé dans un bar, sur les places et dans les rues, dans les moments conviviaux comme dans ceux les plus critiques. Un sentiment qui a su s’exprimer dans l’un des slogans les plus criés après nos arrestations et qui décrit bien ce à quoi appartient réellement ce geste : « dietro a quelle reti c’eravamo tutti » [derrière ces grilles, nous y étions tous]. Un slogan qui nous renvoie directement dans une assemblée populaire tenue à Bussoleno en mai 2013, lors de laquelle le mouvement dans son ensemble saluait et accueillait ce geste, en le nommant de son nom de sabotage.

Et si nous étions tous derrière ces grilles, un bout de chaque personne a su nous soutenir et nous donner de la force derrière ces barreaux. Pour cela, encore ici, quelles que soient les conséquences de nos actions, nous ne serons pas seuls à les affronter.

Niccolò.

*

Vous ne trouverez pas dans cette salle les mots pour raconter cette nuit de mai.

Vous utilisez la langue d’une société habituée aux armées, aux conquêtes, aux vexations.

Les attaques militaires et paramilitaires, la violence aveugle, les armes de guerre appartiennent aux États et à leurs émules.

Nous, nous avons lancé notre cœur au-delà de la résignation.

Nous avons jeté un grain de sable dans l’engrenage d’un progrès dont le seul effet est l’incessante destruction de la planète sur laquelle nous vivons.

J’étais présente cette nuit-là, et la voix féminine qui a été interceptée est la mienne.

J’ai traversé une partie de ma vie aux côtés de tous ces hommes et de toutes ces femmes qui, depuis plus de vingt ans, opposent un non sans appel à une idée qui dévaste le monde. J’en suis fière, et heureuse.

Chiara.

Traduit de l’italien depuis Informa-azione

[Grèce] Au sujet de la dernière cyber-attaque contre espiv.net

Bonjour à tous,

Au cours des 3 dernières semaines l’un de nos serveurs a fait les frais d’une cyber-attaque à grande échelle (DDoS). De multiples hôtes infectés provenant de différentes parties du monde ont participé à l’attaque, donc on ne peut pas vraiment savoir qui est derrière tout ça. Aucune donnée d’utilisateur n’a été compromise; toutefois, les assaillants ont causé la saturation du réseau. En conséquence, les blogs, sites web et forums hébergés sur espiv.net sont difficilement accessibles ou totalement indisponibles.

Malheureusement, il y a très peu de choses que nous pouvons faire pour atténuer ce type d’attaque. Néanmoins, nous étudions des solutions d’alternatives possibles afin d’améliorer l’accessibilité de nos services.

le collectif d’administration d’espiv.net

Santiago du Chili : Revendication des bombes de la station de métro Los Dominicos et du Subcentro de la station Escuela Militar

« La vie est si ennuyeuse qu’il n’y a rien d’autre à faire que de dépenser notre salaire dans l’achat d’une jupe ou d’une chemise. Frères et sœurs, quels sont vos désirs réels ? Être assis dans une cafétéria, le regard distant, vide, mélancolique, à boire un mauvais café ? Ou la faire sauter et y foutre le feu ? » (Angry Brigade)

Le 23 juillet, notre fraction de la Conspiration des cellules de feu (CCF) a décidé d’attaquer la station Los Dominicos du métro de Santiago. Cela a provoqué de grands remous politiques et médiatiques. Les bureaucrates et les médias ont coordonné leurs discours pour dire que l’attaque était dirigée contre les passagers qui transitaient à cette heure-là, et c’est pour cette raison que l’on a fait recours à la loi antiterroriste. Cette action a été planifiée, en prenant en compte les minutes lors desquelles il ne s’y trouve aucun passager : nous avons calculé le moment où le métro terminait sa course et que les voitures soient gardées. Le conducteur a déplacé le sac contenant l’explosif dans un autre wagon, sous un siège, comme il l’était quand il se trouvait encore à sa place initiale. Ce fait, les médias et les agents du gouvernement n’en ont pas parlé. Nous interprétons l’action du conducteur tout simplement comme celle d’un individu qui pense qu’il trouvera peut-être quelque objet de valeur dans le sac, mais qui s’est retrouvé nez-à-nez avec notre surprise, qui a fonctionné comme elle le devait.

Comme toujours, toute action tendant à l’attaque sera jugée et punie par le pouvoir économique des patrons ou des membres de la bourgeoisie, par les pouvoirs de l’État avec ses lois, juges, politiciens et ses flics. La principale fonction de l’État est la protection des intérêts des riches et des puissants, des profiteurs et des bénéficiaires de ce système d’exploitation et de domination. Chaque jour, le métro transporte des gens, engendrant des millions de bénéfices quotidiens. Ils nous déplacent dans la ville, qui consume notre énergie dans leur mode de vie, où l’exploitation du travail d’autrui constitue la norme. Nous avons attaqué directement et symboliquement les structures du pouvoir sur son propre terrain, dans la commune de Las Condes. La normalité par laquelle fonctionne la ville était l’objectif, et elle continuera de l’être.

En ce jour, 8 septembre, nous avons décidé d’attaquer le Subcentro, une partie de la station de métro École Militaire. Un centre commercial de la bourgeoisie, situé dans la commune de Las Condes, où les patrons font tout ce qu’ils veulent pour s’en mettre plein les poches et commercialiser leurs marchandises qui renferment les personnes dans l’abrutissement du spectacle et de l’apparence. La société qui avance dans cette direction est celle que nous attaquons. La société de domination qui répand de la boue sur toutes les expressions de la vie. Sachez que nous avons appelé le 133 [numéro des secours] plus de 10 minutes avant la détonation, espérant que la police réagisse en évacuant les lieux, mais ils n’en ont rien fait, laissant l’explosion se produire et blesser plusieurs personnes, ce que nous regrettons profondément. Nous voulons laisser pour clair que notre objectif n’était pas de toucher les usagers et/ou les travailleurs, sinon les structures, propriétés et sbires du pouvoir. Leur incompétence et leur inaction a contribué aux dommages causés aux personnes touchées. Les grands assassins et terroristes ont toujours été les appareils répressifs de l’État.

Nous nous lions fraternellement à tou-te-s les compagnons qui affrontent la réalité de la domination partout dans le monde, et qui utilisent tous les moyens à leur portée pour attaquer le pouvoir.

Nous saluons tou-te-s celles et ceux qui endurent des peines dans les prisons du monde. Marcelo Villarroel, Freddy Fuentevilla, Carlos Gutiérrez, Juan Aliste Vega, Hans Niemeyer, Tamara Sol Farías, Mónica Caballero, Francisco Solar, Marco Camenisch, Gabriel Pombo da Silva, Alfredo Cospito, Nicola Gai, à tous nos frères de la CCF autour du monde, Giorgos Polidoros, Haris Hadjimihelakis, Christos Tsakalos, Gerasimos Tsakalos, Panagiotis Argirou, Michalis Nikolopoulos, Giorgos Nikolopoulos, Olga Ekonomidou, Damianos Bolano, Theofilos Mavropoulos. Un souvenir à ceux qui sont tombés dans la guerre sociale, Mauricio Morales, Sebastián Oversluij, à tou-te-s celles et ceux qui ont osé agir… Personne ne s’oublie.

Nous appelons tou-te-s les insurgé-e-s à passer à l’offensive et à attaquer le pouvoir sous toutes ses formes de domination

Conspiration des cellules de feu (Chili)

traduit de l’espagnol

Besançon : Face à J-C Decaux et ses sbires… la meilleure solidarité, c’est l’attaque !

Cliquez sur l’image pour lire et diffuser le tract.

Serbie : action de solidarité avec les prisonniers anarchistes

Comme acte de solidarité avec les prisonniers anarchistes, un groupe informel d’anarchistes a suspendu une banderole qui dit : “contre le système de domination et de soumission. Contre les prisons et la société qui emprisonne”. La banderole a été accrochée à un pont d’autoroute sous lequel les prisonniers sont fréquemment transférés, qui est situé à proximité de la Prison Centrale à Belgrade.

En serbo-croate et en anglais

Chili : en réponse à l’appel international pour les prisonniers anarchistes dans le monde

“Semaine internationale de solidarité avec les compagnon-nes emprisonné-es. Nous sortons de façon décisive et sans crainte de nous amuser en rompant avec leur dogme de tranquillité et de légalité. Avec en mémoire la rébellion de José Huenante, jeune assassiné par la démocratie.* Flics, gendarmes, gardiens et chaque autorité brûleront avec notre joie chaleureuse. Propageons la révolte.”

Dans la nuit définie
Le crépuscule de la routine
des particules infinies conspirent dans l’ombre asociable.
Dans les spectres de rien
des désirs ont gémi
la rage a hurlé
les oubliés ont crié
les échos perdus ont rugi.

Dans le délabrement d’une citadelle de pouvoir
des machines frénétiques, essaim d’esclaves,
des poudres de maquillage et des dispositifs de contrôle.
Des schizos rebelles, barbares !
Nous nions l’existence quotidienne: prisons,
écoles, familles, maisons de fous, asiles, psychiatres
et chaque négation de l’individu.

Nous ouvrons les ailes pour sortir des crevasses et des grottes,
pour scinder le feu dans chaque ruelle,
du périmètre de sécurité et du lieu de la domination.

Qu’ils sachent que nous débordons dans toutes les directions,
vers tous les points.
Nous sommes de particules infinies à la recherche de l’explosion.

Une petite contribution depuis le territoire appelé Chili, de la région del maule Talca.

Groupe Affin chiens, chats et grenouilles

L’action a eu lieu le mercredi 27 août; un barrage routier dans l’une des artères de la ville, à huit heures du soir.

* Mapuche de 16 ans, qui a ‘disparu’ tout en étant maintenu en garde à vue à Puerto Montt au sud du Chili.

Berlin : “Attaque” du bureau de recensement des étrangers à Moabit

"le racisme tue"

“le racisme tue”

Nous, un petit groupe de jeunes, avons cassé les vitres de votre lieu de travail cette nuit [Samedi 30 août 2014] et avons pulvérisé des slogans sur tes murs.

Nous savons que ce ne sont pas tes vitres et tes murs, ce sont les vitres de ton employeur, les vitres de ton État qui te paye de sorte que tu peux payer les murs de ton appartement pour voir depuis les fenêtres une ville dans laquelle les réfugiés ne doivent pas rester, même s’ils montent sur le toit et qu’ils sont sur le point de sauter pour leurs droits humains. Même si ton Etat ​​avec l’aide de la police leur coupent l’eau et l’électricité [Auberge de la Gurtelstrasse], afin qu’ils parviennent aux limites de leurs propres corps. Ces corps, qui sont capturés dans les paragraphes qui inventent la politique guerrière et les fichiers que TU traites et les commandes que la police exécute. Ces corps qu’on nomme sans-abri, sans-patrie et illégaux, sans voir les personnes derrière. Nous sommes tous ensemble dans ce bateau, qui peut être appelée soit inhumanité ou humanité. Ne cache pas ton coeur dans les murs de ton bureau, et ne regarde pas avec anxiété par la fenêtre, ouvre les portes de ton État pour les réfugiés, parce que TU les as enfermés. chaque petit engrenage de ce système “d’asile” tue les gens, et personne ne peut-devrait dire ensuite qu’il ne savait pas ce qu’il faisait. Un être humain pense, donc penses et agis, que tu es aussi un être humain, et pas seulement un engrenage terne.

[Tract] Du centre de rétention de Vincennes à Ferguson, Pouvoir assassin !

Source : Sans Papiers Ni Frontières

Chypre : manifestation de réfugiés sur le toit du centre de rétention de Mennogeia

Après les incidents consécutifs au suicide et à l’auto-mutilation de détenus dans les prisons de Chypre, cinq détenus d’origine iranienne et un autre d’Afghanistan enfermés dans le centre de rétention de Mennogeia à Larnaca, ont organisé une manifestation sur le toit du bâtiment de la prison dans la matinée du 25 août 2014 pour exiger la fin de leur détention. A Chypre, comme ailleurs, les demandeurs d’asile et autres migrants sont détenus pendant des mois. Les manifestants migrants ont informé les solidaires à l’extérieur qu’il y a des personnes sans condamnation pénale qui ont été dans le même enfer pendant 4-5 ans.

Un groupe de personnes solidaires a organisé un rassemblement à proximité du centre de rétention, en criant “Liberté” et des slogans tels que “La passion pour la liberté est plus forte que toutes les cellules de prison”.

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Après être restés 48 heures sur le toit du centre de rétention et avoir négocié avec les autorités, les migrants protestataires ont été libérés sous condition.

Sans Patrie distro anarchiste & internationaliste: Recueil de textes de compagnons incarcérés au Mexique

Recueil de textes de compagnons incarcérés au Mexique (janvier 2012/août 2014), ed. Sans Patrie, août 2014 (64 p., A5).

Cliquez sur l’image pour lire/imprimer la brochure au format PDF.

Pour toute demande, écrire à : toujourssanspatrie (at) riseup.net

[Bruxelles] Sortie du n° 4 de Salto – subversion & anarchie

Sommaire du n° 4 – août 2014

Pensée et dynamite

Marge de manœuvre – A propos de l’urbanisme

Urbanisme et ordre

Syncopes

Notes sur la démocratie

Parlons d’attaque

La guerre ou la guerre

Hors-jeu international et jeu internationaliste

2014-18 – Le passé et le futur vs. le présent

Le bandit et le géographe

Spectacle

Pour régler les comptes

Omission volontaire – A propos de l’anonymat et Salto

Correspondance

Adrénaline et oxygène

L’œuvre des maîtres

Annexe

Nuits blanches et ciels étoilés

Annexe à un débat avorté sur l’anonymat et l’attaque

Les textes des numéros précédents sont disponibles sur le site salto.noblogs.org. Pour commander des numéros, il suffit d’envoyer un mot à salto (at) riseup.net.

État espagnol : Mise à jour sur la situation de Gabriel Pombo Da Silva

Le mercredi 6 août 2014, le compagnon Gabriel Pombo Da Silva est finalement sorti de l’isolement (il y avait été placé à A Lama le 17 juin) pour être transféré à la prison de Topas (Salamanque). Il y est arrivé le vendredi 8 août et se trouve à présent en cellule individuelle.

Cependant, dès son arrivée il s’est vu notifier à nouveau le contrôle de toutes les communications (écrites, téléphoniques et les parloirs) et l’administration pénitentiaire dispose en outre de tout un arsenal de mesures et vexations pour punir et se venger de celles et ceux qui, comme Gabriel, Francisco, Mónica et bien d’autres encore, refusent de baisser la tête et de se soumettre. Citons entre autres les tentatives répétées de briser les relations du compagnon aussi bien avec l’extérieur qu’à l’intérieur, en rendant difficiles –et pour certains impossibles- les contacts ou en le séparant de ces amitiés par un transfert de bâtiment, comme cela vient de se produire, trois jours seulement après son arrivée à Topas.

Ces sales petits jeux caractéristiques du Pouvoir et de l’Autorité n’ont rien de surprenant, ils font même partie de l’abominable routine carcérale et du chantage à la « bonne conduite », par la carotte et le bâton.

C’est précisément parce que nous savons cela et que nous ne sommes pas prêts à l’accepter que nous continuerons à suivre de près la situation des compagnons, et surtout à nous battre contre cette machine à broyer.

Des deux côtés du mur, détruisons ce qui nous détruit !

Pour la Liberté,
Des anarchistes
Le 14 Août 2014

Pour écrire au compagnon :

Gabriel Pombo Da Silva
Centro Penitenciario de Topas – Salamanca
Ctra. N-630, km. 314
37799 Topas (Salamanca)
Espagne

[Il semble qu’à Topas les publications avec ISBN puissent entrer.]

France : Sortie du n°18 de Lucioles

Lucioles n°18 – Août 2014. Cliquer sur l’image pour lire le bulletin en PDF.

Chili : devant les menaces du pouvoir

ni

Devant les menaces du pouvoir. Contre le silence et l’immobilisme :
!!! Propageons la révolte par la libération totale avec toute forme de lutte, contre toute type d’autorité !!!

Dans les dernières semaines, nous avons vu comment à travers de la presse des puissants une nouvelle offensive médiatique/répressive a été lancée contre le milieu anarchiste/anti-autoritaire. Avec l’idée d’attraper les responsables d’attaques incendiaires et explosives qui se sont produites de 2011 jusqu’à cette date, des “coupables présumés” se configurent de nouveau à travers des pages de journaux et des écrans de télévision afin de valider de futurs coups répressifs devant “l’opinion publique”, en glissant des identités possibles, des accusations et des pistes d’enquêtes.

C’est un contexte qui n’est pas nouveau pour la continuité des stratégies que le pouvoir développe à travers l’histoire afin d’écraser toute expression de lutte radicale et révolutionnaire. De plus, nous avons le cas récent de ce qui s’est passé en 2010 avec la campagne médiatique qui a ouvert la voie à la répression du 14 août de cette année, l’opération «Salamandre» par l’ancien procureur Peña, dans laquelle plus d’une douzaine de domiciles ont été perquisitionnées, des centres sociaux et des maisons squattées et l’arrestation de 14 compas et d’autres personnes pour les accusations de la dénommée «Caso Bombas”, qui, après avoir passé près d’un an en prison, ont fini par être acquitté-es pour manque de preuves

Aujourd’hui, l’ennemi recommence à renforcer son déploiement communicatif et répressif pour donner des signaux de gouvernabilité et de contrôle devant l’augmentation croissante du nombre d’actions explosives et incendiaires revendiqués par des anarchistes et d’autres groupes sans revendication attribuées par le pouvoir à des groupes du même type. Le pouvoir a maintenant défini un scénario qui favorise la psychose collective pour les attentats à la bombe tandis que, dans le même temps, les médias déploient les anciennes et nouvelles thèses de la police sur l’identité des auteurs de ces attaques, la nécessité sociale d’arrêter. Ce déploiement de communication et de son homologue répressif, avec des réunions entre les hauts responsables des services de renseignement, de l’exécutif, du ministère public et de la police, ont eu comme point de repère la vague d’attentats qui ont eu lieu pendant les mois de mai et de juin 2014 (revendiqués par des anarchistes), et plus récemment la bombe qui a explosé à la mi-juillet contre ​​un véhicule du métro durant les heures de service ouvertes aux passagers (qui n’a pas été revendiqué), entre autres. 

Mais au-delà de ce dispositif d’urgence récent, le pouvoir et ses appareils de renseignements ont réactivé ses communications offensives suite à l’arrestation en Espagne des compagnon-nes Monica Caballero et Francisco Solar en novembre 2013, accusé d’attentats à la bombe contre des églises. Puis il a continué la diffusion des thèses et des suppositions policières dans la presse après la mort dans l’action du compagnon Sebastian Oversluij en décembre 2013 au milieu d’une expropriation de banque, alors même chose se produit après l’arrestation de la compagnonne Tamara Sol, qui a tiré sur un vigile d’une banque en janvier 2014, et avec tout ce qui entoure le procès et la condamnation des accusés dans le “Caso Security”

Qu’est-ce que cherche l’ennemi aujourd’hui? Simple, il suffit de regarder de près la presse officielle dans son rôle de porte-parole dans le domaine. Ce que cherche le pouvoir, c’est l’idée que, derrière les dernières attaques, ce sont principalement les compagnons sous enquêtes et accusés du “Caso Bombas” qui ont joué un rôle actif dans la solidarité avec les prisonniers de la guerre sociale. L’ennemi cherche à valider l’idée que la solidarité révolutionnaire revient à placer des engins explosifs et que la lutte anarchiste est uniquement soutenue avec des bombes, parce que tout sujet actif dans cette lutte peut être la cible de persécution. Pour ce faire, les représentants du domaine seront également tenter de modifier la loi anti-terroriste pour renforcer sa capacité répressive avec des agents d’infiltration et d’autres techniques propres à l’action policière contre le trafic de drogue.

Cependant, comme cela a déjà été dit, l’expérience révolutionnaire à travers l’histoire montre que de telles tactiques font partie de l’arsenal varié avec laquelle les agents du domaine tentent de neutraliser et d’anéantir les mouvements et milieux de lutte qui propagent la rébellion contre le système de domination, empêchant ainsi l’extension du conflit contre le pouvoir vers d’autres acteurs de la lutte et la propagation des idées et pratiques de liberté à d’autres secteurs de la société.

Cependant, ce qui est recherché à moyen terme est l’emprisonnement de compagnon-nes et attaquer un milieu de combat collectif.

Compte tenu de cela, notre position n’est pas la victimisation ou la tentative de nettoyer l’image de l’offensive anti-autoritaire ou de  l’idéologie “anarchiste”, mais aussi permettre que l’immobilité et le silence laissent place aux projets de ceux qui souhaitent faire de la société un cimetière de l’obéissance, de la résignation et de la lâcheté.

Nous appelons les compagnon-es anti-autoritaires à assumer ce contexte dans une perspective collective, de donner la priorité à la solidarité avec nos compagnon-nes visé-es par la presse et de défendre nos positions à combattre par tous les moyens à notre disposition face au pas en avant du pouvoir. La lutte anti-autoritaire ne hiérarchise pas entre les compagnon-nes ou les moyens de lutte, dont chaque geste, aussi petits qu’ils puissent paraître, peuvent apporter pour lutter contre le cercle que tente d’imposer le pouvoir si nous voulons répandre des idées, des valeurs et des pratiques anti-autoritaires qui identifient clairement l’ennemi.

Que le fait d’être au courant des avancées du pouvoir ne peut pas être une raison de tomber dans la paranoïa, l’immobilité et dans l’auto-silence des idées. N’attendons pas que ce soit les autres qui agissent et aillent de l’avant concernant les aspects d’auto-organisation de notre lutte, la propagande et l’action multiforme, avec des discussions et des débats qui renforcent l’affinité, avec des liens qui permettent de rendre plus fort la camaraderie et de la solidarité pour faire face à d’éventuelles coups répressifs, la lutte ne s’arrête pas une minute. Tirons les leçons de nos erreurs passées, comme l’ennemi apprend des siennes.

Parce que la guerre contre le pouvoir, aiguisée aujourd’hui, les luttes et rébellions continues qui nous unit avec tant de compagnon-nes anarchistes et révolutionnaires dans l’histoire et le présent, dans ce pays et dans d’autres plus lointains, nous appellent à l’action devant l’attaque contre nos idées et compagnon-nes en lutte, en combattant contre l’atomisation et souhaite s’extirper du contexte actuel.

Que le silence et la commodité quotidienne ne laissent pas la voie ouverte à la répression. 

Montrons aujourd’hui que nous sommes vraiment en lutte.

Propageons l’offensive anti-autoritaire contre le pouvoir et tout type d’autorité !

Quelques anarchistes qui ne se rendront pas. 
Août 2014, Chili.

Allemagne : un véhicule de la société de sécurité Bosch incendié à Francfort

Dans la nuit de lundi 4 août 2014, nous avons mené une attaque incendiaire contre une voiture de la société de systèmes de sécurité Bosch. D’une part, l’expansion de l’architecture de sécurité garantit aux autorités le calme trompeur, et d’autre part de gagner beaucoup d’argent avec la peur. Et la société Bosch est complètement là-dedans. Typiquement, nous aimerions donner plus d’exemples pour cela: pour cette raison, qui est l’extension de la sécurité du métro à Sao Paulo (Brésil), d’autres ont attaqué la même cible à Berlin.

Ici aussi il y a déjà eu des actions à propos du fonctionnement d’une caméra au carrefour Connewitz.

Avec notre action, nous aimerions exprimer notre solidarité avec la lutte des prisonniers en Grèce contre la torture et les conditions carcérales. Beaucoup de force aux combattants,  là-bas comme ici.

Liberté et bonheur pour Bernhard Heidebreder au Venezuela, Nikos Maziotis en Grèce et tous les autres.

Avec cela, nous allons à l’offensive et vous impliquons dans les manifestations anti-capitalistes à venir, que ce soit ici ou ailleurs: Destroika!

Grèce : véhicule d’un néonazi incendié à Veria

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Nous allons écraser toute expression de fascisme 

Au cours de ces derniers temps ont été réalisés dans la ville de Veria, au nord de la Grèce, deux attaques frustrées avec des bouteilles de gaz contre l’espace “La Rage”, de la part des fascistes du Mouvement patriotique d’Emacia. Les attaques des fascistes, qui sont pratiquement inexistantes dans le contexte local, avaient pour but d’intimider ceux qui luttent, en plus de tester leurs limites, et avec l’espérance qu’ils puissent quitter peu à peu leurs trous à rats pour atteindre les rues de notre ville. 

Antifascisme combatif par tous les moyens 

Par ailleurs, nous ne sommes pas disposés à permettre que tout ce qui a été gagné pendant des années change. Nous sommes fiers qu’il ne se soit jamais développé de groupes fascistes dans notre ville, qu’il n’y ait jamais eu d’ouverture de bureaux fascistes et qu’à chaque fois qu’ils cherchaient à apparaître en public, ils ont dû appeler des renforts d’autres régions. C’est quelque chose qui a été réalisé grâce à des actions de combat multiformes chaque fois que les fascistes pensaient qu’ils pourraient lever la tête. 

Comme mentionné précédemment, nous avons décidé de réagir. A l’aube du mercredi 30 juillet 2014, nous avons incendié le véhicule de Vafeidis Stefanos, le pote de Georgios Theodorou, président du Mouvement patriotique d’Emacias, qui a réalisé les attaques de l’espace “La Rage”. 

Fascistes, vous avez fait une gaffe et maintenant il n’y a pas de pardon … 

anti-fascisme combatif – Lutte combative anti-étatique

PS: Pour ceux qui ont rédigé le communiqué de l’aube dorée, où il est stipulé qu’ils sont vaillants et qu’ils ne faibliront face aux attaques: demandez à vos anciens «camarades» qui ont quitté l’aube dorée quand ils ont vu les conséquences. 

Tout continue …

[Bienvenue en Grèce] Affiche de l’assemblée No Lager vue dans les rues d’Athènes

welcome

Bienvenue en Grèce

La mort non-accidentelle d’un immigré

Mardi 22 juillet, Ahmad Mohamed Farogh, d’origine pakistanaise, détenu dans le camp de rétention d’Amygdaleza, souffrant d’une maladie cardiaque, a demandé à plusieurs reprises aux gardiens une attention médicale. Il lui a été donné des cachets non adaptés, et une ambulance a été appelée; l’ambulance n’est jamais venue et au lieu de cela, un véhicule de police a été utilisé pour amener l’homme à l’hôpital. Il est mort en chemin.

E.H d’Afghanistan, a tenté de s’évader du camp de rétention d’Amygdaleza; il a réussi, les gardiens ont remarqué ça, l’ont localisé et l’ont attrapé. Ils l’ont frappé brutalement durant l’arrestation, et de nouveau dans le camp devant les autres retenus. Il est resté ensanglanté pendant des heures à Amygdaleza; Il a alors été transféré à l’hôpital et finalement dans un autre camp de rétention, avec bras et jambes cassés. La même soirée un autre migrant a essayé de s’échapper, a échoué et depuis son sort est inconnu.

Dans les camps de concentrations contemporains les migrants sont prisonniers d’une guerre qui a lieu au quotidien, et le flic décide de leurs vies et morts; des morts qui sont pour la plupart du temps jamais divulguées ou elles sont présentées d’une telle façon qu’elles semblent naturelles et évidentes. Aussi évidente doit être la punition de ceux qui tentent de s’échapper, ceux qui défient la violence quotidienne qu’ils vivent, ceux qui remettent en question leur enfermement. Hormis le fait d’être évidente, ça doit être exemplaire et rude.

Toutes ces choses ne se déroulent pas seulement dans l’obscurité du camp de rétention. Elles se passent au grand jour dans les rues de la métropole. Ici, où les pogroms racistes se passent quotidiennement, menant des dizaines de migrants vers les “paradis de l’hospitalité grecque” – à savoir, le camp de rétention d’Amygdaleza ou les directions d’Aliens d’Attique (P.Ralli)-  pour une détention sans condition et indéfini.

“La Grèce est vraiment un pays très hospitalier”
-Vas.Kikilias, au nouveau centre de rétention à Moria, sur l’île de Lesbos.

Au milieu d’une saison touristique fructueuse, le ministère de l’ordre public, Vassilis Kikilias, a dit que le gouvernement grec mène “un travail humanitaire, soutenu par les scientifiques, docteurs et psychologues” à Moria. On se demande si Ahmad Farogh – comme n’importe quel autre migrant retenu – aurait du être transféré à Moria, expérimenter là-bas, d’une manière scientifique, les politiques mortelles du lager moderne.

Assemblée No Lager, Athènes, 29 juillet 2014

Contre les centres de rétention pour migrants 

Force et solidarité avec les luttes quotidiennes des migrants retenus !

nolager.espiv.net

L’affiche original en anglais

Athènes, Grèce: communiqué du squat Kouvelou suite à l’attaque fasciste ce 1er août 2014

Maroussi, banlieue nord d’Athènes 1er Août, 2014 – 22h50 (heure locale)

Aujourd’hui, le 1er août, une centaine de membres de l’Aube Dorée ont attaqué notre squat, la Epavli Kouvelou, avec la tolérance de la police grecque.

Ce n’était pas un accident aléatoire, mais plutôt ce qui s’est passé au cours de leur mantif motorisée prévue qui a commencé à partir de leurs bureaux maintenant fermés à Neo Irakleio, et qui se sont dirigés vers leurs nouveaux bureaux à Maroussi. Trente compagnon-nes étaient à l’intérieur du squat lors de l’attaque. Bien que nous étions en infériorité numérique, nous avons repoussé avec succès cette attaque prolongée organisée (les néo-nazis agitaient desz manches et des couteaux, de matraques télescopiques, des boucliers de fortune, etc.) De nombreuses forces de police (escadrons anti-émeutes de la MAT, et unités de moto DELTA) ont laissé les membres de l’Aube Dorée agir tranquillement tout ce temps (15 minutes), et ont été déployés dans la région seulement après que les néo-nazis aient disparu; c’est alors que les flics ont encerclé le squat. L’attaque frénétique (des membres de la Golden Dawn) a causé des dommages à des voitures garées dans les environs du squat, tandis que certains des compagnon-nes qui se trouvaient dans l’espace ont été légèrement blessés. Les voisins étaient solidaires, nous ont fourni les premiers soins et sont restés en dehors du squat jusqu’à ce que les flics les poussent plus loin.

En temps de crise, où ils nous prennent tout et nous pillent encore plus, les fascistes de l’aube dorée sont le bras long de l’État et du capital.

Nous ne laisserons pas les rues et les places aux fascistes.

Aucune tolérance pour les meurtriers néo-nazis.

Squat Kouvelou et des compagnon-nes.

Thessalonique, Grèce : Véhicules d’une entreprise de sécurité privée incendiés

L’État (et chaque gouvernement de service), fidèle à la doctrine de paix, d’ordre et de sécurité, promeut terriblement et carrément l’anéantissement physique et psychologique de ses adversaires: l’écrasement par des peines de prison, des unités de prison de type C, de matraques et de gaz lacrymogènes sont juste quelques-unes des pratiques appliquées.

Leur objectif principal est de répandre la peur et par conséquent d’empêcher toute organisation et participation à des actions hors la loi énergiques visant à frapper le système existant et ses partisans.

Eh bien, bâtards dévoués de ce monde, lisez bien ceci: peu importe combien de prisons vous construisez, ou combien de caméras de surveillance vous installez, ou combien de “chiens” vous lâchez, nous allons continuer à nous opposer à vous comme hors la loi et délinquants, jusqu’à ce que chacun de vous ou de nous soient détruits. Il n’y a pas assez de place pour chacun de nous.

Quant à l’apathie qui prévaut en général (et par personne), le compromis, l’inaction démocratique et la connivence égale au silence, et les sujets qui suivent une telle approche portent le fardeau de la responsabilité proportionnelle.

Etant en guerre, dans les premières heures du mercredi 9 juillet, après la promulgation de la loi sur la construction de prisons de haute sécurité, il était temps de riposter, c’est pourquoi nous avons placé deux engins incendiaires dans deux véhicules d’une société de sécurité (rue Elektras, quartier Kalamaria). Simplement pour ce qu’elle est, parce qu’elle offre des produits et des services de contrôle et de répression à vendre, cette «entreprise» est une cible.

Force aux membres de Lutte Révolutionnaire

La lutte continue …

source: asirmatista

Grèce : Transfert du compagnon Nikos Maziotis à la prison Diavata

Dans la matinée du 26 Juillet 2014, Nikos Maziotis a été transféré de la prison de Koridallos (Athènes) à la prison Diavata, près de la ville de Thessalonique. Son transfert est une pratique clairement vindcative de l’État, en particulier compte tenu du fait que le coompagnon doit subir d’autres examens médicaux et interventions chirurgicales.

Bas les pattes sur l’anarchiste Nikos Maziotis,
membre de Lutte Révolutionnaire.

Allemagne : affiche en solidarité avec les luttes actuelles des prisonniers contre la société carcérale

Jusqu’au dernier souffle…

nous combattons cette société d’oppression, qui progressivement se dirige toujours plus vers le contrôle et l’exploitation total. La civilisation tente d’apprivoiser, de briser et détruire tous les êtres vivants par ses normes et valeurs, ses lois et ses cages, ses partisans impassibles et ses protecteurs indifférents.

Ainsi, cette normalité est un obstacle à notre désir de quelque chose de différent – une condition d’être libre – sur le chemin d’une vie passionnée.

Afin d’exprimer le désir d’une vie autodéterminée, nous choisissons le chemin des hors-la-loi. Nous ignorons et crachons sur vos ordres et vos normes, et brisons vos lois. Nous volons ce dont nous avons besoin, attaquons votre monde de béton et incendions votre fausse paix.

Nous envoyons des salutations vigoureuses à la lutte des prisonniers en Grèce contre l’aggravation des conditions dans les prisons là-bas. Nous nous sentons liés avec les rébellions pour un vie digne et de liberté individuelle.

En outre, nous soutenons les actions du 18 au 20 juillet de quelques prisonniers complices en provenance d’Allemagne et de Suisse en solidarité avec les luttes en Grèce contre le système carcéral.

Nous détesterons toute chose autoritaire, nous nous réjouirons de chaque rupture avec cette société, nous aimerons ces instants gracieux !

“Pour produire des armes et des outils d’évasion, les prisonniers utilisent d’habitude du matériel trouvé dans les prisons : des outils de travail, des outils artisanaux et d’autres objets d’usage quotidien. De cela ils ont fait des cordes, des limes, des scies, des couteaux ou des crochets pour serrures”

L’affiche en allemand et en anglais

Italie : Lettres d’anarchistes Chiara Zenobi et Michele Garau depuis la prison

JE L’AI VU

Prison des Vallette (juillet 2014)

Il serait extrêmement long et difficile de s’exprimer sur chacune des innombrables choses dites et faites en solidarité à notre égard. Il est plus facile de regrouper les suggestions, les pensées légères et celles plus lourdes, un peu de douce nostalgie, une once de perplexité et reverser le tout sur ces feuilles.

Une continue et impressionnante succession de messages publics et privés, d’initiatives, de prises de positions et d’actions, individuelles et collectives, ont marqué ces mois. Ce flux d’affect nous a toujours réchauffé le cœur et rempli l’estomac de papillons, des sensations pour lesquelles manquent les mots lorsque l’on cherche à les décrire. Aucun d’entre nous ne s’est jamais senti « à plat » ou brisé par la détention. La prison est le même court-circuit de la logique et de l’humanité pour quiconque y a affaire, et presque tous l’affrontent, à la différence de ce qu’il se passe pour nous, privés de tout soutien affectif, économique et légal, et sans que personne ne se relève publiquement les manches.

Nous ne nous sommes pas sentis être des victimes, à aucun moment, même si les mains de quelques-uns (incroyablement peu, en vérité) nous ont naïvement décrits comme tels, s’adressant à la presse ou même jusqu’à la politique, auxquels il n’a jamais été dans nos intentions de dire ou de demander quoi que ce soit. (Par cohérence et par honnêteté, je ne peux pas faire moins que de préciser que j’éprouve une méfiance totale envers les journalistes et les politiciens de toutes les formes et de toutes les couleurs. Pour ceux-ci, l’unique intérêt est de vendre leur petit produit commercial et l’asservissement à la recherche du consensus, se débrouillant pour la plupart pour se poser comme porte-paroles de la mauvaise conscience d’autrui. Et tous ceux-ci, au besoin, peuvent revêtir le masque du subversif, du sincère démocrate ou du bourreau selon le temps et le lieu où ils s’expriment. Les journalistes qui ne se reconnaissent pas dans ces lignes sont probablement au chômage, ou le seront bientôt, ou bien sont relégués dans les marges de la diffusion publique des nouvelles. Dans tous les cas, ils ne pourront qu’admettre qu’ils partagent leur toit, et souvent leur pain, avec les je-m’en-foutistes, les vautours et les chacals).

Choisir de s’opposer à la folie du statut quo peut être grave de conséquences. Dont est loin d’être la moindre celle d’être identifiés en tant qu’ennemis de l’humanité : malfaiteurs, provocateurs, violents. Terroristes. Ne pas se sentir victime ne signifie clairement pas d’accepter ces définitions, mais reconnaître qu’une hypocrisie aussi assumée et complice gouverne ce monde. La même qui réussit à nommer « développement » la destruction progressive et continue des sources de vie de toute espèce vivante, qui est prête à envoyer à la potence ceux qui réduisentt en miettes les vitrine de quelque géant de l’exploitation (humaine et environnementale), mais qui « ignore » la dévastation que l’ENI [Entreprise Nationale d'Hydrocarbures en Italie, NdT], au nom du peuple italien, apporte partout où elle pose ses sales pattes. Que l’on s’indigne et qu’on relève la poitrine si un dépositaire de l’ordre (et des privilèges) s’égratigne un genou, mais que l’on plonge la tête dans le sable lorsque quelqu’un est défiguré pour toujours ou termine sa vie dans une caserne ou dans une prison.
Eccetera, eccetera.

La réalité sans voile est triste et terrible. Mais à force de bien la regarder, il arrive aussi de s’énamourer d’un rêve de liberté, d’autodétermination, de justice sans le mensonge de la Loi, et de le chercher partout où il se manifeste à l’improviste.

Moi, je l’ai vu. Dans un centre de rétention en flammes. Dans la fuite précipitée d’un huissier qui, Code Civil à la main, voulait jeter quelqu’un à la rue. Dans l’affront à l’un des symboles de l’inégalité sociale. Dans une phrase peinte sur les murs des « précieuses » rues du centre.

Et je l’ai vu sur un échangeur d’autoroute, au coucher de soleil, après trois jours passés à partager la rage et la peur pour la vie d’un frère suspendu à un fil à cause de la diligence des serviteurs du TAV. Des milliers de personnes qui savent seulement ne pas vouloir partir de là. Quelqu’un prépare une soupe, d’autres enflamment une barricade. Et pas seulement pour la police, il est assez difficile de voir et de comprendre qui fait quoi. Ils finissent par arriver. Une mer de casques bleus. Un long jeu de poussées commence. Nous, en montée, les visages découverts, désarmés. Je cherche, parmi les autres, les visages de mes compagnons. Aucun d’entre nous n’aurait jamais choisi d’être aussi vulnérables : à un examen de guérilla urbaine, nous aurions reçu un beau zéro. Mais nous nous regardons en souriant. Autour de nous, des centaines de personnes chantent que « La Val Susa n’a pas peur ». Ce n’est pas de l’inconscience, tout le monde sait bien comment tout cela finira. Mais le temps se fait dense, les corps se dilatent, se fondent, et personne ne voudrait être ailleurs.

Allez donc le leur expliquer, après tout ça, à quelques pauvres types de basse stature morale que ce n’est pas à l’intérieur d’une loi qu’ils trouveront les mots pour raconter cette beauté. Et la détermination, et la ténacité.

Mais il semble bien qu’ils ne nous font pas peur avec leur mots. Le concept de terrorisme ne sert qu’à se foutre des idiots et des hommes de mauvaise volonté. Voilà ce qui est véritablement arrivé au travers de nos arrestations. Ce ne sont pas les habituels subversifs têtus qui renvoient les accusations à l’envoyeur. Il y a cette fois énormément de gens qui flairent l’arnaque et qui comprennent où tout cela mène : l’as dans la manche du terrorisme (dont l’usage n’est pas nouveau pour réprimer qui lutte contre l’oppression, l’exploitation et la dévastation) à appliquer aux luttes sociales, et voilà. Mais la Magistrature, ou quelqu’un pour elle, a mal fait ses comptes. Elle pense préparer un terrain sur lequel il lui sera facile de marcher. Elle pense jouer dans l’anticipation et arrive en fait trop tard. Il n’y a désormais plus aucune chance que des individus portant un NON de plus de vingt ans, entêté et encastré dans les têtes, se fassent avoir par quelque malin bavard. Et si l’accusation de terrorisme est déjà naufragée sur le plan symbolique, elle pourrait même ne pas passer d’un point de vue légal. Et c’est une bonne chose que l’État ne se pourvoie pas aussi facilement que ça en outils pour terroriser de nombreuses luttes et ceux qui y participent. Il n’est cependant pas possible de raisonner trop longtemps sur ce qu’il se passe à l’intérieur des salles des tribunaux. Nous ne nous attendons certainement pas à une tape dans le dos.

Mais la revendication collective qui s’est déployée incroyablement autour de cet acte de sabotage remplit de force. Parce que nous sommes allés bien au-delà du simple fait de dire que ce sont eux les terroristes. Nous en sommes arrivés à dire que sous ces capuche, à l’ombre de cette lune de mai, il y avait les visages de tous les hommes et de toutes les femmes qui ne veulent pas de ce maudit train. Les catégories d’innocence et de culpabilité disparaissent et ne deviennent plus que miettes pour les grattes-papier et les comptables. « Quella notte c’eravamo tutti » (Cette nuit-là, nous y étions tous). Rien ne pourrait nous faire nous sentir plus libres que cette phrase.

Chiara

*

MICHELE EN ISOLEMENT

Prison d’Asti, 11 juillet 2014

Salut à tous,

Je me trouve en isolement disciplinaire pour une semaine. Ils voulaient me mettre en isolement dans une cellule « lisse » (sans rien), mais je me suis attaché à la porte avec une ceinture et ils n’ont pas voulu m’emporter de force. Je reste donc dans la section, avec la porte blindée fermée. Je voulais savoir pourquoi on me refuse la rencontre avec Andrea, mais surtout revendiquer que celui-ci soit transféré dans la section au lieu de demeurer dans la zone de « transit » (PTB). Les « Transits » sont faits pour y rester deux ou trois jours maximum et donc, excepté les moments où il y a de nouvelles arrestations, ils sont complètement vides et comportent assez logiquement, lorsque l’on y reste pendant longtemps, une solitude presque pérenne.

Ils m’appellent au bureau de surveillance, après trois jours d’insistance, et me disent ne me devoir aucune explication et me menacent de sanctions disciplinaires. Alors je leur hurle au visage et ne rentre pas en cellule. Un peu de temps passe et je suis envoyé chez le sous-intendant en chef, lequel utilise des tons inacceptables. Je l’insulte lourdement, très lourdement. Il dit « isolement », je m’assois dans le couloir des bureaux, sur le sol, et dis que je ne bougerai pas si je ne peux pas prendre mes affaires en personne. Une fois remonté en cellule, je prépare mes affaires puis leur dis d’appeler des renforts, parce que je n’irai pas de mon plein gré, avant de m’attacher de nouveau au même endroit. Des heures et des heures d’attente. On aurait dit qu’ils avaient à me trimballer dans une autre prison. Je finis par savoir par des voies détournées qu’Andrea viendra en section. Je me délie donc et attends. Le soir, ils me communiquent que je resterai en isolement pour une semaine. Nous verrons le conseil disciplinaire, et pour le moment il y a un rapport dans lequel on trouve l’accusation de résistance. L’air, je le crée moi-même dans un très petit couloir aux murs très hauts.

Michele

*

Pour écrire aux gens qui sont encore en prison :

Andrea VentrellaMichele Garau
C.C. Strada Quarto Inferiore, 266 – 14030, località Quarto d’Asti (Asti), Italie

Paolo MilanToshiyuki Hosokawa
C.C. Località Les Iles, 14 – 11020 Brissogne (Aosta), Italie

Fabio Milan
C.C. Via del Rollone, 19 – 13100 Vercelli, Italie

Niccolò Blasi
C.C. San Michele strada Casale, 50/A – 15121 Alessandria, Italie

Chiara ZenobiAlberto Claudio
C.C. Via Maria Adelaide Aglietta, 35 – 10151, Torino, Italie