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Pour contribuer aux traductions, édition-correction et/ou apporter du matériel original à publier tel que des actualités depuis la rue, des compte-rendus d'actions, communiqués de revendication, des textes pour des compagnon-ne-s emprisonné-e-s ou poursuivi-e-s, des appels, des feuillets, des articles d'opinions, etc. : contrainfo(at)espiv.net

Barcelone : résumé du rassemblement après l’assassinat de Rémi Fraisse

Rémi assassiné la nuit du 25 octobre des mains de l’Etat français / La mort ne s’oublie pas ni ne se pardonne !

Le lundi 3 novembre, environ 50 personnes se sont rassemblées devant le consulat de France pour démontrer notre dégoût des États et de leurs polices. Dans ce cas précis, il s’agissait de l’État français, qui à travers ses chiens de garde a assassiné Rémi Fraisse le 26 octobre dans le marais de Sivens, au cours d’une manifestation contre le projet écocide qu’ils essayent d’imposer depuis des années.

Après avoir crier contre la police, les États et appeler à la solidarité internationale, une manifestation spontanée a eu lieu, bloquant les rues du centre de Barcelone pendant une demi-heure.

Pas une mort de compagnon-ne sans réponse !

Tous les États sont assassins !

Nous n’oublierons pas, nous ne pardonnerons pas !

Santiago du Chili : Face au contexte répressif et en mémoire de Jorge Saldivia

Note de Contra Info: Le retard dans la publication du communiqué suivant est du au fait que nous ne nous sommes rendu compte aujourd’hui seulement qu’il nous avait été envoyé le 12 octobre 2014, en accédant à notre mail secondaire (que nous n’utilisons qu’en cas d’urgence). L’intention était de l’envoyer à notre courrier principale également, mais celui-ci avait mal été orthographié, et n’est donc jamais arrivé sur le mail que nous consultons tous les jours. Pour envoyer du matériel et pour sa dissémination la plus rapide possible, écrivez à : contrainfo@espiv.net

Pas une minute de silence, toute une vie de combat / Jorge Saldivia présent

Le 8 septembre, un engin artisanal explosait dans le Sub Centro, un centre commercial qui se trouve dans la station de métro Escuela Militar, dans la commune de Las Condes. Cet attentat venait s’ajouter à celui qui avait déjà eu lieu le 23 juillet, à l’occasion duquel l’explosion du dispositif avait provoqué une série de dégâts matériels à l’un des wagons du métro qui se trouvait alors dans la station Los Dominicos, dans la même commune.

Après cela, le tapage médiatique ne s’est pas fait attendre, les serfs du gouvernement, les spécialistes en sécurité, tout le monde avait son mot à dire. Et tous les regards se sont immédiatement tournés vers le mouvement anti-autoritaire, puisque le matériel utilisé pour la fabrication des artefacts et que la forme de l’attaque coïncidaient avec celle de l’offensive déclarée contre le Capital.

Au-delà d’une augmentation quantitative de la force policière, d’une série de mesures ridicules qui cherchaient à rendre impossible le fait que d’autres explosifs puissent être placés dans le métro, et une grande quantité de fausses alertes à la bombe, il est nécessaire d’analyser la forme sous laquelle cette série d’évènements se contextualise dans une année (et un gouvernement) qui s’est manifestée depuis le début comme étant en lutte ouverte contre celles et ceux qui sont au jour d’aujourd’hui les nouveaux ennemi-e-s intérieur-e-s de l’État.

Des mauvais montages, comme ceux qui sont tombés sur plusieurs étudiants, à la guerre authentique contre les communautés Mapuche en résistance, en passant par l’attaque brutale à coups de matraques contre les étudiants de l’ARCIS et une délirante persécution des initiatives tant populaires qu’anti-autoritaires, tout cela sont les conséquences de ce qu’il s’est passé.

Dans cet ambiance générale de répression et de châtiments, trois choses nous interpellent particulièrement pour tenter de générer une attaque à partir de nos moyens, aussi réduite soit elle, pour éviter que ces situations ne restent impunies.

La première d’entre elles est l’assassinat de l’ex frontiste Jorge Salvidia [FPMR, Front Patriotique Manuel Rodriguez, groupe de lutte armée révolutionnaire des années 1980 formé contre la dictature de Pinochet] par un garde de la Brinks au cours d’une expropriation manquée d’un fourgon de transport de fonds, action lors de laquelle ont été arrêtés Angelo Peña et Juan Collihuin, qui se trouvent actuellement en prison préventive.

La deuxième correspond à l’assassinat du paysan mapuche José Quintriquero au cours d’une manifestation dans une propriété de Galvarino, dans la région d’Araucania, là encore perpétré par un travailleur « privé » (un travailleur de la ferme, cette fois-ci), et démontrant de nouveau la grande coordination qu’il existe entre les secteurs étatiques et privés lorsqu’il s’agit de défendre le capital.

Enfin, le montage judiciaire mis en place contre 3 personnes (Juan Flores, Nataly Casanova et Guillermo Durán), que l’on accuse d’avoir posé les bombes du métro de Santiago à partir de l’infâme loi antiterroriste.

Au-delà des concepts juridiques d’innocence et de culpabilité, et des postures de chacun-e-s des trois, nous comprenons cette mise en scène du système juridico-pénal, secondé par les médias bourgeois, en tant que tentative d’augmenter le contrôle social à travers la création de boucs émissaires. L’État Policier chercher à s’avaliser et, à la fois, à intimider différents milieux de lutte pour les immobiliser. Il faut rappeler qu’aucune des preuves présentées jusqu’ici pendant le procès n’est accablante. Il nous paraît à présent nécessaire d’expliciter un peu, avant de poursuivre, que si nous soutenons et réalisons un certain nombre d’actions de confrontation contre les symboles et les gardiens de l’État-Capital, où la violence révolutionnaire est un outil aussi efficient que n’importe quel autre, nous ne sommes en aucun cas favorables aux actions qui mettent la vie et l’intégrité physique des passants en jeu, bien que ceux-ci fassent effectivement partie d’un tissu social qui exerce et rend possible la domination de la vie de chacun-e d’entre nous. Ils ne font pas partie des cibles de nos actions, qui doivent selon nous pointer sur des symboles clairs de ceux qui exercent le pouvoir.

C’est par rapport à cette vision que nous nous positionnons, que nous générons nos analyses et que nous décidons de nos actions. Il nous paraît impossible de passer sous silence ce genre de situations, et nous appelons à ne pas abandonner l’action multiforme contre le régime qui nous soumet. Pour cette fois, nous le faisons depuis un endroit universitaire, mais nous ne pensons pas nous arrêter. Nous devons continuer d’aller de l’avant et attaquer toujours plus sûrement. Aujourd’hui les barricades, demain la lutte armée.

Avec tous nos morts en mémoire,
Pas une minute de silence, toute une vie de combat.

Jorge Saldivia y Sebastián Oversluij présents avec nous !

Prisonnier-e-s en guerre en liberté !
A bas l’État Policier !
Hors du territoire Mapuche et hors de nos vies!

Plus de photos de l’action ici

Bosnie-Herzégovine : Solidarité avec Nikos Maziotis

En solidarité avec le compagnon et combattant Nikos Maziotis, nous avons accroché cette banderole le matin du 17 octobre 2014. Il est l’un des quelques combattants qui ne se sont pas compromis et l’une des personnes qui ont dédié leur vie à la lutte pour la liberté, sans penser à leur propre sécurité au sein de ce combat, et qui assument les risques que le chemin qu’elles ont choisi leur fait courir.

Nikos brille comme un exemple. La Grèce n’est pas la seule a être affectée par les capitalistes, les brutales mesures d’austérité et la guerre de classe, dans laquelle on trouve d’un côté l’État et les propriétaires d’un riche capital local et étranger, avec toutes les ressources financières et la logistique militaire ; et de l’autre, des gens désarmés qui sont appauvris et disparaissent sous le poids des capitalistes fascistes. Une guerre injuste au sein de laquelle les victimes sont toujours du côté des opprimés. La même chose vaut dans toute l’Europe et dans le monde entier, là où ce type de combat déclaré contre le système est absent ou a des formes plus douces.

Nikos montre que la dette de la Grèce dans l’Union Européenne d’aujourd’hui est destinée à faire payer les pauvres. Non seulement leurs dettes à la banque, mais aussi leur sang et leur peau. Souvenons-nous que le nombre de suicides a énormément augmenté en Grèce, parce que les gens ne peuvent plus payer leurs dettes. C’est le cas du retraité qui s’est tué devant le Parlement Grec en 2012, par exemple. Ce qui a causé des émeutes et des manifestations en Grèce. Le pourcentage de gens en grève de la faim pour leurs droits et de gens en prison augmente.

Nikos est derrière les barreaux, mais son esprit libre reste inébranlable. A présent, il intervient par téléphone auprès de ses proches, et son message sera transféré et diffusé pendant une soirée dans un bâtiment de Polytechnique (après la seconde lettre qu’il a écrit de prison, en mémoire de l’anniversaire d’Ulrike Meinhof).

Solidarité avec Nikos Maziotis et tous les prisonniers politiques qui restent en conflit ouvert contre le système et ses valeurs inhumaines.

LIBERTÉ POUR NIKOS MAZIOTIS !
VIVE LUTTE RÉVOLUTIONNAIRE !

LIBERTÉ POUR TOU-TE-S LES PRISONNIER-E-S POLITIQUES !

Des amis de Bosnie-Herzégovine, Prijedor
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Note de Contra Info : Le soir du 17/10, le compagnon a été empêché de pouvoir faire son intervention téléphonique depuis la prison de Diavata. L’excuse officielle pour ne pas le lui permettre était que le système téléphonique de cette aile de la prison est subitement tombé en panne.

Grèce : Manifestation de solidarité à Thessalonique

Solidarité avec les 65 migrants poursuivis pour les révoltes du centre d’Amygdaleza – Destruction des camps de concentration – Assemblée contre les camps de Thessalonique

Rémi 25/10 France – Les flics assassinent – Vengeance – Il n’y a pas de mots pour les actes impardonnables

RIP Rémi Fraisse – L’État assassine – Rien ne restera sans réponse – Révolte maintenant

Solidarité avec les migrants poursuivis pour le soulèvement d’Amygdaleza

Le 1er novembre 2014, plus de 300 manifestants ont pris la rue à Thessalonique, en solidarité avec les migrants accusés des mutineries dans le centre de détention d’Amygdaleza à Attiva en août 2013. Les 65 migrants passent en procès ce lundi matin, 3 novembre, au tribunal d’Athènes situé au 4, rue Degleri.

via mpalothia

Istanbul : Actions de l’ALF pour la Journée Mondiale Vegan

(nous avons reçu la traduction anglaise partielle d’un compte-rendu anonyme)

Le 1er novembre devrait être une journée d’action pour la libération animale, pas un jour de fête du véganisme.

Le 1er novembre 2014, autour de deux heures du matin, nous avons réalisé une série d’actions dans la partie Européenne d’Istanbul : deux camions transportant des poulets morts ont été sabotés, les pneus crevés, le pare-brise brisé et les serrures engluées.

Des slogans “Vive la libération animale” ont aussi été tagués dans le même quartier. Un autre restaurant des environs a lui aussi été attaqué, les fenêtres brisées. . . .

Le 1er novembre devrait être un jour d’action, pas un jour de célébration.

Action tous les jours, ALF tous les jours !

Vive la libération animale !

A bas le spécisme !

Tout pour nos amis animaux !

Liberté pour les humains, les animaux et la Terre !

ALF Turquie – Istanbul

A propos de la guerre en Ukraine

Ce texte a été écrit en tant que réponse aux questions de nos amis de l’étranger à propos de la situation en Ukraine de l’Est et de l’attitude des anarchistes Russes à ce propos. Nous espérons qu’il sera utile a celles et ceux qui sont intéressé-e-s par ces problèmes.

La situation est complexe et controversée, et vous devez comprendre que le texte ci-dessous ne reflète pas (et ne peut le faire) l’opinion de tou-te-s les antifascistes et anticapitalistes Russes. Il émane de discussions au sein de notre groupe, mais même à cette échelle nous avons plusieurs points de vue contradictoires.

Avant tout, notre organisation (« Action Autonome ») adhère en grande partie aux positions contre la guerre des mouvements d’extrême-gauche. Nous ne soutenons pas le gouvernement ukrainien (aucun gouvernement, à vrai dire), et il y a indubitablement d’importantes tendances nationalistes dans l’Ukraine d’aujourd’hui. Cependant, nous soutenons encore moins le gouvernement russe et la soi-disant « République de Novorossiya ». Il semble que les fascistes se battent entre eux des deux côtés de la guerre, derrière laquelle on trouve les capitalistes. De plus, pour Poutine, cette guerre est un opportunité qui lui permet de distraire le peuple Russe de la crise financière et de la récession du système économique du pays, tandis que pour Poroshenko, la guerre est utile pour canaliser la soif de changement des gens en folie patriotique, plutôt que d’essayer de continuer ce qu’ils avaient commencé à Maydan et d’établir une réelle auto-gouvernance.

En ce qui concerne l’attitude des gens de Donbass, nous pouvons dire que la plupart d’entre eux ne font que demander « arrêtez de nous bombarder, tous les deux ». Les leaders des paramilitaires pro-Russes ont plusieurs fois dit en public que « les gens de Donbass ne veulent pas se battre, et c’est pourquoi la Russie doit envahir immédiatement ». En fait, les populations politiquement passives sont caractéristiques dans de nombreux ex-territoires soviétiques. Cependant, on sait aussi que les sondages d’opinion de l’été 2014 montraient que seulement 20% des habitants de Donbass soutenaient l’idée de se séparer de l’Ukraine pour se rattacher à la Russie. Bien sûr, il est aujourd’hui très difficile de pouvoir réaliser des sondages d’opinion dans les zones en guerre. D’autant plus que des dizaines de milliers de personnes ont fui Donbass, vers la Russie comme vers l’Ukraine de l’ouest.

Nous ne sommes pas d’accord avec le point de vue selon lequel la guerre de Donbass serait une sorte de « résistance contre les fascistes Ukrainiens ». Comme nous l’avons déjà exprimé plus haut, il existe des tendances nationalistes dans l’Ukraine contemporaine, mais à peine plus que dans tous les autres anciens pays de l’URSS. En Russie, la propagande patriotique, impérialiste et clairement fasciste s’entend au moins autant qu’en Ukraine, sinon plus. Et la « République populaire » de Donbass reproduit ça. Sur la base de ce que nous avons vu jusqu’ici, aucun signe ne montre qu’il pourrait y avoir un quelconque changement qui pourrait être considéré « gauchiste », ni même « social-démocrate ». A l’inverse, ils continuent de promulguer des « lois » interdisant les relations homosexuelles ou établissant le « rôle dominant » de l’Église Orthodoxe dans la région. La rhétorique de leurs dirigeants est exactement ce que vous appelez le « rouge-brun » : un mélange paradoxal de conservatisme d’extrême-droite et d’impérialisme à la Soviétique. Nous savons qu’il y a des cas d’épurations ethniques sous leur pouvoir : c’est arrivé au moins aux Juifs et aux Rroms. Il n’est donc pas du tout surprenant que les fascistes européens viennent les rejoindre.

Ensuite, nous pensons qu’ici, la « lutte antifasciste » est un simple label, qui n’a strictement rien à voir avec la réalité. Et la réalité est que ces « Républiques » sont une tentative des impérialistes Russes de ramener les groupes nationalistes pro-Russes dans la région et de les fournir en armes, en équipement, et plus tard en forces armées pour y créer des enclaves. L’objectif final est, peut-être, d’utiliser la situation comme un outil pour empêcher l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN et, comme il a déjà été dit, de distraire l’attention de la population Russe à l’encontre d’un ennemi extérieur. Il est d’ailleurs assez ironique que les lois Russes proclament dans le même temps que tout appel au séparatisme est un crime grave, passible de plusieurs années de prison si vous demandez un référendum comme celui qui s’est tenu en Crimée en mars 2014.

Il est difficile de parler de résistance anticapitaliste ou de gauche à Donbass en ce moment. La région est entre les mains de dizaines, ou de centaines, de groupes paramilitaires, qui ne sont que très peu réunis derrière des « ministres » et des « gouverneurs » autoproclamés. Il est très possible que certains dirigeants locaux puissent adhérer à des positions d’extrême-gauche. Il n’y a cependant pas de signe visible d’eux, pas de positionnements politiques clairs. De plus, il est évident que la région est sous forte influence Russe (il suffit de dire qu’une grande partie des chefs militaires sont des citoyens Russes), et que Poutine n’est pas très intéressé par une réelle résistance anticapitaliste dans le coin. Nationalistes, monarchistes et orthodoxes zélés lui conviennent bien mieux.

Nous voyons que la propagande de Poutine fonctionne très bien sur les gens des pays Occidentaux, parce qu’ils sont fatigués et en ont marre de leurs propres dirigeants, et que Poutine a l’air d’être un « hooligan » qui menace ces dirigeants et les effraie. Cette propagande a déjà attiré des combattants internationaux vers la république de Donbass. Cependant, nous, qui vivons sous le régime de Poutine, voudrions vous avertir contre l’idée de le considérer comme une sorte de Che Guevara. Il ne l’est pas. L’élite Russe contemporaine est plutôt une bande de riche capitalistes, réunis essentiellement autour de personnes qui sont ou bien de vieux amis de Poutine, ou liés d’une façon ou d’une autre aux services secrets russes (FSB, Service Fédéral de Sécurité). Il serait absurde de penser qu’ils ont quoi que ce soit de progressiste. Ils veulent tout simplement rester au pouvoir aussi longtemps que possible, parce que s’ils le perdaient, ils seraient immédiatement conduits en jugement (la corruption des autorités est énorme ici), et ils le comprennent très bien. Voilà tout.

Une fois cela dit, il est important de dire que les antifascistes Russes (y compris ceux considérés d’extrême-gauche ou anti-autoritaires) n’ont pas un point de vue unifié à propos de la guerre d’Ukraine. Certains pensent que ces Républiques de Novorossiya d’extrême-droite sont préférables aux « fascistes Ukrainiens ». Nous connaissons au moins un cas de militant antifa Russe qui a été tué pendant des combats pour Novorossiya. Dans le même temps, de nombreux antifascistes anarchistes Ukrainiens se sont battus contre Novorossiya, avec des escadrons de volontaires Ukrainiens. Malheureusement, il semble que la notion « d’antifascisme » est tellement utilisée à des fins propagandistes (des deux côtés du conflit) qu’il est impossible de l’appliquer sérieusement à quoi que ce soit ou à qui que ce soit.

Action autonome – Moscou

Mexique : Mario González est libre !

Hier 30 octobre, on nous a informés du fait que Mario González serait libre le soir même. C’est finalement le matin du 31 que Mario a retrouvé la liberté.

La liberté de Mario est sans nul doute un grand succès obtenu à travers la solidarité exprimée de mille manières dans différentes parties du monde.

Nous diffusons ci-dessous le texte diffusé par ses proches et ses amis.

Liberté pour tou-te-s !
A bas les murs de toutes les prisons !

Notre compagnon Mario González a été absout, obtenant ainsi sa totale liberté. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un succès de la mobilisation qui a eu lieu pendant plus d’une année. Nous remercions tous ceux qui, d’une façon ou dune autre, l’ont soutenu et ont demandé sa libération. Un mot spécial pour Nuria, son infatigable et tenace compagne, et pour Patricia, sa mère, qui ne se sont jamais rendues.

Évidemment, il faut saluer Mario, qui n’a jamais plié et est toujours resté prêt à lutter, défendant fermement ses idées.

Enfin, un salut à ses avocats, qui ont suivi son cas sans aucune rémunération. Ce jour est un jour mémorable ; ce qui semblait impossible a été obtenu. Toute la fausseté du procès intenté contre Mario est tombée en poussière après une longue lutte. La solidarité nationale et internationale, la ténacité et la mobilisation ont porté leurs fruits.

Bien sur, Mario est libre et la lutte continue, continue et continue encore, parce qu’il y a toujours des prisonniers politiques, parce que nous avons ici au Mexique un État fasciste qui tente de maintenir son pouvoir en semant la terreur à travers l’incarcération, l’assassinat et la disparition forcée.

Des amis et proches de Mario González.

envoyé par la Cruz Negra Anarquista México

Sortie de “Subversions” n°4, revue anarchiste de critique sociale

Le n°4 de “Subversions” vient de sortir (octobre 2014, 52 pages). On peut écrire à Subversions – c/o Bibliothèque Libertad – 19 rue Burnouf – 75019 Paris pour se la procurer, ou à subversions((A))riseup.net. Pour avoir une petite idée de son contenu, voilà l’édito et le sommaire. Les n°1 (septembre 2012), n°2 (avril 2013) et n°3 (septembre 2013) sont toujours disponibles.

Sommaire :

Pot-pourri

• Pour le bouleversement du monde

• Balade souterraine : flux et reflux

• Les murs de la ville

• Sur la deuxième ligne

• Par la fenêtre

• L’âge des fossoyeurs

• Je vous souhaite à tous de beaux cancers

• C’est la guerre…

• Otvet

• Pour une désobéissance incivile

• Nous vivons des temps de guerre…

Focus

• Soyons ingouvernables

• Dix coups de poignards à la politique

• A bas la politique !

• De l’autre côté du miroir

• Nous sommes le 1 %

• Pour en finir avec le sacré

• Le palier du « voisin »

Commentaires déplacés

• Consternations

• Bonnot et les évangélistes

Fil de l’histoire

• La vengeance de Sacco et Vanzetti

• Face à face avec l’ennemi

• Mourir innocents est plus rageant

• Aux révolutionnaires… chrétiens

Sortie du n°19 de Lucioles, bulletin anarchiste de Paris et sa région

Etant désormais tiré à 4000 exemplaires tous les mois (enfin ca dépend!), celleux qui souhaitent le diffuser dans leurs lieux ou quartiers peuvent nous contacter à lucioles@riseup.net

Pour télécharger ce numéro au format pdf, cliquez sur l’image ci-dessus. Pour lire le bulletin texte par texte, cliquez ici.

Prison de Spoleto : Lettre du prisonnier en lutte Maurizio Alfieri

La lettre que nous publions et que nous appelons à diffuser autant que possible (sites, radios de mouvement, situations de lutte, etc.) est un courageux acte d’accusation contre la prison de Terni et contre toute l’administration pénitentiaire. Nous ne faisons aucune illusion sur une enquête menée par la magistrature, mais nous ne pouvons pas laisser Maurizio seul. C’est un homme droit qui n’a jamais eu peur de se mettre en jeu. Le DAP (département de l’administration pénitentiaire) et les matons doivent savoir que nous sommes tou-te-s aux côtés de Maurizio pour leur hurler que ce sont des assassins.

Très chèr-e-s compagnon-ne-s

Avant tout, je dois vous dire quelque chose que j’avais gardée en moi et qui me faisait mal… mais la faute n’est pas uniquement la mienne, et vous pourrez comprendre et commenter la situation dans laquelle je me suis retrouvé et qui est à présent rendue publique.

L’année dernière, à Terni, alors que j’étais soumis au 14bis (l’isolement), deux jeunes sont arrivés. Je les entendais hurler qu’ils voulaient être transférés parce que les gardes avaient tué un de leurs amis… Je me fais alors raconter toute l’histoire, et ils me disent qu’un de leurs amis, qui avait 31 ans, avait été tabassé parce qu’ils l’avaient pris en train de faire passer une montre (à 5 euros) par la fenêtre à l’aide d’une cordelette. Ils lui ont dit de descendre et ont commencé à le frapper en lui disant qu’ils lui retiraient aussi le travail (c’était le barbier). Il a alors menacé de se pendre s’ils l’enfermaient. Ils l’ont alors envoyé dans la section, et il a essayé de se pendre, mais les détenus l’ont sauvé en tranchant la corde. Ces bâtards l’ont alors rappelé une nouvelle fois en bas et lui ont mis des baffes en lui disant que s’il ne se pendait pas, c’était eux qui allaient le tuer. Le pauvre est alors remonté, a préparé une autre corde, ses amis s’en sont rendu compte et ont averti les gardes, mais l’inspecteur était monté entretemps, car c’était l’heure de fermeture. L’agent a commencé à fermer les cellules, il n’en restait que trois à fermer, dont celle de ce pauvre homme. Les deux témoins criaient à l’inspecteur qu’il était en train de se pendre, mais ils ont pour toute réponse été menacés de prendre un rapport parce qu’ils refusaient de rentrer dans leur cellule. Eux aussi ont fini par rentrer, parce qu’ils avaient peur, après avoir vu que leur ami roumain s’était laissé tomber du tabouret avec la corde au cou. Et ces bâtards ont enfermé tout le monde et ne sont revenus qu’une heure plus tard avec le médecin pour constater le décès et prendre des photographies du mort…

Ces jeunes m’ont écrit un témoignage quand ils sont descendus en isolement, puis le commandant Fabio Gallo les a appelés, pour leur dire qu’ils les transféreraient là où ils les voudraient s’ils ne disaient rien… ils sont venus me voir en pleurant, m’implorant de ne pas dénoncer la chose et de leur rendre ce qu’ils avaient écrit. Dans un premier temps, j’ai refusé, et une perquisition a eu lieu dans ma cellule à la recherche du témoignage. Mais ils ne l’ont pas trouvé. Le jour suivant, les deux garçons ont été transférés, puis ils m’écrivirent que si je publiais la chose, ça les condamnerait à mort. Je leur ai alors confirmé qu’ils pouvaient avoir confiance en moi. Les faits remontent à juillet 2013, et il ne leur manquait plus qu’un an à tirer avant de pouvoir sortir, ils sont donc aujourd’hui dehors. Le témoignage est en sécurité à l’extérieur, avec un autre qui parle du tabassage d’un détenu que j’ai défendu et qui dit de très belles choses sur moi. Voilà pourquoi ils m’ont tout de suite transféré de la prison de Terni !

Maintenant, nous pouvons faire ouvrir une enquête, et il faudrait que vous vous mobilisiez à l’extérieur pour me soutenir, parce qu’à présent ils vont essayer de me le faire payer. Mais je n’ai pas peur d’eux.

Pardonnez-moi si je n’ai rien dit tout ce temps, mais je l’ai fait pour ces deux garçons qui étaient terrorisés … maintenant, il faut une enquête pour faire interroger tous ceux qui étaient présents dans la section, il faut un rassemblement devant le DAP de Rome pour qu’ils ne puissent rien me faire.

Nous ne pouvons pas laisser cette instigation au suicide impunie… ils doivent payer.

A présent, je me sens en paix avec ma conscience, je me suis senti très mal en pensant à la maman de ce pauvre garçon qui travaillait et envoyait 80 euros à sa famille pour manger. Ces deux jeunes étaient terrorisés, et je n’ai rien voulu faire avant qu’ils ne sortent, mais maintenant, pour rendre justice, il faut que nous commencions à nous mobiliser… je suis certain que vous comprendrez les raisons de mon silence jusqu’à aujourd’hui.

Je vous embrasse fort, avec affection et beaucoup d’amour.

Prison de Spoleto, 20 septembre 2014

Maurizio Alfieri (a-cerclé)

[Grèce/Italie] Interview d’Alfredo Cospito par la CCF

Des prisons grecques au module AS2 de Ferrara. Quatre mots en “liberté”.

Interview de moi-même par la CCF.

Avant de répondre à vos questions, je voudrais souligner le fait que ce que je dirai est ma vérité seulement. L’un des nombreux points de vue, sensibilités et nuances individuelles à l’intérieur de cet entrecroisement de pensée et d’action qui prend forme sous le nom FAI-FRI. Fédération informelle qui, en refusant toute tentation hégémonique, représente un outil, une méthode d’une des composantes de l’anarchisme d’action. Anarchisme d’action qui, seulement à partir du moment où il se fait informel, sans se renfermer dans des structures organisées (spécifiques, formelles, de synthèse) et quand il n’est pas à la recherche de consensus (et donc refuse la politique), peut être reconnu dans un plus vaste univers chaotique du nom d’« internationale noire ». Pour mieux nous comprendre, la FAI-FRI est une méthodologie d’action que seule une partie des sœurs et des frères de l’internationale noire pratiquent, pas une organisation, et encore moins une simple signature collective. Seulement un outil qui tend vers l’efficacité, et qui a pour objectif de renforcer les noyaux et les individualités des compagnon-ne-s d’action à travers un pacte de soutien mutuel sur trois points : solidarité révolutionnaire, campagnes révolutionnaires, communication entre groupes et individus :

SOLIDARITÉ RÉVOLUTIONNAIRE : Chaque groupe d’action de la Fédération Anarchiste Informelle s’engage à donner sa propre solidarité révolutionnaire à d’éventuels compagnons arrêtés ou en fuite. La solidarité se concrétisera surtout à travers l’action armée, l’attaque contre les structures et les hommes responsables de la détention du compagnon. Qu’il ne subsiste pas l’éventualité du manque de solidarité parce qu’on verrait moins les principes sur lesquels le vivre et le sentir anarchiste se basent. Par soutien en cas de répression, nous ne parlons bien évidemment pas de celui qui a un caractère d’assistance technico-légal : la société bourgeoise offre suffisamment d’avocats, d’assistantes sociales ou de prêtres pour que les révolutionnaires puissent s’occuper d’autre chose.

CAMPAGNES RÉVOLUTIONNAIRES : Une fois lancée une campagne de lutte à travers des actions et les communiqués correspondants, chaque groupe ou individu sera suivi par les autres groupes et individus de la Fédération Anarchiste Informelle selon leurs propres temps et modalités. Chaque individu ou groupe peut lancer une campagne de lutte autour d’objectifs particuliers en « promouvant » simplement le projet par une ou plusieurs actions accompagnées de la signature du groupe d’action spécifique auquel vient ajouté la signature de la Fédération dans le sigle. Si une campagne n’est pas partagée, et si cela est jugé nécessaire, la critique se concrétisera à travers les actions et communiqués qui contribueront à corriger le tir ou à le mettre en discussion.

COMMUNICATION ENTRE LES GROUPES ET INDIVIDUS. Les groupes d’action de la Fédération Anarchiste Informelle n’ont pas à se connaître les uns les autres, il n’y en a aucun besoin lorsque cela mènerait plutôt à prêter le flanc à la répression, à créer des dynamique de leaderisme des individus et à la bureaucratisation. La communication entre les groupes et individus se fait essentiellement à travers les actions elles-même, et à travers les canaux d’informations de mouvement sans nécessité de connaissance réciproque.
(extrait de la revendication de l’attentat du 21 décembre 2003 contre Romano Prodi, à l’époque président de la Commission Européenne, extrait de « Il dito e la luna », pages 15-16)

Ce pacte de soutien mutuel dépasse de fait l’assemblée, ses leaders, les spécialistes de la parole, de la politique et les mécanismes autoritaires qui s’amorcent aussi dans les milieux anarchistes lorsque l’assemblée devient un organe décisionnel. Ce que l’internationale noire devrait pouvoir faire dans les prochaines années serait de reconstituer ce « fil noir » qui s’était étiolé depuis longtemps. Un fil qui rattache l’anarchisme d’hier, qui pratiquait la « propagande par le fait », fille du Congrès International de Londres de 1881, à l’anarchie d’action d’aujourd’hui, informelle, auto-organisée, nihiliste, anti-civilisation, antisociale. Nicola et moi, les uniques membres du « noyau Olga », ne connaissons pas personnellement les autres frères et sœurs de la FAI. Les connaître voudrait dire les voir enfermés entre les quatre murs d’une cellule.

Nous nous sommes convaincus de l’utilité de la FAI-FRI grâce aux mots (revendications) et aux actions des frères et sœurs qui nous ont précédé. Leurs mots, toujours confirmés par l’action, nous ont offert l’indispensable constance sans laquelle n’importe quel projet se réduit, à l’ère du virtuel, en inutiles et stériles paroles lancées au vent. Nous avions besoin d’une boussole pour nous orienter, d’un outil pour reconnaître et démasquer ceux qui ont fait de l’anarchie un simple terrain de jeu pour beaux-parleurs, un filtre pour distinguer les mots creux de ceux porteurs de réalité. Nous avons trouvé dans cette « nouvelle anarchie », dans ses revendications et les campagnes révolutionnaires qui y étaient liées, une perspective d’attaque réelle, qui amplifie nos potentiels destructifs, sauvegarde notre autonomie d’individus rebelles et anarchistes et nous donne la possibilité de collaborer, de frapper ensemble, sans nous connaître directement. Aucun type de coordination ne peut être inclus dans notre façon de nous projeter. La « coordination » présupposerait nécessairement la connaissance réciproque, le fait de s’organiser entre les sœurs et les frères des différents noyaux. Une telle coordination tuerait l’autonomie de chaque groupe et individu. Le groupe le plus « efficient », le plus préparé, le plus courageux, le plus charismatique aurait inévitablement le dessus, reproduisant les mêmes mécanismes délétères que l’on retrouve en assemblée. A la longue, on verrait ressurgir des leaders, des idéologues, des chefs charismatiques, on irait vers l’organisation : l’idée même de la mort de la liberté. On pourrait répondre à cela que dans les groupes d’affinité, dans les noyaux de la FAI pourrait aussi renaître un leader charismatique, un « chef ». Dans notre cas, les dégâts seraient toutefois limités, parce qu’il n’y a pas de connaissance directe entre les noyaux. La gangrène ne pourrait pas s’étendre. Notre façon d’être anti-organisatrice nous préserve de ce risque. Voilà pourquoi il faut se fier aux « campagnes révolutionnaires », qui excluent la connaissance entre groupes et individus, tuant de fait tout balbutiement d’organisation. Il ne faut jamais confondre les campagnes et la coordination. C’est l’informalité, c’est l’essence, selon moi, de notre projectualité opérative. Qu’il soit bien clair que lorsque je parle de groupes d’affinité ou de noyau d’action, je peux me référer à un seul individu comme à un groupe plus nombreux. Pas la peine d’en faire une histoire de nombres. Il est clair qu’une action spécifique est planifiée par les différents membres du groupe, et on ne peut pas parler de coordination à ce moment-là, et cette planification ne doit jamais s’étendre aux autres groupes FAI-FRI. En-dehors du groupe en tant que tel, il faut se « limiter » à ne communiquer qu’à travers les campagnes révolutionnaires et les actions qui en découlent. Notre connaissance de la FAI-FRI doit toujours rester la plus partielle possible, limitée à nos propres affinités. De la FAI-FRI, on ne doit connaître que les morsures, les griffures, les blessures infligées au pouvoir. Il serait mortel de créer quelque chose de monolithique ou de structuré, et chacun de nous doit éviter les équivoques ou les phantasmes hégémoniques. L’organisation limiterait énormément nos perspectives, en inversant le processus qualitatif vers le quantitatif. A travers l’action de l’un, la volonté de l’autre se renforce, par l’inspiration qu’elle lui a donné. Les campagnes se diffusent en tâches de léopard. Mille têtes contre le pouvoir rendent furieux, car il est impossible des les trancher toutes. Ce sont justement ces actions, et les mots qui les accompagnent (les revendications), qui nous permettent à coup sûr d’exclure les purs théoriciens amants des beaux discours, et nous donnent la possibilité de nous rapporter uniquement à qui vit dans le monde réel, en se salissant les mains, en risquant sa propre peau. Ces mots-là sont les seuls qui comptent vraiment, les seuls qui nous permettent de grandir, d’évoluer. Les campagnes révolutionnaires sont l’outil le plus efficace pour entailler, pour frapper là où cela fait le plus mal. En nous donnant la possibilité de nous répandre dans le monde comme un virus porteur de révolte et d’anarchie.

CCF : Pour nous connaître, dis-nous quelque chose de ta situation actuelle.

Alfredo : Il y a peu à dire. Nous avons été arrêtés pour la jambisation d’Adinolfi, administrateur délégué d’Ansaldo Nucleare. Par inexpérience, nous avons fait des erreurs qui nous ont coûté cette arrestation : nous n’avons pas couvert la plaque de la moto que nous avons utilisé pour l’action, nous l’avons garée dans un endroit trop proche du lieu et, surtout, nous n’avons pas vu une caméra de surveillance qui était sur un bar, une erreur extrêmement grave, que nous payons aujourd’hui. Nous avons revendiqué notre action en tant que noyau « Olga FAI-FRI ». J’ai été condamné à 10 ans et 8 mois, Nicola à 9 ans et 4 mois. Dans les mois qui viennent, nous aurons un nouveau procès pour association subversive. Voilà plus ou moins notre actuelle situation juridique.

CCF : Les prisonniers anarchistes et la prison. Quelles sont vos conditions dans les sections spéciales, comment se comportent les matons et quels sont vos rapports avec les autres prisonniers ?

Alfredo : En Italie, l’État démocratique veut nous isoler en utilisant les circuit de la Haute Sécurité, qui comportent de nombreuses restrictions, en nous reléguant dans des sections complètement séparées du contexte général de la prison. Aucun contact n’est possible avec les autres prisonniers, nous n’avons pas la possibilité de sortir, seulement deux heures par jour dans une petite cour de ciment. La censure contre moi et Nicola a toujours été renouvelée, nous recevons donc difficilement, et en retard, notre courrier et les journaux. Les choses les plus intéressantes nous sont confisquées à l’entrée et à la sortie. En ce moment, nous sommes enfermés dans une section AS2, c’est-à-dire une section de haute sécurité spécifique aux prisonniers anarchistes. Les « rapports » entre nous et les matons est un rapport d’indifférence réciproque et d’hostilité naturelle. Que pourrais-je dire de plus ? De mon point de vue, les protestations « civiles » à l’intérieur et à l’extérieur des prisons sont inutiles, l’aspect « vivable » de l’intérieur est une simple question de rapport de force. De la prison, il faut en sortir, et c’est à qui s’y trouve de s’en donner les moyens… Lire la suite »

[Suisse/Italie] Petite mise à jour sur le cas de Silvia, Billy et Costa

L’Italie incrimine Silvia, Billy et Costa une seconde fois pour les évènements suisses.

Dans un précédent communiqué de mise à jour de notre situation, nous avions écrit à propos de la clôture de notre cas en Suisse, où la succession de recours sur les machinations des divers appareils de sécurité italiens et de la confédération helvétiques n’avaient mené à rien, a part à confirmer le fait qu’en matière de répression, la collaboration policière est toujours forte, surtout si les sujets concernés sont des opposants à leur démocratie d’oppression.

Dès le moment de notre arrestation en Suisse, sous l’accusation d’avoir voulu attaquer le nouveau centre de recherche (alors en construction) d’IBM et de la Polytechnique de Zürich, fleuron de la recherche en nanotechnologie au niveau mondial, à l’aide d’explosifs, l’Italie avait fait partir une enquête en étroite collaboration avec la police helvétique, dans le but de démontrer l’existence d’une organisation subversive avec finalité terroriste sur le sol italien et possédant des ramifications jusqu’en Suisse.

De fait, scénario déjà connu, cela a mené, pendant nos années d’incarcération, à une intense activité d’espionnage, en premier lieu du réseau de solidarité qui s’était créé entretemps, puis à l’encontre des milieux écologistes radicaux les plus actifs dans les différentes batailles ayant cours à l’extérieur pour suivre notre cas et pour faire ressortir des questionnements comme celui des nanotechnologies que l’on aurait voulu passer sous silence ou réduire derrière un seul son de cloche, de préférence celui de leurs promoteurs.

La magistrature de Turin, apparemment non contente du succès suisse qui nous a condamnés pour le fait spécifique mais n’a pas retenu l’importation de matériel explosif et, vexée de n’avoir trouvé aucune organisation, ni en Italie ni ailleurs, a récemment clos l’enquête articulée autour de l’article 270 bis (association subversive à finalité terroriste), pour demander au lieu de ça de nous renvoyer tous trois en jugement sur la base des accusations suivantes : « art.110, 280 c.p. … parce qu’en concours entre eux, au nom de l’ELF-Earth Liberation Front, mouvement inspiré de l’écologie radicale, avec finalité terroriste, ils accomplissaient des actes dirigés à l’endommagement de propriétés mobiles ou immobiles d’autrui, au moyen de dispositifs explosifs ou pouvant en tout cas causer la mort, art.110, 81, 61 c.p. … parce qu’en concours entre eux, au travers de plusieurs actions exécutées au sein d’un même dessein criminel … ils détenaient illégalement et emportaient dans des lieux publics, de par le transfert entre Valchiusella et Bergamo, et donc en Suisse, le matériel explosif suivant, prêt à l’emploi… art 110, 648 c.p. … parce qu’en concours entre eux … en ayant conscience de leur provenance délictueuse, ils recevaient de sujets restés inconnus le matériel pour la confection d’explosifs … provenant de leur soustraction illicite aux dépends d’une des entreprises, non identifiée, possédant une autorisation pour l’usage d’explosifs ». Toutes les accusations contiennent l’aggravant de la finalité terroriste.

Nous pensions trouver face à nous, comme partie civile offensée, les techno-nazis d’IBM. Et en fait, la Suisse se présente à travers son excellence en recherche : l’Institut Polytechnique de Zürich, depuis toujours engagé dans les recherches nocives, desquelles les nanotechnologies ne sont que la pointe de l’iceberg.

En attendant que soit prochainement fixée l’audience préliminaire qui nous voit passer de la position de suspects à celle de mis en cause, nous réaffirmons la nécessité de nous mobiliser et de construire une opposition à ces frontières de la techno-science qui utilisent le monde comme une excroissance de leur laboratoire.

En vue du procès, nous nous voyons contraints d’assumer de nombreuses dépenses légales, et nous demandons à tous et à toutes un support, avec l’organisation d’évènements de soutien et de donations au compte courant postal au nom de Marta Cattaneo, code Iban IT11A0760111100001022596116, en spécifiant la clause : solidarietà a Silvia Billy Costa

Pour contacts : info@resistenzealnanomondo.org
resistenzealnanomondo.org, silviabillycostaliberi.noblogs.org

Partout : rassemblements de solidarité avec la ZAD du Testet

Samedi soir, sur le chantier du barrage de Sivens, aux alentours de 2h du matin, Rémi est mort.
Pour ceux qui ont été présents ces six derniers mois au Testet, pour ceux qui ont été des batailles de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, pour tout ceux qui au moins une fois se sont retrouvés face aux violences policières, une évidence s’impose : ni bavures, ni « mort suspecte », nous parlons ici d’assassinat.
La mort de Rémi survient après des mois de lutte où la police a très violemment réprimé le mouvement ;joué au foot avec la tête des militant qui s’enterrent, grenade offensive dans les caravanes et tirs tendus décomplexés dans la tête.
Ce qui est arrivé à Rémi aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre nous, ici ou ailleurs. À n’importe qui d’un peu déterminé ce jour-là et qui mettait en actes son refus.
Quand Alexis en Grèce ou Zyad et Bouna à Clichy-sous-Bois se font tuer par la police, ce sont des milliers de personnes qui descendent dans la rue, des villes et des pays qui s’embrasent. Laisser la peur et le sentiment d’impuissance donner le ton et prendre le pas sur la colère serait envoyer la mort de Rémi directement aux oubliettes. C’est le devenir de nos vies et de nos luttes qui se joue.
Peu importe que nous ayons ou non pris part à la lutte contre le barrage. La réaction qui doit aujourd’hui éclater dépasse très largement son caractère local.
Peu importe ce que disent les experts.
Peu importe ce que disent les médias. La vérité on la connaît : les flics ont tué Rémi.
Nous ne voulons pas de martyr mais faire en sorte que cette énième mort empêche tout retour en arrière.

Se ressaisir ensemble de cette situation, c’est en premier lieu en faisant vivre ce qui avait poussé Rémi et des milliers de personnes autour de ces grilles !
Nous appelons à un rassemblement pour se retrouver et pouvoir exprimer notre rage !

Texte repris de Mille Bâbords.

LES RASSEMBLEMENTS A VENIR :

Jeudi 30 :
Aix-en-Provence 14h30 place de la Mairie
Italie : 18h devant le consulat de france à Milan (via Moscova 12) et à Turin (via Roma 366)
Langon à 17h45 devant la Sous-préfecture
Lons le Saunier rassemblement jeudi à 17 h30 devant la préfecture
Nîmes à 17h30 devant la Préfecture
Perpignan à 18h devant la préfecture : manif organisée en hommage à Rémi Fraisse.
Poitiers dès 16h place Charles de Gaulle (« place du marché ») pour une discussion autour des ZAD et de la répression policière, puis à 18h pour une manifestation
Rennes 18h dalle Kennedy
Sète rassemblement devant la mairie  à 18h30

Vendredi 31 octobre :
Albi, 8h, devant le Conseil Général du Tarn (pendant la réunion dudit conseil)
Alès, 18h devant la sous-préfecture
Auch, 18h sur le parvis de la cathédrale
Caen, 18h
Rouen, 18h, place du vieux marché
Marseille : rassemblement à 18h au kiosque des Réformés

Samedi 1er novembre :
Alençon :  11h devant la Pref’ ; Rassemblement en hommage à Rémy Fraisse, Non à la répression d’État !
Apt : à 11h.
Bruxelles, 18h, au gueulophone de Lemonnier (Avenue Stalingrad, Métro Lemonnier)
Chalon sur Saône :  17h, place de la Mairie.
Dijon :  17H Mémorial – rue de la liberté – Manifestation en casques
Épinal :  à 11h Place des Vosges ; Rassemblement en hommage à Rémi Fraisse et en soutien à la lutte contre le barrage de Sivens
Nantes :   manif pour Rémi. RDV à 14h devant la Préfecture.
Nice :  rassemblement pacifique  à 15h, Place Garibaldi à Nice
Saint Brieuc :  14h devant la Préfecture
Saint-Denis-De-la-Réunion : Hommage à Rémi à Saint-Denis-De-la-Réunion à 10h00 au Parvis des Droits de l’Homme à Champfleuri.
Segré : rassemblementà la  sous préfecture a partir de 11h
Toulouse, place du capitole, 15h

Dimanche 2 novembre :
Vallée du Testet, pique-nique et manifestation dès 12h à la Métairie Neuve.
Marseille : un rassemblement est organisé à 16h30 au cours Julien, avec création d’un autel des luttes/autel pour Rémi.

Jeudi 6 novembre :
Mirande : 11H place de l’ Astarac

Pour plus d’informations et de rendez-vous, le site de la ZAD du Testet.

Solidarité active avec la ZAD du Testet !
Contre l’État et les projets du Capital !
La lutte continue.
A Rémi.

Grèce : Le commissariat de Mesolongi attaqué

29 octobre, répression sans limites dans la ville de Mesolongi

L’État policier n’a pas de limites à Mesolongi. Deux compagnons qui attachaient une banderole près de la place centrale de la ville ont été brutalement agressés par deux flics en civil (à coups de poings et de pieds). Les deux compagnons, qui ont fortement résisté, ont été emportés vers le commissariat, qui a peu après été la cible de deux attaques de personnes solidaires. Plusieurs véhicules de flics qui y étaient garés ont été éclatés à cette occasion. Plus de nouvelles plus tard.

Solidarité avec les compagnons détenus !
L’hiver qui arrive sera lourd, connards !

Madrid : Communiqué sur l’expulsion du CSO La Gatonera (17/10/2014)

L’État ordonne, la presse signale et la police expulse la Gatonera : voilà comment, une fois de plus, commence cette histoire, qui loin d’être une nouveauté commence à se transformer en une routine suspecte. Une sale routine qui, à coups de répression et de peur, fait en sorte que, peu à peu, un mouvement entier et toute une histoire de lutte anarchiste s’habitue à vivre avec cette sensation déjà trop normalisée en leur for intérieur. L’importance de générations et de générations qui ont tout donné durant des années afin de démontrer qu’une autre vie est possible, qu’il y a des possibilités en-dehors du système dans lequel nous vivons, qui nous a dans le viseur parce que nous ne voulons pas faire une fois de plus partie de leurs misères et parce que nous aspirons à gérer nos propres vies.

En expulsant les centres sociaux, ils espèrent que tout ce qui en sortira sera la peur, la paralysie des luttes qui vont à la racine du problème, la normalisation de la répression et son assimilation par ceux qui luttent, offrant ainsi une possibilité de récupération et de contrôle total, comme l’est l’institutionnalisation de tout type de luttes afin d’éviter qu’elles ne leur échappent des mains, que ce soit en créant de nouveaux partis politiques de gauche, la concession d’espace ou la négociation avec n’importe quel type d’institution. De tout cela, nous ne tirons qu’une seule conclusion : SI LA LUTTE EST LÉGALE, ELLE N’A AUCUN EFFET. CAR SI ELLE EN AVAIT, ELLE NE SERAIT PAS LÉGALE.

Mais ils ne se rendent pas compte qu’il existe encore des personnes disposées à continuer d’avancer pas à pas, à ne pas laisser tout ça rester tel quel, que ce soit pour une question de dignité personnelle ou de solidarité collective. L’expulsion de la Gatonera n’est en théorie que la fermeture et la destruction d’un bâtiment. Mais ce bâtiment vivait à travers les personnes qui faisaient de lui un espace d’expérimentation anarchiste, de lutte, de complicité, de rencontre, de réunion et de création de nouvelles relations.

Ils nous ont expulsés de l’immeuble de la rue Amistad, mais il n’ont pas le moins du monde réussit à faire ce qu’ils prétendaient faire : nous effrayer.

Nous voulons être bien clair-e-s là-dessus et bien le faire comprendre : rien n’est fini, ce n’est que la continuation d’un projet de sept ans qui continuera d’être porté où, comment et quand nous le déciderons.

Nous croyons également que, bien que cela fasse partie d’une manœuvre contre les centres sociaux en général, nous sommes conscients que l’expulsion de la Gatonera ne s’est pas produite par hasard. Nous sommes restés fermes lors d’autres occasions, en refusant de céder aux chantages et en essayant d’être aussi fidèles que possible à nos idées. Nous avons reçu des menaces d’expulsion et des menaces personnelles, le centre social a été boycotté plusieurs fois et nous avons eu plus d’une confrontation avec les forces de l’ordre. Nous n’avons jamais recouru aux plaintes, à la victimisation ou au formalisme. Notre façon d’affronter ces situation a été de continuer sur notre ligne, qui au final est la chose qui nous a menés jusqu’ici. Et, fièr-e-s de cela, nous en assumons les conséquences, parce que c’est justement cela qui nous dit que ça les gêne, et que nous sommes donc sur la bonne voie.

Tout cela ne fait que commencer. Ils ont provoqué une étincelle qui nous servira pour donner une poussée à la nouvelle étape de lutte, avec plus d’envie que jamais, et beaucoup plus de fermeté et de rage.

A vous qui vous êtes solidarisés avec nous lorsque cela a été nécessaire, nous voulons vous dire que nous nous sentons très fier-e-s de cela. A vous tou-te-s qui avait fait que la Gatonera puisse exister, qui avez maintenu l’essence de l’espace et qui avez tant travaillé avec nous.

Nous croyons que la réponse la plus cohérente est celle de continuer à lutter, de faire en sorte que cette réponse soit visible, par les moyens que chacun-e préfèrera, en maintenant l’idée originale que la Gatonera a toujours voulu porter : décentralisation des quartiers et action directe.

A vous, les mafieu-se-s, les politicien-ne-s, les flics, les patron-ne-s, les exploiteur-ice-s, les mercenaires, les assassins, les traîtres, les bourreaux…

…TOUT CELA NE FAIT QUE COMMENCER
LA LUTTE CONTINUE.
MORT A l’ÉTAT, VIVE L’ANARCHIE.

en espagnol

Athènes : attaque incendiaire contre un commerce fasciste

Au petit matin du 24 octobre 2014, nous avons attaqué le bar “Bristol”, situé rue Davaki à Ambelokipi, avec un engin incendiaire. Cette entreprise appartient à Christos Zervas, un membre de l’aube dorée connu et candidat aux dernières élections municipales, en plus d’être un lieu fréquenté par les députés de l’aube dorée et autre racaille fasciste.

Nous dédions cette action à la mémoire de Pavlos Fyssas, Shehzad Luqman et les innombrables migrants qui ont été victimes de violence de l’Etat qui se manifeste aux frontières maritimes et terrestres.

Nous continuons la lutte antifasciste dans les rues et les places, et n’attendez rien de “l’anti-fascisme” étatique et ses partisans; au contraire, ils sont nos ennemis.

Nous n’oublions pas les personnes en captivité et poursuivies de la lutte. Les arrestations préventives, les persécutions et les tortures ne resteront pas sans réponse.

Athènes : médecin nazi défoncé à Neos Kosmos

Dans la matinée du 23 octobre 2014, les camarades ont rendu une visite au cabinet médical du nazi Athena Mataraga, située au 16, rue Kasomouli à Neos Kosmos. Mataraga, un membre actif de l’aube dorée, était également un candidat figurant sur le scrutin de l’organisation nazie au cours des dernières élections de l’Association médicale d’Athènes.

Ce qui a été renvoyé au collègue du Dr Mengele était un petit pourcentage de la violence que les salauds de sa bande exercent sur les migrants, les travailleurs et les combattants.

Les vers seront extraits un par un de leurs trous. Rien ne restera sans réponse.

Antifascisme militant dans chaque quartier

France : un manifestant tué au Testet

Un camarade tué au Testet – Appel à manifester contre la violence d’Etat – à Nantes et ailleurs

Rassemblement ce lundi 18h devant la préfecture de Nantes
Rendez-vous dès 15h place du Bouffay pour préparer et informer

Pendant la nuit de samedi à dimanche un manifestant, Rémi, a été tué au cours des affrontements qui se sont déroulés lors du rassemblement contre le barrage de sivens au Testet. Environ 7000 personnes ont convergé sur la zad du Testet après des mois d’attaques policières, de destruction de la zone humide et des habitats de ceux qui la défendaient. En fin d’après midi puis plus tard dans la nuit, des dizaines de personnes s’en sont pris aux forces de l’ordre qui protégeaient le chantier. Elles souhaitaient ainsi marquer leur colère et retarder la reprise des travaux, initialement prévue pour lundi. Elles ont été repoussées à coups de flashballs, de grenades assourdissantes, de désencerclement et de gaz lacrymogènes. D’après les témoignages des camarades du Testet, la personne décédée se serait écroulée suite à des tirs de grenade puis aurait été emmenée par les forces de l’ordre. La Préfecture affirme ne rien vouloir déclarer à ce sujet avant le résultat public de l’autopsie lundi. Le gouvernement a déjà commencé à stigmatiser les manifestants, et tente de diviser pour noyer le poisson. Mais ils savent bien que, quoi qu’ils fassent, cette mort aura des conséquences explosives.

Ce décès révoltant n’est malheureusement pas suprenant dans ce contexte. A Notre dame des landes, au Testet et partout où nous nous opposons à leurs desseins, nous avons dû faire face au déploiement crû de la violence d’Etat. Si nous avons bien compris de notre coté que nous ne pouvions nous contenter de les regarder docilement détruire nos vies, eux ont démontré qu’ils ne nous feraient aucun cadeau. Pendant les mois d’expulsion de la zad de Notre Dame des Landes, de nombreux camarades ont été blessés gravement par des tirs de flasballs et grenades. Sur la seule manifestation du 22 février 2014 à Nantes, 3 personnes, visées à la tête par des flashballs ont perdu un œil. Depuis des semaines au Testet plusieurs personnes ont été blessées elles aussi et d’autres accidents tragiques ont été évités de justesse lorsque des opposants se sont faits délogés, notamment des cabanes qu’ils avaient construites dans les arbres. Pourtant c’est bien, entre autre, parce que des milliers de personnes se sont opposées physiquement aux travaux, aux expulsions, à l’occupation policière de leurs lieux de vie que le projet d’aéroport de Notre dame des landes est aujourd’hui moribond, et que le barrage du Testet et ceux qui devaient lui succéder sont largement remis en question. C’est cet engagement en acte qui a donné une puissance contagieuse à ces luttes et qui menace partout aujourd’hui l’aménagement marchand du territoire.

Plus quotidiennement la répression s’exerce face à ceux qui luttent dans les prisons, dans les quartiers et dans les centres de rétention et entraîne là aussi son lot de morts trop souvent oubliées, plusieurs dizaines chaque année. Face aux soulèvements et insoumissions, la démocratie libérale montre qu’elle ne tient pas seulement par la domestication minutieuse des individus et des espaces de vie, ou par les dominations économiques et sociales, mais aussi par un usage déterminé de la terreur.

Nous appelons à occuper les rues et lieux de pouvoir partout dès demain, pour marquer notre tristesse, saluer la mémoire du camarade tué ce samedi et pour exprimer notre colère face à la violence d’Etat. Nous ne les laisserons pas nous tuer avec leurs armes dites « non léthales ». Réagissons avec force pour qu’il y ait un avant et un après cette mort. Affirmons plus fort que jamais notre solidarité avec tous ceux qui luttent au Testet et ailleurs contre leurs projets guidés par les logiques de contrôle et de profit, mais aussi avec tous ceux qui tombent plus silencieusement sous les coups de la répression partout ailleurs. Nous ne nous laisserons ni diviser ni paralyser par la peur. Nous continuerons à vivre et lutter sur les espaces qu’ils rêvent d’anéantir, et à leur faire obstacle.

Nous ne laisserons pas le silence retomber, nous n’oublierons pas !

Des occupant-e-s de la zad de Notre dame des Landes

Une seconde manifestation se prépare pour samedi 14h

Plus d’infos zad.nadir.orgnantes.indymedia.org

(traduit en allemand, italien – partiellement traduit en grec, espagnol, anglais)

Australie : Des véhicules de l’industrie avicole incendiés

Tôt dans la matinée du lundi 13 octobre, le Front de Libération Animale et le Front de Libération de la Terre ont décidé de rendre une petite visite au site de construction de Pepe’s Duck à Linden Rd. Cunningar, dans les Nouvelles Galles du Sud.

Prendre les affaires de Pepe’s pour cible a pour nous été un choix facile, puisqu’ils sont les plus gros fournisseurs de viande industrielle de canard pour les masses. Mais étant donné que la population humaine augmente, et que l’amende de $400,000 que Pepe’s ont reçu en 2012 attend toujours d’être payée [pour la fraude d’avoir affirmé mensongèrement que les canards étaient en libre pâturage], il n’est pas surprenant que ceux-ci cherchent à détruire plus de terres et plus de vies afin de pouvoir rester en tête.

Une tempête avait lieu, et le ciel s’est ouvert lorsque nous avons atteint le site, mais nous avons décidé sans hésiter de passer à l’action. Des engins incendiaires ont été placés stratégiquement, et un catalyseur répandu sur 3 de leurs machines destructrices de la terre, et à l’aide d’une simple étincelle, la fumée a commencé à remplir le ciel alors que nous repartions.

Pour tous ceux qui souffrent aux mains de ceux qui les domestiquent.

Commercialisés, mais pas oubliés.

ALF-ELF

Athènes : fasciste fracassé à Exarchia

Lundi après-midi 20 octobre 2014, un fasciste a été repéré et fracassé dans le secteur d’Exarchia. La crapule molle qui se fait appeler Ioannis Kaptsis (originaire de l’île de Syros) portait un tee-shirt ‘Pit Bull Hellas’ avec un sac. Les reçus des achats de la zone d’Exarchia (c’est probablement un résident) ont été trouvés sur lui, ainsi que des contacts avec d’infâmes fascistes (Lagos, par exemple) et d’autres saloperies à l’esprit similaire (par exemple Giorgios Dorée, Maria Dorée) dans son téléphone portable.

Ni à Exarchia ni nulle part. Ecrasons les fascistes dans chaque quartier.

PS. Nous le remercions pour le don généreux de son argent qui nous permettra de renouveler le permis de séjour d’un camarade migrant.

Thessalonique, Grèce : Bombe dans la maison d’un nazi d’Aube Dorée

Dans la nuit du mardi 14 octobre 2014, nous avons placé un engin explosif dans le bâtiment dans lequel habite le membre d’Aube Dorée Stathis Valakos, au 28 de la rue Lahana (2ème étage), à Thessalonique. Ce fasciste a été candidat au conseil avec Aube Grecque, liste liée à Aube Dorée lors des dernières élections municipales. Les ordures du genre de Stathis Valakos n’auront nulle part où se cacher. Nous les trouverons et les traiterons comme elles le méritent.

PS.1: Ne ne nous fions pas, et ne nous basons pas sur un prétendu “combat” de l’Etat contre le fascisme. Au contraire, nous le considérons comme quelque chose auquel nous sommes hostile. Le fascisme se combat par la présence permanente dans les rues, et les fascistes par des visites continues chez eux, dans leurs locaux et à d’autres moments de leur quotidien.

PS.2: Le visage de ce type peut se trouver avec une simple recherche sur Internet.

En mémoire de Shehzad Luqman et Pavlos Fyssas.

Nous rendons un peu de la force que nous donnent celles et ceux qui continuent la lutte à l’intérieur et à l’extérieur des murs.

Groupe de rue pour la diffusion de l’action directe

Saint-Nazaire : Slogans antifascistes

Dans la nuit de mardi 14 à mercredi 15 octobre, nous avons tagués des murs* devant l’agora de saint nazaire car mercredi 15 il s’y est déroulé une réunion publique sur l’éducation organisé par le front national et le collectif racine.

Nous refusons de laisser le champ libre à l’extrême droite et ses idées nauséabondes. C’est pourquoi nous avons menés cette action simple. Car nous devons contrer l’avancée du fascisme par nos propres moyens, car le fascisme n’est pas la solution. Nous sommes là, c’est un avertissement.

Le fascisme ne passera pas, à saint nazaire comme ailleurs !

Fuck l’orthographe !

Pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fascistes !

* des slogans tagués : “Attention aux retours de flammes” / “Compter sur nous pour danser sur vos cendres quand votre empire finira en flammes”

Balkans : Derrière les murs du nationalisme et de la guerre

Communiqué des participant-e-s des 8èmes Rencontres Anarchistes des Balkans (Balkan Anarchist Bookfair, Mostar, 5-6 septembre 2014).

Il est clair que le nationalisme est un outil utilisé contre les classes exploitées. Dans les Balkans, et particulièrement en ex-Yougoslavie, la montée de l’idéologie nationaliste dans les années 1990 a rendu possible l’attaque brutale du capitalisme contre la Société. Elle a, en outre, divisé la population et détruit les réseaux de coopération et de solidarité existants.

La nécessité de se confronter à l’idéologie nationaliste dans une perspective radicale et anti-autoritaire nous a rassemblés à Mostar (Bosnie-Herzégovine) les 5 et 6 septembre 2014 lors des 8èmes Rencontres Anarchistes des Balkans. Nous sommes venu-e-s de Bosnie-Herzégovine, de Croatie, de Serbie, de Slovénie, d’Albanie, de Roumanie, de Grèce et d’autres pays, hors de la région des Balkans.

La vraie nature du nationalisme est, plus que nulle part ailleurs, évidente à Mostar, ville divisée où les brutalités de la guerre sont toujours visibles dans les rues.

Il est essentiel de prendre conscience que cette division de la ville n’est pas la cause mais la conséquence de guerres et d’idéologies nationalistes créées par la classe dominante.

Cela était clair pour les manifestant-e-s de Tuzla qui ont tagué « Mort au nationalisme », ainsi que pour celles et ceux de Mostar qui ont brûlé les sièges des deux partis nationalistes en février 2014.

Cependant, dans d’autres parties du monde, de nouveaux nationalismes et de nouveaux conflits sont créés sur des lignes similaires et avec des conséquences prévisibles.

De nos jours, beaucoup en Ukraine pensent qu’ils se doivent de répondre à un faux choix imposé par les États et les entreprises (et parmi eux, il y a même certains anarchistes et « anarchistes »[1]). Cependant, nous maintenons que le nationalisme est toujours une idéologie qui reproduit le système de l’État, un système de répression et d’exploitation opposant les exploité-e-s et les oppressé-e-s les un-e-s contre les autres. Aujourd’hui, nous voyons en Ukraine les mêmes mécanismes que ceux utilisés pendant les guerres en ex-Yougoslavie : le nationalisme est l’outil utilisé par celles/ceux au pouvoir afin de pousser le peuple à la guerre pour l’intérêt du capital. En tant qu’anarchistes, nous nous sommes opposé-e-s à tous les efforts de guerre en ex-Yougoslavie dans une solidarité qui continue encore de nos jours. Loin du pacifisme libéral et des obsessions gauches-nationalistes de guérillas armées, notre lutte ne se rangera jamais du côté des politiques militaristes et de la destruction, sur lesquels reposent tous les états.

Contre le nationalisme, le militarisme et la guerre !
Contre tous les gouvernements et tous les États !
Pour la solidarité et l’autonomie !

[1] Du groupe anti-colonial nationaliste d’influence anarchiste Mlada Bosna/« Jeune Bosnie » de Sarajevo (1914), aux groupes soi-disant « anarcho »-nationalistes tels que « Slobodari » de Sarajevo (2014), toutes ces tentatives de combinaison de l’anarchisme avec le nationalisme ont montré un seul et simple résultat : le nationalisme. « Slobodari » est un petit groupe de Sarajevo qui se revendique de l’anarchisme mais entretient des contacts avec des groupes nazis ukrainiens (comme par exemple le groupe de nationalistes autonomes Avtonomnyj Opi). Ce groupe a créé une grande confusion via ses nombreux sites internet, dont le site « Balkan anarchist black cross ». Pour plus d’informations (en anglais) : sabotagemedia (partiellement traduit ici).

“Irak–Syrie–Kurdistan”

Un compte-rendu à la première personne reçu le 12 octobre 2014.

Je voulais partager un peu d’informations sur ce qu’il se passe et ce qu’il s’est passé par ici.

L’EI (État Islamique ou ISIS) attaque la ville de Kobane à Rojava (ce qui signifie Kurdistan de l’Ouest en Kurde). Mais je veux expliquer pourquoi existe cette organisation, l’État Islamique, comment elle a été fondée. Et peut-être que tout sera alors plus clair.

Nous pouvons dire que l’histoire d’ISIS commence avec Abu Musab Al-Zarqawi, qui a organisé les plus grandes résistances contre les USA et les troupes de la Coalition en Irak. Lui est de la ville de Zarqa, en Jordanie, d’où son nom de “Zarqawi”.

En Jordanie, il faisait partie d’une organisation Salafiste et djihadiste, et il a pour cela été emprisonné avec ses camarades. Pourquoi l’État jordanien ne veut-il pas d’une organisation de ce type ?

1 – Les organisations salafistes vont à l’encontre des Lois de l’Homme (Constitution), et pour elles, seule la Loi d’Allah (le Coran) doit être appliquée. Ils sont donc également contre la démocratie et les élections.

2 – Les organisations djihadistes contre le Bloc Occidental et Israël. Mais la Jordanie est le plus docile des collaborateurs du Bloc Occidental et d’Israël.

Après qu’il soit sorti de prison, il ne voulait pas y retourner en Jordanie, ce qui l’a poussé à se déplacer vers l’Afghanistan pour former des militants. Mais en 2001, les USA ont envahi l’Afghanistan, ce qui l’a forcé à fuir vers l’Irak avec ses camarades pour y organiser une organisation salafiste.

Petit à petit, ils ont établi des contacts. En 2003, les USA envahissent l’Irak et donnent le pouvoir aux Chiites, qui cessent immédiatement de résister. La résistance Sunnite commence alors.

Pourquoi s’est-il formé une grande haine entre Chiites et Sunnites ? Ce n’est pas une simple question de pratiques religieuses. Ces différences ont toujours existé, alors pourquoi maintenant ? Il nous faut étudier l’invasion et voir comment les USA ont modifié les équilibres. Ce sont eux qui ont le plus résisté (les salafistes venant des régions Sunnites), eux et les vieux Baas (Saddam, lui aussi Sunnite) soldats-militants.

Sur les dix dernières années (2004-2014), les villes et villages Sunnites ont été bombardés par la Coalition ; les salafistes Sunnites étaient dans les prisons des USA comme Abu Ghraib et Guantanamo… Donc pour comprendre ce pourquoi ISIS existe maintenant, il nous faut voir tous ces faits. Et pourquoi cela a-t-il tourné en « Guerres de Sectes Religieuses » entre Chiites et Sunnites depuis les dix dernières années.

Zarqawi était un type plein de colère et un militant. Il avait aussi cette haine des Sunnites. Il a organisé de nombreux attentats à la bombe dans des marchés de quartiers et mosquées Chiites. Ils ne reconnaissent pas les valeurs occidentales telles que « l’Humanisme » ou « Civil-e-s ». Pour les critiquer, n’utilisons pas ces valeurs là. Pourquoi tuent-ils et torturent-ils celles et ceux qui n’ont rien à voir avec la cruauté ? Pourquoi tuent-ils des innocent-e-s Ezidi, chrétiens, alawis seulement parce qu’ils SONT ? Voilà le problème. Tuer celui qui soutient la cruauté avec son argent, ses armes ou ses connaissances. Lire la suite »

Athènes : Attaques incendiaires en solidarité avec Antonis Stamboulos

La nuit du vendredi 10 octobre, nous avons incendié un véhicule du Corps Diplomatique, immatriculé D.C. 65-17, dans le quartier de halandri, et un autre appartenant à l’entreprise de sécurité privée Spartakos dans le quartier de Nea Filadelfia, en tant que geste de solidarité avec l’anarchiste révolutionnaire Antonis Stamboulos et sa digne lutte (en grève ou non).

Force au compagnon Antonis et à tou-te-s les prisonnier-e-s révolutionnaires.

P.S. : Compagnon-ne-s, Athènes aurait du partir en flammes ces jours-ci, et il n’y a pas de place pour les justifications.

Note : Le 11 octobre, Antonis Stamboulos a mis fin à la grève de la faim et de la soif qu’il menait depuis le 6 octobre à 18h pour protester contre son transfert dans une prison loin d’Athènes. Il demeure cependant en prison préventive dans les prisons de Larisa, accusé de terrorisme et associé par les autorités au cas de Lutte Révolutionnaire.