Contact

Pour contribuer aux traductions, édition-correction et/ou apporter du matériel original à publier tel que des actualités depuis la rue, des compte-rendus d'actions, communiqués de revendication, des textes pour des compagnon-ne-s emprisonné-e-s ou poursuivi-e-s, des appels, des feuillets, des articles d'opinions, etc. : contrainfo(at)espiv.net

Montevideo, Uruguay : La lutte se déroule dans la rue, pas dans les urnes

Dire qu’ils apparaissent tous les cinq ans n’est pas un cliché. Les élections municipales s’approchent et les politiciens abordent dans leurs programmes un thème commun. Tous parlent d’un problème qui ne les avait jamais intéressés auparavant : le zoo Villa Dolores.

Mais qu’est-ce qui a bien pu changer ces derniers temps pour que tous soient tout d’un coup intéressés par des modifications ou la fermeture de ce zoo, et quels sont les intérêts qui les motivent ? La réponse est claire : la lutte qui est menée et la quantité de gens qui pensent que le zoo Villa Dolores doit fermer immédiatement. Ce n’est pas du tout un hasard qu’ils n’aient jamais mentionné le sujet des années durant, et que maintenant que nous nous trouvons au beau milieu d’un campagne pour le fermer, et qu’en plus viennent les élections municipales, tous aient quelque chose à en dire.

Parmi le spectre d’opportunistes qui profitent de la situation pour en tirer des bénéfices (votes), il y en a de toutes sortes, depuis ceux qui estiment que Villa Dolores doit être fermé jusqu’à ceux qui disent que le modèle actuel de zoo ne doit pas être conservé en proposant plus ou moins la même chose que ce que fait l’intendance : une prison d’animaux autochtones.

Tandis que ces personnages désespérés  pour leurs voix parcourent toute la presse en s’emplissant la bouche de ce qu’ils feraient ou ne feraient pas avec le zoo entre leurs mains, nous parcourons les rues pendant chaque marche avec nos pancartes et nos affiches avec les poings levés, décidés à freiner l’enfermement. Tandis qu’ils sortent répéter leurs slogans vides lors de leurs discours, nous mettons le sujet en discussion par l’information qui se distribue sur les places et dans les marchés. Tandis qu’ils remplissent la ville d’affiches et fresques avec un nom et un numéro qui ne dit rien, nous marquons la présence de la lutte par des peintures et des activités

Le moteur de cette campagne est la liberté, liberté qui ne sort d’aucune urne, seulement de nos actions, de celles que nous menons chaque jour, individuellement ou collectivement aux côtés de ceux qui participent à cette lutte. Pas ceux qui parlent d’elle pour obtenir quelque chose en échange, pas de ceux qui se battent pour le pouvoir.

Personne ne les appelle, mais ils apparaissent toujours. Égal à la trajectoire d’une comète vue depuis la planète Terre, ce phénomène se répète avec une exactitude mathématique, cinq ans dans le cas présent, espace dans lequel les politiciens s’accrochent partout où ils le peuvent pour obtenir quelques votes ; maintenant c’est la lutte pour la clôture du zoo, hier c’était la lutte contre la méga-mine Aratirí, et si l’on remonte en arrière, on ne finira jamais.

Tandis que e réformiste qu’est Álvaro Garcé se fait un peu de propagande à travers son plan ambitieux de faire quelques modifications au zoo, et pendant que les opportunistes Virginia Cardozo, Edgardo Novick et Daniel Martínez tentent de récolter quelques votes avec cette fable qu’ils fermeraient le zoo, la lutte ne s’arrête pas un seul instant.
Une comète passe et passe au loin, et c’est tout ce qu’il y a à attendre des élections municipales., qu’elles passent, car elles n’ont rien à voir avec la lutte.

Ni avec les réformistes, ni avec les opportunistes.
La lutte se déroule dans la rue, pas dans les urnes.

Les réformes ne nous arrêterons pas, nous fermerons Villa Dolores !

Coordination pour la clôture du zoo Villa Dolores
Montevideo, Avril 2015.

italien

Depuis quelques part dans le monde : Lettre du compagnon Carlos López « Chivo »

Compagnons, j’écris ces quelques lignes avec l’intention de vous faire connaître mon actuelle condition de vie, que j’ai décidé de mener depuis une perspective très particulière suite à la série de situations qui ont été suscitées dans le récent contexte de  la lutte individuelle et/ou sociale, et la répression contre celle-ci.

Il existe une longue liste de compagnons et de compagnonnes qui ont été harcelés et sur lesquels on a enquêté pour l’activité anarchiste de ces derniers temps dans le pays, plus spécifiquement dans le centre et le sud, en les plaçant sous filature pour observer leurs mouvements et les gens avec qui ils s’organisaient, en envoyant des connards de sales balances pour recueillir de l’information, en accusant les compagnons étrangers de financer les luttes, et un grand etc. ; y compris au moment de l’arrestation qui m’a conduit en prison avec mes compagnonnes d’affinité Amélie et Fallon, il a été tenté de lier beaucoup de gens du milieu libertaire/anarchiste pour les relier à notre cas (5E), retournant quelques maisons pour trouver « des preuves » (sans y parvenir) et ainsi avoir plus d’arguments pour monter un coup dur à l’intérieur du petit monde acrate.

Cela a conduit comme résultat à l’arrestation successive du compagnon « tripa » (et la persécution d’autres compagnons qui ont aussi dû s’éloigner), qui a heureusement pu compter avec la réaction opportune des compagnons du GASPA pour le tirer de là immédiatement parce que l’accusation n’était pas bien fournie et, après sa décision rapide de partir en cavale, il n’y avait pas grand chose à choisir puisqu’en l’accusant sur la base de ses antécédents « délictueux » et en y ajoutant qu’ils l’ont lié aux enquêtes sur le terrorisme, le sabotage et les autres conneries qu’ils voulaient nous coller, il ne lui restait pas beaucoup d’autres alternatives que la prise de cette décision.

Pour des évidences semblables et en ayant la faculté de choisir librement, j’ai décidé de prendre le chemin de la cavale pour plusieurs raisons, principalement pour ma propre sécurité et celle des autres compagnons, du fait de la ligne de suivis qui s’est amorcée à partir de cela. Je ne serai ni l premier ni le dernier à le faire, à prendre un chemin de vie qui comporte en partie le fait de me réapproprier ma propre vie, mais aussi un côté violent, frontal et réfractaire envers toute autorité, parce qu’il n’y a pas besoin d’être érudit pour se rendre compte que tu te retrouveras dans le viseur des enquêteurs et procureurs qui tentent de te relier/de t’impliquer dans n’importe quelle affaire d’action directe qui se génère sur le champ de bataille, et dans mon cas, sortir sous contrôle judiciaire et signature, il est certain qu’ils m’auraient à leur merci pour me reprendre quand cela leur chanterait, un plaisir que je ne pense pas leur offrir, en tout cas pas dans la mesure de mes possibilités.

En plus de n’avoir pas la moindre intention de collaborer avec ce putain de petit théâtre juridique qui continuerait après ma sortie de prison, j’avais depuis le premier instant de ma libération physique décidé de ne pas être la proie de leur chasse en restant contrôlé par le biais de la visite périodique au lieu où je devrais supposément me présenter pour y étaler ma signature pendant un an et demi de plus ; et j’ai décidé de ne pas me présenter le jour suivant devant les juges, pour casser cette chose que je comprends comme une ligne de suivi.

Cela ne veut pas dire que je m’éloigne de la lutte ou que je me repentisse de ce qu’il me faille vivre pour pouvoir la mener, au contraire, elle continuera d’être le principal facteur personnel à me pousser dans cette facette insurrectionnelle vers l’inconnu de la liberté ; depuis « dehors » on peut aussi continuer la quotidienneté de l’attaque permanente sous ses formes et contenus les plus larges, en cherchant à poursuivre mes projets depuis ailleurs mais avec les mêmes visions, en ayant clair le fait que ce n’est pas avec la prétention de mener ma lutte vers la clandestinité volontaire ni chercher une forme spécialisée ou supérieure d’attaque, sinon simplement savoir qu’il s’agit des conséquences que nous devons affronter et assumer du fait de transiter sur ces sentiers de conflit, de faire les choses pour ce en quoi nous croyons et comment nous le créons possible et nécessaire.

J’ai toujours su que s’opposer fermement aux formes de subordination et aux contenus idéologiques, que les techniciens du mensonge démocratique emploient pour maintenir leurs privilèges et l’état des choses, apporteraient avec soi des circonstances contraires à ce que toute personne « normale » souhaiterait pour sa vie, mais comme je ne veux pas être ce genre de personne normale et accepter d’être un esclave de plus, j’ai été heureux de faire les choses de cette façon, comme agirait n’importe quel irréductible qui chercherait de la vie depuis sa façon de comprendre les choses.

Du point de vue de la commodité, il serait pour moi bien mieux, après être sorti de prison et avoir marché dans la rue, de voir mes parents et mes amis et d’être aux côtés de ma fille bien aimée ; tout comme être aux côtés des compagnons, compagnonnes et affinités de diverses tendances pour continuer d’agir ensemble ; mais je comprends que tout ceci n’est pas un jeu et que la lutte doit être menée jusque dans ses dernières conséquences, il est nécessaire de lui donner le sérieux qu’elle requiert parce qu’il est parfois nécessaire de prendre des décisions qui peuvent s’avérer douloureuses du fait de la distance physique avec les êtres que l’on aime. C’est pour cela que je vois la cavale non pas comme la seule sortie, mais comme la plus proche de la vision que je me fais de la situation, j’ai jugé adéquat d’agir ainsi, entre autres choses, pour ce que j’ai déjà dit avant sur le fait de ne pas laisser de prise aux suivis et tentatives de me relier à de futurs actes violents similaires à ceux pour lesquels j’ai été fait prisonnier, et par eux relier d’autres compagnons et ceux que je pourrais croiser sur le chemin, parce que nous savons ce que vaut la loi et l’ordre pour l’État et ses serviteurs, mais bien sur, pas en terme de peur, sinon en partant du fait que prendre soin des nôtres est aussi un acte insurrectionnaliste.

Une partie de mon insurrection individuelle consiste en la rupture avec toute forme d’attache, et la partie prépondérante nécessaire est la destruction constante de toute relation personnelle/sociale qui émane de l’ennemi État/Capital haï et de toute autorité, contre lequel je continue de me déclarer en guerre permanente dans l’échelle de mes possibilités ; ces relations reflétées dans la société aliénée qui ne reproduit que ce qu’elle apprend dans ses instituts d’éducation et religieux, ses moyens d’informations et de production économique/technologique, tout comme les façons de se comporter dans différents aspects du quotidien qui ne mènent qu’à la domination et, de ce fat, mon besoin de ne pas participer au jeu juridique et à ne pas être un « bon citoyen » qui puisse démontrer que le châtiment imposé par les lois et leurs mentors fonctionnent. Que tout cela aille chier !

Voilà pourquoi je préférerai mourir en essayant plutôt que de chercher une quelconque concession, médiation, aide ou pacte avec l’ennemi même que je cherche à détruire, en comprenant que chaque personne a ses perspectives et ses façons de faire les choses, en respectant ce que chacun fait de ses luttes, et en soutenant celles avec lesquelles je ressens une affinité ou qui montrent au moins une certaine hostilité contre l’ennemi ; mais c’est mon choix, et je m’y tiens.

Sans rien dire de plus, une grande étreinte à qui pourra me lire, et en particulier à mes amitiés, compagnons et compagnonnes de lutte, aux membres de ma famille et à tous ceux qui se reconnaissent dans la lutte contre le pouvoir dans chacune de ses facettes. La lutte continue, en ne voyant pas la situation comme prémisse de la fin, sinon comme la simple continuité de la libre possibilité d’agir.

POUR LA LIBERTE DES PRISONNIERS ET PRISONNIERES DANS LE MONDE !

POUR LA SOLIDARITE AVEC LES COMPAGONS ENCAVALE, QUE LE VENT EFFACE LEURS EMPREINTES !

POUR LA DESTRUCTION DU POUVOIR SOUS TOUTES SES MANIFESTATIONS !

SOLIDARITE AVEC LES COMPAGNONS EN GREVE DE LA FAIM !

GUERRE SOCIALE DE TOUTES PARTS !

VIVE L’ANARCHIE

Carlos López “Chivo”
Depuis quelques part dans le monde
5 avril 2015

Parution de “De Mazas à Jérusalem” de Zo d’Axa

« Plus rien ne nous attache au passé, mais l’avenir ne se précise pas encore. Et forcément nous allons mal compris comme des étrangers. Et c’est ici et c’est là, c’est partout que nous sommes étrangers. »

En 1895 sortait à quelques mois d’intervalle à Bruxelles et Paris sous deux titres différents un même récit des pérégrinations de Zo d’Axa, notamment traqué par la police pour “provocation au meurtre” de magistrats suite à plusieurs articles parus dans L’Endehors, qui allaient le mener de Paris à Jérusalem, en passant par Londres, Rotterdam, l’Allemagne, Milan, Turin, Trieste, Patras, Constantinople et jusqu’à Jaffa en Palestine.

A l’occasion d’une coédition, Tumult (Bruxelles) & Mutines Séditions (Paris) viennent de réimprimer ce livre, complété d’une préface et d’une longue note biographique : Zo d’Axa, De Mazas à Jérusalem, mars 2015, 224 pages, 6 euros en distro et 8 euros en librairies (format 13×19).

Pour la Belgique, on peut d’ores et déjà le commander à la Bibliothèque Acrata – 32 rue de la Grande Ile – 1000 Bruxelles (ou sur http://tumult.noblogs.org).

Et pour la France à la Bibliothèque Libertad – 19, rue Burnouf – 75019 Paris (Chèque à l’ordre de : Ce)… avant de le retrouver dans les librairies habituelles. La liste est disponible sur leur site, http://mutineseditions.free.fr

*

Et pour vous donner une idée, voici un extrait de la préface :

La révolte de l’individu désorientait et désoriente encore aujourd’hui les révolutionnaires qui n’ont d’oreille que pour les masses qui traînent les pieds. Si on parcourt la grande majorité de la littérature anarchiste actuelle, on ressent toujours cette même gêne, cet embarras quand leurs auteurs parlent de la fin du 19e siècle. Attentats à la bombe, meurtres, violence… les « années folles de l’anarchie ». Ils se livrent alors à d’invraisemblables tours acrobatiques afin de minimiser ces déflagrations et de les faire passer comme de simples maladies infantiles de l’anarchisme. Pourtant, c’est peut-être bien le coeur même de l’anarchisme qui caractérisait cette époque : pensée et dynamite, idée et action, main dans la main. L’imagination et la créativité dans sa propre vie et son propre combat, la liberté qui déploie ses ailes, l’individu qui commence son voyage.

Comme les Argonautes, Zo d’Axa savait que la joie réside dans les aventures qu’offre le voyage – quelles qu’elles soient – et non pas dans la découverte finale de la Toison d’Or. « Un sûr moyen de cueillir la joie tout de suite : détruire passionnément », c’est comme cela qu’il chantait le plaisir de la révolte. S’il était un ennemi de l’Autorité, c’est parce que ce n’est que dans le combat contre cette dernière que le voyage individuel est possible. C’est pour cela qu’il refusait de faire miroiter des lendemains qui chantent aux yeux avides et tristes des exploités et des opprimés, qu’il passait au crible leur crédulité et leur docilité, et qu’avec plus de fougue encore, il les exhortait toujours et à tout moment à s’insurger.

Quand un enfant erre dans le noir, il commence souvent à chanter fort pour s’encourager. De la même façon, nombre d’aspirants-subversifs ont pris l’habitude de bâtir des constructions théoriques pour faire face à la panique qui les saisit d’un coup à la seule pensée d’une existence sans certitudes, y compris lorsque ces certitudes sont l’oppression et l’absence de signification. Zo d’Axa préférait volontiers ne pas se plonger dans toutes ces analyses socio-économiques tant appréciées par un certain type de propagande révolutionnaire avide de confirmations objectives, de propositions réalistes et de résultats mesurables.

Une hérésie donc, hérésie contre les certitudes, y compris celles des mouvements révolutionnaires.

La révolte contre l’Autorité commence par le choix de l’individu, un choix qui échappe à la catégorisation en « rationnel » ou « passionnel », un choix qui ne peut pas être reconduit à des « conditions objectives » ou à des programmes idéologiques. Zo d’Axa a vécu une époque où, malgré la répression sanglante et l’exploitation féroce, idée et action s’embrassaient intimement dans la vie de certains individus, où des histoires de voyages commençaient, parfois courtes, parfois longues, parfois tristes, parfois joyeuses, mais toujours intenses et intempestives. Au-delà des époques et des distances, de telles aventures sont encore à saisir aujourd’hui. Peu importe où tu te trouves, d’où tu viens, l’âge que tu as.

Nous vivons dans un monde où toute sensibilité est engloutie par la marchandise, où l’obéissance et la docilité éradiquent progressivement tout sens, toute imagination, où l’Autorité commet toutes les atrocités imaginables et transforme la planète en cimetière. Alors te voilà seul devant toi-même et ce désir de vivre qui jaillit malgré tout. A toi le choix, mais n’attends pas trop longtemps.

Prisons grecques : Nikos Maziotis suspend sa grève de la faim

weapon

Le 5 avril 2015, l’anarchiste Nikos Maziotis a annoncé qu’il suspendait sa grève de la faim. Ci-dessous, une traduction partielle de son communiqué, par lequel il explique ses raisons et fait une première évaluation de cette lutte :

Après 35 jours de lutte, la grève de la faim que j’avais commencée avec d’autres compagnons le 2 mars a pris fin. Je ne prends pas cette décision parce que je suis arrivé à la limite de mes forces, mais parce que je crois qu’étant donné les dernières nouvelles en ce qui concerne le cadre des revendications, cette lutte a terminé son cycle et a épuisé son potentiel, en prenant également en considération les actions solidaires ayant été réalisées. J’ai choisi de suspendre maintenant la grève de la faim, avec la présentation du projet de loi, et je ne continuerai pas jusqu’à ce qu’il soit voté, ce qui aura lieu dans au moins dix jours, après les fêtes de Pâques, restant toutefois extrêmement attentif aux possibles modifications qui présenterait le ministère en ce qui concerne la loi de la cagoule ou le matériel génétique. Parce que le gouvernement a déjà montré à quel point il est peu fiable par rapport à la réalisation de ce qu’il annonce.

J’ai participé à la grève de la faim avec la main cassée, à cause des blessures que j’ai subies lors de mon arrestation, et sa rééducation demandera pas mal de temps, peut-être des mois, voire même plus d’un an. Les revendications que j’ai soutenues avec d’autres compagnons prisonniers ont des caractéristiques nettement politiques, parce qu’elles visent le noyau « antiterroriste » et répressif de l’État. Depuis le début, je ne me faisais aucune illusion sur le fait que toutes les revendications soient « réalistes » pour pouvoir être obtenues, comme l’abolition de la loi antiterroriste 187A et la loi sur les organisations illicites 187, mais elles devraient se poser pour des raisons politiques.

[…]

Je ne parlerai pas en termes de victoire ou de défaite. La lutte des prisonniers politiques, indépendamment de son résultat, a une grande valeur et une grande importance. C’est la première grève de la faim des prisonniers politiques, et comme je l’ai déjà dit en d’autres occasions, elle dépasse même le contexte revendicatif qu’elle a posé. Il s’agit de l’unique mobilisation politique combative qui s’est confrontée au gouvernement de SYRIZA. Cette lutte a dissipé les illusions par rapport au masque gauchiste du Pouvoir, la béquille gauchiste du capitalisme, l’administration gauchiste de la crise. C’est le grand legs politique qu’elle laisse à l’histoire et, en ce sens, nous en sommes définitivement sortis vainqueurs.

Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire
Prisons de Domokos

espagnol | portugais | serbo-croate

Repose en paix sociale, quelques notes sur la mort de Clément Méric

Cliquez sur l’image pour télécharger la brochure en pdf.

Ces quelques notes ont pour objectif de réfléchir un peu à quelques questions qui méritent selon nous d’être posées, et ce à tête reposée, maintenant qu’un peu d’eau est passée sous les ponts. Il s’agit ici de mettre en évidence les impasses d’un certain antifascisme et de questionner notre réactivité, mais aussi de reposer la question de la solidarité révolutionnaire.

Ce texte a été publié pour la première fois dans la revue anarchiste apériodique Des Ruines n°1, en décembre 2014, à l’intérieur du dossier « Ni héros ni martyrs – Contre le culte de la charogne ».

Ravage Editions
Éditeur anarchiste (livres & brochures) / ravage-editions@riseup.net

Mexique: Les prisonnier.e.s du 5E3 sont libéré.e.s sous caution

libresFinalement, après avoir été absout le 27 février 2015 des accusations fédérales pour le délit de dommage en modalité d’incendie, et avoir payé une caution pour la sentence de 2 ans et 7 mois pour les délits d’attaque à la paix publique et de dommages à la propriété, les compagnon.ne.s Amélie Trudeau, Fallon Rouiller et Carlos Lopez “Chivo” ont été remis.es en « liberté sous caution » le 13 mars.

Parce qu’elles sont de nationalité canadienne, les compagnonnes Amélie et Fallon on été transférées directement à une station de l’Institut National de Migration, une prison pour celles et ceux qui ne possèdent pas les papiers nécessaires pour traverser les frontières imposées par les États et le Capital. Une prison où des centaines de personnes passent leurs journées en attente d’une résolution sur leur situation pour le fait de ne pas avoir de papiers. Une prison comme toutes les prisons, où prévalent les mauvais traitements, les humiliations, l’insalubrité, etc. Elles y ont été pendant quelques jours. En raison des conditions du lieu : visites restreintes et peu d’informations, la situation des compagnonnes a été peu clair, jusqu’à ce que le 23 mars, elles soit déportées dans leur lieu d’origine.

Bien que plusieurs jours aient passé depuis la sortie  de prison des compagnon.ne.s, il nous parait important de propager cette information pour actualiser la situation de nos compagnon.e.s prisonnier.e.s.

Le fait d’avoir été absout de l’une des accusations indique pour nous, au-delà de nous parler de culpabilité où d’innocence, que l’État a mal monté son théâtre répressif y que pour cette raison a finit par se casser la figure, comme cela s’est produit avec l’accusation de Terrorisme qu’il et elles ont affronté durant 40 jours, raison pour laquelle il et elles ont été au Centro Nacional de Arraigos.

Nous pensons que peut-être qu’en vu du prochain coup répressif, l’État affine sa pointe, et pour cela, nous faisons appel a réaliser un exercice constant de réflexion sur nos pratiques de sécurité, tout comme a être préparé.e.s, car nous sommes assuré.es que la campagne anti-anarchistes de l’État mexicain continuera.

Savoir que nos compagnon.ne.s marche dans la rue de nouveau nous rempli de joie!

Il nous manque encore les prisonnier.e.s!

Liberté à Fernando Bárcenas, Abraham Cortés et Luis Fernando Sotelo!

Ras les murs de toutes les prisons!

Cruz Negra Anarquista México

Puebla, Mexique : Attentat explosif contre l’Institut National Electoral – Appel pour un Juin Noir

junio-negro

1er message : Déclaration de Guerre Permanente

Qu’ils dégagent tou-te-s !

Bakounine disait que les révolutions sont faites de trois quarts de fantaisie et d’un quart de réalité. Ce qui importe, c’est de comprendre d’où naît la fantaisie qui fait éclater la révolte généralisée.
Ai Ferri Corti

Nous aurions aimé faire bref. Se passer de généalogies, d’étymologies, de citations. Qu’un poème, une chanson suffisent. Nous aurions aimé qu’il soit assez d’écrire REVOLUTION sur un mur pour que la rue s’embrase. Mais il fallait démêler l’écheveau du présent, et par endroits régler leur compte à des faussetés millénaires. Nous avons pris le temps d’écrire en espérant que d’autres prendraient le temps de lire. Écrire est une vanité, si ce n’est pour l’ami. Pour l’ami que l’on ne connaît pas encore, aussi. Dans les périodes de répit, il n’est pas dur de nous trouver. Il y aura des dates et des lieux où masser nos forces contre des cibles logiques. Il y aura des dates et des lieux pour nous retrouver et débattre. Nous ne savons pas si l’insurrection aura des airs d’assauts héroïques, ou si ce sera une crise de larmes planétaire – un brutal accès de sensibilité après des décennies d’anesthésie, de misère, de bêtise. Rien ne garantit que l’option fasciste ne sera pas préférée à la révolution. Nous ferons ce qu’il y a à faire. Penser, attaquer, construire – telle est la ligne fabuleuse. Ce texte est le début d’un plan. A très vite”.
Comité invisible

I

A la rage indomptée et aux cœurs agités !
Allons de l’avant dès maintenant, jusqu’à la fin de l’horizon !

Nous nous trouvons de nouveau devant vous, présentant notre praxis dénudée, sincère et insurgée qui projette ces idées incandescentes que l’anarchie a vues au cours de sa vie, ces essais qui, du sang dans la gorge, ont crié vengeance pour les cœurs indomptés qui cherchaient et cherchent à détruire une réalité inacceptable.

En long et en large du globe terrestre, la praxis anarchiste a su défier l’état et le pouvoir, en menant la guerre sociale sur tous les fronts, lançant ses idées dans les rues, les convertissant en force libératrice, transformant les prières en un feu antiautoritaire qui les a vu brûler cent fois, attaquant les centres du pouvoir politique et économique, se confrontant aux forces répressives de l’état et projetant la vie dans l’individuel et le collectif avec des formes de vie autonomes et horizontales.

Face au système de domination qui prétend contrôler nos esprits et nos corps, qui reproduit l’inégalité, qui détruit la terre et la vie, qui met un prix sur tout (un prix que nous sommes fatigué-e-s de payer), nous avons décidé d’en faire une guerre des deux côtés.

D’un côté, le système de domination, l’état qui avec tous ses bras insère la violence dans la vie quotidienne des êtres humains et de l’autre la réponse insurgée des peuples, quartiers et individualités insoumises.

Ils nous doivent tout… ils nous doivent des joies, nouvelles, chansons, souvenirs, rires, ils nous doivent nourriture, couvertures, chaussures… ILS DOIVENT PAYER BEAUCOUP DE CHOSES, ils nous doivent des dents, l’école, le respect, les poèmes… ils nous doivent des cris, de la rage, des larmes claires, ils nous doivent l’amour et ils nous doivent la haine, ils nous doivent la rage, ils nous doivent des vies, ils nous doivent beaucoup, ils nous doivent tout… et tant qu’ils nous devront tout cela, NOUS CONTINUERONS DE LE PRENDRE.

Ils nous doivent nos compagnon-ne-s en prison et en cavale : Abraham Cortes, Luis Fernando Sotelo, Fernando Bárcenas, les compagnon-ne-s en cavale Mario López, Felicity Ann Ryder, ils nous doivent nos compagnon-ne-s en prison et en grève de la faim en Grèce, celles et ceux sous représailles de l’opération Pandora dans l’État Espagnol Francisco Solar et Mónica Caballero et d’autres, notre compagnon Diego Ríos et Tamara, ils nous doivent tous ceux-là et d’autres encore, et nos morts. Solidarité !

Ils nous doivent nos villages affectés par le PIM (Projet Intégral Morelos), et à ceux qui sont toujours en conflit ; Chalchiuapan, Canoa, San Andrés et San Pedro Cholula, les villages en résistance contre les mines dans la Sierra Norte. Ils nous doivent José Luis Tlehuatle, ils nous doivent nos compagnon-ne-s emprisonné-e-s par l’État dans cette région. Parce que tant qu’ils continueront de nous tuer, nous continuerons d’attaquer. Et si la justice n’existe pas, elle est à faire de nos mains.

II

Ils rêvent de révolution ordonnée, de principes en bon ordre, d’anarchie sans turbulences. Quand la réalité prend un pli différent, ils crient immédiatement à la provocation et hurlent jusqu’à être entendus par la police. Les révolutionnaires sont des gens pieux. Pas la révolution.
La Joie Armée; Alfredo Maria Bonanno

Les enjeux que les anarchistes latino-américains avons devant nous sont multiples et exigeants. Renforcer nos groupes affinitaires et organisations spécifiques. Participer aux conflits réels et aux mouvements sociaux pour élever leur niveau d’autonomie, d’indépendance et leurs capacités autogestionnaires, réactualiser nos postulats en réinventant ce qui nous fait défaut et étendre nos valeurs, et pas nos étiquettes, dans de larges couches de la société qui découvrent peu à peu que les gouvernements progressistes sont la même oppression que d’habitude avec une façade différente, et qui fidèles à l’esprit rebelle de la nature humaine, chercheront d’autres alternatives”.
Rafael Uzcátegui

Notre énergie se répand dans le vent, nos idées violentes marchent sur la mer en furie, ces gestes libertaires en sont venus à se concrétiser, ont dépassé la facette de la passivité réformiste et conciliatrice, parce que notre lutte ne se réduit pas à 43 raisons, parce que notre lutte ne cherche pas à se fédérer ni à créer les grandes plate-formes politiques et organisations de gens malléables dans d’insipides assemblées populaires où les factions gauchistes et modérées sont majoritaires, notre lutte ne vise pas la prise du pouvoir, mais sa destruction complète.

L’analyse à faire, face à une conjoncture du type “Ayotzinapa”, est que la tendance anarchiste doit être indispensable, que le processus insurrectionnel porte avec lui de nombreux éléments qui peuvent articuler les nombreux projets insurrectionnels basés sur l’affinité idéologique et même émotionnelle, où la potentialité de partir à l’assaut du ciel et de la terre pour les retourner contre nos ennemis (l’État et les gauchistes) a été et continue d’être la tâche des acrates. Nous ne sommes pas une conjoncture, nous sommes plutôt et serons toujours présents pour que l’insurrection se généralise, provoquant la tension et le conflit permanent entre État-société. L’échappée, la sortie, l’autre voie, nous pensons que ce sont les communes autonomes et coordonnées, une deconstruction du monde présent par des propositions antagoniques qui partent de l’appui mutuel, la solidarité, l’horizontalité et l’autogestion.

Nos coups vont au-delà de la simple revendication nihiliste, nous sommes une hémorragie d’émotions vives et joyeuses de construction, nous sommes la continuité de nos ancêtres dans la rébellion, nous sommes cette odeur de dynamite que les Magonistes ont laissée dans leurs attentats contre le gouvernement, nous sommes la balle inoubliable qui a fait face à la mort de Práxedis Guerrero, nous sommes ces rêves d’une société libre que nous ont laissé nos parents et grand-parents, nous sommes l’action multiforme surgie de tant d’émotion.

Nous prenons position !

Pouvoir populaire dans l’anarchisme ?

Nous dénonçons et rendons notre posture publique, parce que nous ne voulons pas chercher de modèles socialistes qui conduisent à la création d’un nouvel État à travers l’attirail de la démocratie participative, parce que nous ne ferons pas le travail « politique » d’organisations de guérilla marxistes-léninistes-maoistes (EPR-ERPI). Parce que le pouvoir ne se socialise pas, il se détruit, parce que les processus autonomes en Amérique Latine nous ont enseigné que se laisser convaincre par cette « nouvelle tendance libertaire » serait notre fin et la mort de l’anarchisme, parce que le simple fait de normaliser le mot POUVOIR dans le langage libertaire nous répugne, parce que le pouvoir collectif n’est pas l’absence de pouvoir, parce que le capitalisme collectif n’est pas l’absence de capital, parce que le marxisme est le résultat de l’appauvrissement politique, parce qu’il ne peut exister de réconciliation lorsque nous marchons sur des chemins totalement opposés, parce que pouvoir en politique aboutira toujours à POUVOIR SUR, parce qu’un pouvoir populaire ne sera pas moins prépotent et autoritaire uniquement parce qu’il porte la marque « pouvoir du peuple ». L’anarchisme n’est pas un pouvoir populaire, il ne l’a jamais été et ne le sera jamais.

III

La force d’une insurrection est sociale, pas militaire. La mesure pour évaluer l’importance d’une révolte généralisée n’est pas la classe armée, mais au contraire la dimension de la paralyse de l’économie et de la normalité
Quelques notes sur l’anarchisme insurrectionnaliste

Pendant ce temps, nos idées avancent, trouvant un champ fertile dans les désenchantements politiques fréquents dont souffrent ceux qui croient encore à la nécessité d’avoir un muletier qui leur tanne le cuir à coup de bâton pour qu’ils puissent, comme les ânes, avancer sur le chemin de la vie.
R.F.M.

Voilà notre Proposition !

En tant qu’anarchistes, la révolution est notre point de départ et notre référence constante, et celle-ci doit être construire dans le quotidien individuel et collectif, par de modestes et honnêtes efforts qui aient les caractéristiques libératrices d’une révolution sociale. Ces tentatives peuvent se traduire en insurrections qui poussent les exclu-e-s et les exploité-e-s à générer un flux de rébellion et d’insoumission qui puissent conduire à une explosion sociale, les luttes doivent se dérouler dans le ici et maintenant, le projet insurrectionnel doit être à la mesure de la propagande et de l’agitation.

Coordination autonome et horizontale !

Des temps forts s’approchent, le processus insurrectionnel est encore plein de potentiel, nous n’appelons pas à ne pas voter, et encore moins au dit « vote de sanction », nous appelons les anarchistes de praxis à un boycott catégorique des processus électoraux : JUIN NOIR, une proposition de coordination, d’action et de diffusion libertaire contre les processus électoraux. Nous faisons un appel à tous ceux qui sentent une affinité avec ce texte, à occuper les quartiers, les villes, les villages, les écoles, les centres de travail, paralyser l’économie, détruire ce qui nous opprime, construire ce qui nous fait vivre en liberté, brûler leurs patrouilles, leurs banques, leurs bureaux de vote, allumer des barricades n’importe où, exploser leurs jugements avec leurs prisons et leurs matons, faire s’effondrer leurs institutions, enterrer leur maudite paix sociale, détruire toute tentative d’État et collectiviser la vie.

Nous revendiquons et assumons la responsabilité de l’attentat explosif contre l’INE (Institut National Electoral), le matin du vendredi 27 mars autour de 3 heures du matin avec un engin artisanal, dans la ville de Puebla, entre les rues de 35 oriente entre 16 de septiembre et 2 sur.

Il est surprenant de voir comment l’État occulte cet événement avec tous ses moyens de communication, tout comme il occulte l’incarcération de deux jeunes femmes qui protestaient sur la place de cette ville un jour plus tard, tout comme il occulte un grand nombre de prisonniers politiques des conflits dans les villages, mais nous sommes là pour le dire : moins de 5 minutes après avoir placé l’engin explosif, il a explosé en créant des dégâts matériels au bâtiment. Mais c’est ça, la réalité ! A moins de 2 mois de leurs élections pourries, ils tenteront de taire toute tentative de sabotage contre leurs institutions.

Sans en dire plus pour le moment, un seul cri, un seul sentiment, beaucoup d’essence, beaucoup d’explosions et surtout beaucoup d’insurrection.

Contre toute forme de pouvoir !

Pour l’expansion du conflit et l’insurrection généralisée !

Guerre sociale sur tous les fronts !

La passion de la destruction est une passion créatrice !

Feu au système électoral et aux institutions de l’État-capital !

27 mars
Territoire administré par l’État mexicain
Longue vie à l’anarchie !

PS : Solidarité directe du Mexique à l’Espagne avec les prisonnier-e-s de la deuxième phase de l’Opération Pandora.

République Tchèque : Les flammes de la colère frappent Řízkárnu.

Le dimanche 15 mars 2015 au matin, une attaque incendiaire a eu lieu contre deux voitures de livraison de nourriture depuis les restaurants Řízkárna de Prague. Ce sabotage incandescent est notre contribution à la lutte contre l’exploitation des travailleurs et contre la dictature du capital. Vladimir Krulec, le patron de  Řízkárny, est un bâtard capitaliste bien connu. Des centaines de personnes ont payé de leur dur travail uniquement pour qu’il puisse s’approprier tous les fruits de leur labeur. Exploitation dégueulasse, punitions, intimidations – voilà ses méthodes. La colère transformée en action offensive est notre réponse.

Nous nous battons, mais pas pour sauver ou organiser d’autres gens. Notre sabotage incendiaire contre Řízkárně est notre réponse subversive au monde dirigé par les relations capitalistes. Une réponse qui vient des pratiques subversives, qui peuvent être exprimées d’un millier de façons différentes dans différents endroits. Aujourd’hui, les flammes destructrices à Rízkárnou, demain autrement et ailleurs. Les relations capitalistes sont chargées dans tous les aspects de la vie. Nous avons donc un grand champ de bataille. Partout sur ce territoire, il est possible d’exprimer notre relation subversive à la dictature du Capital. Classe sociale des pays au travail salarié. Tout ce que nous avons à faire, c’est vaincre. Des ruines de la misère existante grandit la vie libre. En avant !

Cellules Flammes de la Colère / Réseau de Cellules Révolutionnaires – 15 mars 2015

Sources en anglais et en tchèque

Kavala, Grèce : Solidarité incendiaire avec les grévistes de la faim

People01

Depuis le 2 mars, plusieurs prisonniers politiques ont commencé une grève de la faim en exigeant la satisfaction des revendications suivantes :

– Abolition des articles 187 et 187A

– Abolition de la condition aggravante d’une action réalisée en se couvrant les caractéristiques faciales (« loi de la cagoule »)

– Abolition des prisons de type C

– Abolition de l’ordre du parquet par lequel on impose la prise violente de traces ADN

– Que les expert-e-s biologistes de confiance de l’accusé-e aient accès et puissent analyser les traces ADN si l’accusé-e le désire

–  Abolition de l’analyse de traces qui contiennent des mélanges de matériel génétique de plus de deux personnes

– La libération immédiate de Savvas Xiros pour qu’il puisse recevoir le traitement médical dont il a besoin.

Comme petite marque de solidarité, nous avons placé un artefact incendiaire dans l’entrée d’une succursale de la Banque du Pirée, située dans l’une des rues centrales de la ville de Kavala. Cela ne fait que commencer. Les attaques continueront chaque jour qui passe sans que ne soient accomplies les demandes des prisonnier-e-s.

VICTOIRE POUR LA LUTTE DES PRISONNIERS EN GREVE DE LA FAIM
FORCE A TOU-TE-S LES GREVISTES DE LA FAIM

Incendiaires enragé-e-s

en espagnol

Brésil : Gestes solidaires depuis Porto Alegre

Banderole et incendie dans le tunnel de Conceição. Porto Alegre.

La société capitaliste, démocratique, industrielle, dévore tout. Êtres vivants, terre, eau, air… Tout se transforme en marchandise.

Leur mode de vie et d’exploiter imposé, leurs institutions, parlements, tribunaux, armée, polices, constitutions, spectacles de football et électoraux, patronnent cette scène dévastatrice que nous combattons de nos griffes et de nos dents.

Ils veulent que tu soies citoyen, consommateur, électeur, obéissant et fidèle à cet ordre et progrès. Ne comptez pas sur nous.

Nous sommes partout. Contre toute forme d’autorité, pour la libération totale, pour l’anarchie.

Nous démontrons notre solidarité avec tou-te-s les poursuivi-e-s, séquestré-e-s, et condamné-e-s qui comme nous attaquent le pouvoir, l’autorité, la domination, toutes les expressions de ce système.

Nous n’avons pas de recettes, nous avons soif. Prends ta vie en main. Autonomie, solidarité. Parole et action.

En conséquence de ces mots, nous sommes sorti-e-s le 24 mars pour pose une banderole qui n’était pas assez grande pour contenir les noms de tou-te-s les compagnon-ne-s qui sont dans nos cœurs et a rapidement été enlevée par la police, parce que sa taille était par contre suffisante pour rendre difficile l’entrée des camions dans le tunnel de Conceição. Presque au même moment, nous avons empêché le transit des automobiles en mettant le feu dans l’avenue à l’intérieur du même tunnel.

La banderole disait :

NI VAINCU-E-S
NI REPENTI-E-S

Diego Ríos et tou-te-s les compagnon-ne-s au Chili, CCF et tou-te-s en Grèce, Lavazza et tou-te-s en Espagne, Camenisch, Ilya Romanov, Abraham et tous au Mexique, Ihar et tou-te-s en Biélorussie, Alfredo, Nicola et tou-te-s en Italie, Jock Palfreeman. (A)

Tou-te-s n’étaient pas sur la banderoles, mais tou-te-s sont dans nos cœurs. Force aux compagnon-e-s en lutte dans les prisons en Grèce!

Pour la destruction de toutes les prisons.

Cœurs marginaux

Que vive (A) l’anarchie !
Sans images, sans enregistrements. Seulement du chaos.

en espagnol

Argentine : Sabotage de train à Buenos Aires

Tout, dans les villes, est dessiné pour promouvoir et perpétuer le flux constant de marchandise, celle humaine et l’autre. Des millions de pesos s’investissent dans la restructuration des gares de trains et l’inauguration d’autres, dans la construction et le maintien de routes, dans des mécanismes technologiques de contrôle et de répression, dans des recours pour les servant-e-s armé-e-s au service du pouvoir.

C’est en pensant à cela que nous avons aujourd’hui [27 mars] cherché à saboter, ne serait-ce que pour un instant, le fonctionnement normal des engrenages qui soutiennent la structure de la domination, en attaquant le tronçon qui unit les voies de Floresta avec Villa Luro à l’aide d’un engin incendiaire/explosif.

Nous n’entrerons pas dans le jeu de ceux qui disent que ces actions ne portent préjudice qu’aux travailleurs et aux travailleuses. Aujourd’hui, l’important a été de rompre la normalité asphyxiante approuvée par l’immense majorité de la société policière.

En solidarité et complicité directe avec nos frères et sœurs de la Conspiration des Cellules de Feu en grève de la faim dans les prisons grecques depuis le 2 mars dernier pour exiger la libération immédiate de leur entourage le plus proche !*

Il devient urgent d’agir, car l’état de nos compagnon-ne-s est grave, et le fait que 6 d’entre eux soient à l’hôpital en est une preuve suffisante.

Solidarité avec Angeliki et les autres grévistes !

Force aux compagnon-ne-s du Chili pour ce nouvel anniversaire du Jour du Jeune Combattant. Étendons les émeutes de toutes parts !

Concrétisons les vengeances des mort-e-s, prisonnier-e-s et torturé-e-s pour avoir lutté contre l’État argentin putréfié…

Cercle de Feu

en portugais

Note de Contra Info : *Le 4 avril, les membres de la CCF et Angeliki Spyropoulou ont mis fin à leur grève de la faim.

 

Grèce : Les membres de la CCF mettent fin à leur grève de la faim

A travers un communiqué du 4 avril 2015, les membres prisonnier-e-s de la Conspiration des Cellules de Feu ont annoncé qu’ils mettent fin à leur grève de la faim, considérant que la demande de libération de leurs proches a été accomplie :

Aujourd’hui est un jour qui ouvre une fissure dans les murs du monde carcéral qui nos entoure. Après 32 jours de grève de la faim, la mère de Christos et Gerasimos Tsakalos et la compagne de Gerasimos franchiront d’ici peu la porte de sortie de la prison, de nouveau libres. […]

Cette victoire n’est pas seulement le résultat de la grève de la faim de la Conspiration des Cellules de Feu. C’est la victoire de toutes les personnes solidaires qui ont brisé la tranquillité sociale avec des attaques incendiaires, des occupations, des sabotages, des manifestations, des discussions, des interventions soudaines et ont transformé les villes en champs de moments insurgés et les bâtiments occupés en laboratoires vivants de situations subversives. […]

Nous mettons aujourd’hui fin à notre grève de la faim, après avoir vaincu les épouvantails du Pouvoir qui voulaient que nos proches soient en prison, MAIS dans le même temps, la grève de la faim des autres prisonniers politiques continue pour l’accomplissement des revendications plus larges qu’ils ont posé sur la table. Les jours qui viennent sont critiques, tant pour leur état de santé que pour le pari de la lutte anarchiste totale […].

FORCE ET SOLIDARITE avec le compagnon anarchiste Nikos Maziotis, membre de Lutte Révolutionnaire, et avec le Réseau des Combattants Prisonniers.

VICTOIRE POUR LA LUTTE DE LA GREVE DE LA FAIM.

TOUT CONTINUE.

Conspiration des Cellules de Feu – FAI/FRI
Noyau de Prison
4 avril 2015

espagnol | portugais | anglais | italien | serbo-croate

Santiago: Action solidaire face à l’ambassade grecque

Aujourd’hui, mercredi 1er avril, à 13 heures, un groupe de manifestants s’est approché de l’ambassade grecque, située dans la commune embourgeoisée de Las Condes (Santiasko) pour interrompre la paix sociale en réponse à l’appel à Solidarité Internationale avec les compagnon-ne-s incarcéré-e-s par l’État grec, et qui sont en Grève de la Faim jusqu’à la mort depuis le 2 mars.

Pour la libération immédiate de leurs proches incarcéré-e-s

Contre le régime d’exception légal et répressif imposé depuis l’année 2000

Pour l’abolition des prisons de sécurité maximale (type C)

Pour l’abolition de la législation antiterroriste

Pour l’abolition de la loi de la cagoule

Pour le changement radical de la méthodologie de prise et d’identification du matériel génétique

Pour la libération de Savvas Xiros, qui est gravement malade et incarcéré depuis 2002

Contre le chantage malicieux de l’autorité grecque et de ses lois !!!

Victoire pour la lutte des prisonnier-e-s grévistes de la faim !!!

Pour la destruction de l’État, du capital et de toute forme d’autorité !!!

(La journée a terminé sans arrestations)

anglais | grec

Stuttgart, Allemagne : Sabotage incendiaire contre la Deutsche Bahn

(Francfort, 18 mars 2015)

30 mars 2015

La semaine dernière, nous avons fait griller deux distributeurs de tickets de la Deutsche Bahn dans le secteur de Stuttgart.

Prix des tickets, logistique des forces armées, transports nucléaires … ça fait longtemps que nous en avons assez !

Avec notre action, nous envoyons une petite accolade aux personnes arrêtées à Francfort et aux compagnons grévistes de la faim en Grèce.

Utilisez du combustible solide – avec du liquide, le danger d’explosion existe !

Des autonomes d’un barbecue de printemps

portugais | anglais

Bâle, Suisse : Solidarité avec les prisonniers en grève de la faim en Grèce

Solidarité avec les prisonniers grévistes de la faim en Grèce / Feu aux prisons

Solidarité avec les prisonniers en grève de la faim / Pour la révolte (Α) contre l’Etat / Feu aux prisons

Une petite contribution à la journée d’action internationale pour les prisonniers en grève de la faim en Grèce.

Une jounée d’action internationale a été appelée le 1er avril pour les prisonniers en grève de la faim en Grèce. A Bâle, une banderole a été accrochée sur le pont Dreisrosen et des affiche ont été collées.

Stuttgart, Allemagne : Banderole solidaire avec les grévistes de la faim en Grèce

A l’occasion de la journée d’action pour les grévistes de la faim en Grèce, nous avons suspendu une banderole solidaire au-dessus d’une route très fréquentée à Stuttgart.

Bielefeld, Allemagne : Solidarité avec les grévistes de la faim dans les prisons grecques

Solidarité avec les grévistes de la faim en Grèce! Vive l’anarchie

Solidarité avec les grévistes de la faim en Grèce! Feu à toutes les prisons!

En solidarité avec les grévistes de la faim dans les prisons grecques, nous avons accroché des banderoles dans la nuit du 3 avril à Bielefeld.

Bien que la Grèce soit à présent dirigée par le parti de gauche SYRIZA, qui est célébré par une grande partie de la gauche allemande, nous ne laissons pas troubler. Un parti de gauche ne représente aucune alternative pour nous.

Nous continuons à n’accepter aucune autorité, aucun gouvernement et aucun Etat.

Le combat pour la liberté ne connaît aucune frontière et ainsi nous envoyons des saluts solidaires aux compagnon.ne.s de la Conspiration des cellules de feu et à tous les autres prisonniers en lutte.

Victoire à la lutte des grévistes de la faim dans les prisons grecques !

Vive l’anarchie !

(A)

en allemand

Berlin, Allemagne : Action solidaire avec les grévistes de la faim en Grèce

Solidarité avec les prisonniers politiques en grève de la faim depuis le 2 mars en Grèce

Le 27 mars 2015, une banderole solidaire avec les prisonniers en grève de la faim depuis le 2 mars a été placée dans l’une des rues centrales de Kreuzberg à Berlin. En plus, des tracts avec des mises-à-jour sur la grève et les revendications des compagnons prisonniers ont été distribués.

Force aux compagnon.ne.s !
La lutte continue… jusqu’à la destruction de toutes les prisons !

en grec, espagnol

Zürich, Suisse : Attaque du consulat grec

FEU AUX PRISONS

Dans la nuit du 29 au 30 mars 2015, le consulat grec de la Baurstrasse à Zürich a été attaqué à la peinture.

Contre les prisons et une société qui en a besoin !

Solidarité avec les revendications des grévistes de la faim jusqu’à ce que la denière prison soit en cendres !

:: No Prisons, No States ::

Chili : Face à la société carcérale, ni silence, ni oubli, seulement la lutte !

JOURNÉES DE SOLIDARITÉ AVEC LES PRISONNIER-E-S DE LA GUERRE SOCIALE DANS LES PRISONS CHILIENNES DU 10 AU 20 AVRIL

Appel :

* A tous nos frères et sœurs, compagnons et compagnonnes, proches et amours.

* Aux complicités multiformes du monde entier qui attaquent le présent d’exploitation et de misère, de domination, de capital et de mort.

* A tou-te-s les prisonnier-e-s subversif-ves, autonomes, libertaires, révolutionnaires, anti-autoritaires qui ne nient pas leurs liens ni leurs convictions et résistent quotidiennement et dignement, non seulement pas les mots mais surtout par les actions concrètes.

“Qui a peur de la liberté se sent fier d’être esclave”
M. Bakounine.-

La lutte contre le pouvoir de la domination et la totalité des dispositifs symboliques, subjectifs, tangibles et de valeur qui le nourrissent et le soutiennent requiert avant tout cette décision individuelle, radicale et inébranlable de porter la tensions dans tous les espaces de la vie, faisant de celle-ci un chemin continu de libération. Il est certain que parvenir à cette conviction, décision, choix, implique un processus que chaque personne vit de manière unique et non répétable selon le contexte et les circonstances lors desquelles nous avons ouvert les yeux pour lutter. Avancer vers l’émancipation comme principe directeur pour la destruction de la société de classes n’est pas un processus instantané, ni solitaire, bien qu’il puisse être individuel : de par la rencontre des idées, nous construisons des liens qui nous fraternisent dans la pratique, génèrent des points d’affinité, y compris avec des esprits conscients que nous ne connaissons pas directement mais avec lesquels nous articulons un chemin commun.

Mais lorsque le spectacle social de la non-vie qu’ils nomment démocratie t’offre sa possibilité d’indignation et de participation citoyenne à travers tous ses appareils de contrôle, ce qu’il cherche au fond est d’annuler la vraie possibilité de la rébellion jusqu’au plus intime de chaque conscience. De ce fait, face aux multiples formats de l’idéologie de l’État-prison-capital, opposer la résistance offensive de nos convictions veut dire outrepasser toute marge, muraille ou frontière entre lesquelles ils prétendent nous faire vivre dans l’acceptation aveugle de leurs relations de pouvoir pourries, de leur morale nauséabonde, de leur politique et de leur vision du monde.

Résister offensivement à l’actuel état des choses implique clairement passer de la parole à l’action, du banal slogan au combat rebelle contre l’ordre existant, de la simple critique vide de contenu à la prolifération de l’antagonisme en vue de la révolte.

De cette façon, nous, qui avons fait des pas de récupération de nos vies en brisant les chaînes qui nous oppriment, avons été exposés au déchaînement étatique de répression et de mort. La loi du pouvoir, toujours disposée à défendre la domination, est toujours aiguisée pour condamner et châtier celles et ceux qui se lèvent. Approfondir la conséquente cohérence entre théorie et pratique nous a fait transiter par les recoins les plus obscurs de l’architecture policière-pénitentiaire de l’État-Capitaliste. Nous n’avons été ni les premier-e-s, ni les seul-e-s, et nous ne serons pas les dernier-e-s… Cependant, avec la particularité présente de l’actuel univers de prisonnier-e-s en guerre s’expriment différentes expériences de résistance à l’enfermement depuis la fin des années 80 dans les démentielles prisons de haute et de très haute sécurité au Chili, au Pérou, au Brésil et en Argentine entre les années 90 et nos jours. A travers des procès juridico-politiques toujours bien moulés et falsifiés en fonction des intérêts contre-insurrectionnels… La torture et la répression directe a fait de la criminalisation des proches et des amours des différents entourages une constante, et plutôt que nous effrayer, elle a rendu plus puissante cette force vitale qui nous a fait insister et poursuivre en tant qu’individus au-delà des étiquettes caricaturales devenues une partie de la constante diffamation journalistico-policière, y compris du sectarisme gauchiste et acrate qui ne fait qu’atomiser, diviser et fractionner les continuelles tentatives d’élargissement de la frange insurgée sur laquelle se fondent diverses expériences qui mettent en avant l’autonomie, l’action directe, le soutien mutuel, l’affinité et l’horizontalité dans la lutte pour la libération totale.

La réalité des prisonnier-e-s en guerre dans les prisons chiliennes ne peut pas être falsifiée. Il y a de la lutte jour après jour, il n’y a pas de silence, et encore moins d’oubli. Des générations différentes de subversif-ves qui se rencontrent avec des regards similaires sur ce présent de lutte. Voilà pourquoi, en contribuant à la rupture de la fragmentation des espaces d’affinité et de proches de chaque prisonnier-e, nous voulons provoquer des pas de rapprochement concret autour de points communs minimaux au sein d’un scénario hautement défavorable, mais qui ne sera jamais une impossibilité pour apporter depuis l’individualité la collectivisation de la lutte dans tous les plans de la réalité. Dans ce cadre, nous faisons un appel ouvert à étendre toutes les initiatives possibles de lutte face à toutes les expressions de la société carcérale. Nous appelons à mobiliser l’imagination, la volonté et l’envie entre le 10 et le 20 avril.

Nous saluons les dignes luttes qui se sont multipliées ces temps-ci dans les prisons grecques, chapitres que nous accompagnons depuis la proche distance avec une sincère affection.

Nous saluons aussi le Méjico Negro, que se lève et grandit dans la lutte anti-autoritaire, aux compas dans les prisons qui à travers leurs écrits et leurs luttes sont toujours dans nos cœurs.

Nous saluons les prisonnier-e-s anarchistes dans les prisons italiennes, nos frères et sœurs Francisco et Mónica et les compagnon-ne-s arrêté-e-s lors de ladite opération Pandora.

Nous saluons la digne résistance de Mauricio Hernández dans le démentiel régime de punition auquel il est soumis depuis 13 ans dans les prisons brésiliennes.

Nous saluons les prisonnier-e-s mapuche autonomes et leur combat ancestral pour leur autodétermination.

Nous saluons Juan Flores et Nataly Casanova, en procès sous le coup de la macabre loi antiterroriste, de la démocratie à qui elle permet tout. A Diego Ríos, capturé récemment.

Nous étreignons tou-te-s les prisonnier-e-s dignes de toutes les Cages de la Planète, les fugitif-ves, nos mort-e-s.

Avec une tendresse éternelle spéciale pour Eduardo et Rafael Vergara, Paulina Aguirre, Norma Vergara, Johny Cariqueo, Zoé Aveilla, Lambros Foundas, Mauricio Morales, Sebastián Overluij et Sergio Terenzi…

JEUNESSE COMBATTANTE : INSURRECTION PERMANENTE

TANT QU’IL Y AURA DE LA MISERE, IL Y AURA DE LA REBELLION

CONTRE TOUTE AUTORITE GUERRE SOCIALE

SOLIDARITE INTERNATIONALE ET REVOLUTIONNAIRE POUR LA DEMOLITION DES PRISONS

-Tamara Farías Vergara
-Alejandro Astorga Valdés
-Carlos Gutierrez Quiduleo
-Juan Aliste Vega
-Freddy Fuentevilla Saa
-Hans Niemeyer Salinas
-Marcelo Villarroel Sepúlveda
-Alfredo Canales Moreno

italien | portugais | grec

Une histoire des Cellules Révolutionnaires (RZ), groupe armé en Allemagne de l’ouest

Cet entretien avec deux anciens membres de la Fraction Armée Rouge (RAF) et du Mouvement du 2 Juin retrace l’histoire moins connue d’un autre ’groupe’ de lutte armée en Allemagne de l’Ouest : les Revolutionäre Zellen, ’Cellules Révolutionnaires’. La rencontre s’est tenue au SO36 à Berlin.

Traduit de l’italien (en collaboration avec Marseille Infos Autonomes) du blog de Salvatore Ricciardi Contromaelström.

Chaque coeur est une cellule révolutionnaire

ENNO SCHWALL : En 1972 s’était créée une situation de retournement. C’est-à-dire que la première vague d’arrestations avait eu lieu, et quelques personnes de la Fraction Armée Rouge (RAF) avait été arrêtées. Mais malgré cela, on ne pouvait pas encore dire que la dynamique avait échoué. Il n’était politiquement pas encore du tout établi si l’idée était mauvaise ou non. D’un côté, il y avait les réflexions sur ce qu’il était possible de faire dans cette période de stagnation temporaire ou de césure, et de l’autre, il était temps de regarder en arrière, c’est-à-dire de voir ce que nous pouvions apprendre des expériences qui avaient existé jusqu’alors.

Différentes réflexions furent faites, desquelles naquirent les Cellules Révolutionnaires (RZ). Il y avait d’une part l’internationalisme, pour lequel la RAF a donné un exemple historique. C’est le mérite historique de la RAF que de l’avoir mis à l’ordre du jour. La deuxième chose, c’était la tentative de se référer à la réalité sociale et au tiers-monde, qui était une motivation très forte dans la groupe, dans la tradition de la RAF mais indépendante de celle-ci. Mais aussi que de nombreux prisonniers sortent, qu’ils soient pris en charge et que l’on ne puisse pas permettre que l’État décide de malmener les gens.

L’idée des RZ était, en opposition à celle de la RAF, qu’il fallait faire des actions qui puissent être imitées, qui puissent devenir des pratiques massives et qui, pour ainsi dire, soient acceptables. Ce que les RZ et les groupes faisaient devait être des choses que tous pouvaient faire. Voilà pourquoi on trouvait, dans le concept initial, l’invitation à « créer deux, trois, de nombreuses cellules révolutionnaires ».

C’était une stratégie importante, que de ne pas avoir de carte de militant de la lutte armée et de ne pas créer de hiérarchie des formes d’action dans la pratique, dans laquelle on ne présenterait pas comme un sommet la méthode d’intervention, mais plutôt le fait d’être le plus possible dans le social. En diffusant ce potentiel là où il y a un mouvement de masse qui grandisse partout socialement, là où il y a une attente qu’il se déroule un processus de libération, des zones libérées partout, des zones incontrôlées, libres de l’État, depuis lesquelles il soit possible de regarder dans quelle direction grandir. Et le fait d’avoir cette stratégie était en outre un signe distinctif important.

KLAUS VIEHMANN : Pour commencer, nous ne voulons pas faire de manifestation nostalgique. Nous pensons au contraire que la politique et l’histoire des RZ soulèvent aujourd’hui encore des questions qui sont en un certain sens intemporelles, et qui en 1978 déjà étaient formulées en tant que questions adressées à la gauche. Nous y reviendrons plus tard. Je voudrais clarifier que c’est ça qui nous intéresse, il ne s’agit pas d’une soirée d’anecdotes ni d’une exposition des temps passés.

Nous vous devons aussi quelques explications sur le pourquoi nous deux, Stefan qui était dans la RAF et moi dans le Mouvement du 2 Juin, faisons une conférence sur les RZ.

Il me faut pour cela faire un saut en arrière : en 1973, coup d’État au Chili. Ce fut un événement-clé pour les jeunes de l’époque. Pour moi, cela démontrait comment, dans une voie pacifique vers le socialisme (le front populaire était arrivé légalement au pouvoir en 1972, dans le gouvernement pour être précis), la bourgeoisie ou le pouvoir des complexes industriels comme ITT n’eurent aucun scrupule à étouffer par les armes une telle expérimentation socialiste. Pour moi et pour d’autres, ce fut un point important de se dire que si nous poursuivions un objectif socialiste, nous devrions nous préoccuper dès le début de l’armement et de la légitime défense contre de telles forces contrerévolutionnaires.

La question de la lutte armée, c’est-à-dire de son organisation, arriva alors au premier plan. « Chili, la lutte continue » était alors un slogan assez répandu, et les RZ ont justement fait leurs premières actions à Nuremberg et à Berlin sur ce sujet [Voir note 1].

J’ai été en contact avec le 2 Juin au milieu des années ’70. C’est moi qui ai cherché le contact. En 1976, je suis passé à la clandestinité, et ils m’ont arrêté en 1978. J’ai été en prison jusqu’en 1993. En 1978, quand j’ai fini dedans, j’avais déjà un procès en cours pour les actions des Cellules Révolutionnaires. Ce procès a ensuite été archivé, parce que 15 ans m’attendaient déjà pour les actions du 2 Juin, et qu’ils ne voulaient pas faire (ou me faire) un procès inutile. J’ai connu en personne Gerd Albartus et Enno Schwall, qui m’ont rendu visite en prison.

Quand plus tard, en 1983, moi et Stefan avons fait des actions dans deux prisons différentes contre les travaux forcés, les RZ ont fait dehors quelques attentats à la dynamite en soutien et l’ont même écrit dans la revendication : Lire la suite »

Dortmund, Allemagne : Double attaque contre les nazis

Dans la nuit du 25 au 26 mars 2015, une camionnette (do-mx780) utilisée par les nazis pour la préparation de leur manif du 28 mars a été incendiée dans le quartier de Dorstfeld à Dortmund.

La même nuit, le bureau du parti nazi “Die Rechte” (“la droite”) a été attaqué à la peinture dans le quartier d’Huckarde à Dortmund.

Santiago, Chili : Attaque contre une compagnie d’assurance

atak-a

Attaker les intérêts des riches et des puissants / Attaker Penta, Bachelet et tous leurs commerces où qu’ils se trouvent / Détruire tout forme de pouvoir et d’autorité

Dans notre contexte historique actuel, le pouvoir local et mondial se reflète dans de nombreux rouages du contrôle social pour la reproduction des rapports de domination et de soumission.

De grands complexes industriels à la technologie inculquée chaque jour à l’individu, la collecte de données par le biais des «réseaux sociaux» et la promotion de l’idéologie de la «sécurité», le pouvoir est soucieux d’avoir en main la capacité à garder tout sous son contrôle pour maintenir l’ordre se basant sur les privilèges, la richesse et l’oppression.

A l’aube du 12 mars nous avons attaqué une agence de vente d’assurances et de permis de circulation du groupe ‘Penta-Security’, située dans la commune de San Miguel, en brisant des fenêtres et lançant des brochures anarchistes. Cette attaque n’est pas pour le scandale financier en cours, cette attaque est immergée dans la lutte offensive contre toute autorité. C’est une action contre ce qu’ils sont et ce qu’ils représentent: un rouage de la domination  avec les grandes entreprises du capital financier (banques, assurances, ahences de crédits, etc…) qui, comme on le sait, finance la classe politique chilienne avec ses profits.

Q’une vitre brisée en appelle d’autres. Que les actions d’attaques et la lutte contre le pouvoir poussent vers l’effondrement du système de domination, pour la liberté totale. Nous envoyons nos salutations et notre solidarité antiautoritaire aux compagnons prisonniers au Chili et dans le monde; aux membres des CCF incarcérés et aux compagnons en grève de la faim séquestrés par l’Etat grec; également aux compagnons en isolement dans les prisons de l’Etat italien et aux prisonniers en grève de la faim en Espagne.

Prisonniers en guerre du Chili et du monde à la rue !

Feu et attaques contre le pouvoir et ses représentants !

Contre tout contrôle social, libération totale !

Quelques anarchistes

anglais | grec

Grèce : Appel international du Réseau des Combattants Prisonniers (DAK)

A présent, les prisonniers anarchistes du Réseau des Combattants Prisonniers (DAK) Antonis Stamboulos, Tasos Theofilou, Giorgos Karagianidis, Dimitris Politis, Fivos Harisis, Argyris Ntalios, Andreas-Dimitris Bourzoukos, Grigoris Sarafoudis et Giannis Michailidis, les membres de Lutte Révolutionnaire Nikos Maziotis et Kostas Gournas, le membre de 17 Novembre Dimitris Koufontinas, les prisonniers politiques turcs et les prisonniers Giorgos Sofianidis et Mohamed-Said Elchibah, nous sommes en grève de la faim, luttant contre le régime législatif et répressif d’exception, qui est instauré par l’Etat grec depuis le début des années 2000.

Depuis le 2 mars nous avons commencé, avec les compagnons à l’exterieur, une lutte pour l’abolition des prisons de haute sécurité de type C, l’abolition de la législation anti-terroriste, l’abolition de la loi de la cagoule, le changement radical de la méthodologie de prélevement et d’identification de l’ADN, la libération du membre de 17 Novembre Savvas Xiros qui a des multiples problèmes de santé.

La lutte pour la satisfaction de ces revendications est une lutte contre le noyau de l’état d’urgence. C’est une lutte contre le noyau du nouveau totalitarisme instauré les derniers quinze ans, aussi bien en Grèce qu’au niveau international.

Reconnaissant le fait que les ramifications de l’autorité dépassent les strictes frontières géographiques des états, nous invitons tou-te-s les compagnon-ne-s dans le monde à soutenir notre lutte.

Nous invitons tou-te-s les combattant-e-s à agir le 1er avril, envoyant de cette manière un message d’unité révolutionnaire.

VICTOIRE A LA LUTTE DES GREVISTES DE LA FAIM

SATISFACTION DE TOUTES LES REVENDICATIONS

POUR LA DESTRUCTION DE L’ETAT ET DU CAPITAL

Réseau des Combattants Prisonniers (DAK)

grec | anglais | espagnol | allemand | serbo-croate

Francfort : Un bureau d’ABS-immobilier attaqué

18 mars 2015

La nuit non plus n’est pas encore terminée. Nous avons attaqué avec des pavés les vitres du bureau d’ABS-Immobilier à Bockenheim. ABS-Immobilier ont des maisons, des appartements, des locaux d’entreprises à Francfort (Main), Offenbach (Main), Dietzenbach, Mainhausen, Neu-Isenburg et Rabenau et sont responsables du déplacement des gens de leurs logements parce que le profit les a frappés. Les gens doivent quitter leurs logements en raison de la hausse des loyers et sont repoussés toujours plus loin de la ville. Si ça continue ainsi, Francfort ressemblera bientôt à Paris.

Mais nous ne réussirons pas à résoudre le problème du monde seulement avec des vitres brisées de n’importe quel groupe immobilier. Avec de telles attaques, nous pouvons montrer que ce système de merde capitaliste est vulnérable et qu’il a des responsables, mais qu’à côté des alternatives doivent se créer, comme une vie au-delà du capitalisme est possible, qu’elle se laisse découvrir juste en essayant. Des projets de maison jusqu’aux maisons occupées. Des combats au Chiapas jusqu’à Rojava. De Barcelone à Athènes. Partout dans le monde on tend vers l’autogestion et nous devons tout faire pour permettre à tous les êtres vivants de vivre en liberté.

Nous pouvons également revoir ce qu’il s’est passé le 18 mars à Francfort avec ses beaux et laids moments. Penser aux voitures de flics, banques brisées, etc donne le sourire, mais pensons aussi à critiquer l’attaque sur le tramway et l’ambulance et à ne pas minimiser ni garder le silence sur de tels moments. Nous devrions aussi réfléchir à notre propre action et voir si nous aussi n’avons pas agi de façon discutable ou si notre conduite était toujours correcte.

Un salut solidaire aux personnes qui ont été arrêtées ce jour-là et à celles qui réfléchissent déjà sur la façon dont les gens peuvent être soutenues de manière concrète.

NI ARGENT NI BANQUES
NI GUERRES NI TANKS
NO BORDERS !

Pour l'(A)narchie !